30 déc. 2009

Émigrant Américain




. Il y a 500 ans les européens émigrèrent, fuyant leurs famines et leurs guerres internes, ils mirent le monde à feu et à sang, emportèrent le butin en Europe et, aujourd'hui, ils ne veulent pas que l'on émigre la bas pour le partager.

. Au début du Troisième Millénaire, 54 millions de personnes migrent d'un pays vers un autre en Asie; 31,5 millions vont en Europe, 30 millions vers les Etats-Unis, 19 millions vers l'Afrique, 9 millions en Océanie et 9 millions en Amérique Latine et aux Caraïbes (Salker 2000).

. Aux Etats-Unis la statue de la liberté invite les sans-terre à entrer; à la frontière avec le Mexique le Mur de la Honte ferme le passage aux "Hispanos" dont les 40 millions d'émigrés constituent la minorité démographiquement la plus importante, punis par des cotisations, des exclusions et des discriminations qui rendent sa main d'œuvre bon marché

. Les Etats-Unis eux mêmes sont la cause de cet exode. Le comité de Santa Fe confesse que: "Le Traité de Libre Commerce a arraché les paysans et les indigènes de leurs parcelles et de leurs terres communales, en raison de la baisse des impôts sur l'importation de produits alimentaires provenant de l'industrie agricole nord-américaine et canadienne. Pour s'éloigner de leurs possessions ancestrales, ces gens prennent la direction du nord. Mais les industries frontalières - maquiladoras - ont un surplus de personnel et préfèrent employer des femmes, de sorte que les refugiés économiques continuent d'avancer vers les états frontaliers de Californie (37% de latinos), Arizona (22% en 1999, majorité en 2006), Texas (30%) et encore plus au Nord, dans le Middle-west, spécialement en Iowa et Minnesota (Santa Fe IV 2000).

. Les mexicains traversent la frontière avec les Etats-Unis pour trouver du travail dans le secteur agricole et manufacturier. Depuis les années 80 du siècle passé déjà, dans le document Santa Fe I, les assesseurs de la politique extérieure étasunienne montrait leur préoccupation d'un tel flux migratoire et affirmait que "les Etats-Unis et le Mexique doivent chercher une solution au flux de travailleurs sans papiers vers les Etats-Unis. L'objectif est d'offrir un emploi temporel pour un certain nombre de citoyens mexicains. La stricte application des quotas sera la responsabilité aussi bien des autorités mexicaines que nord-américaines." (Santa Fe I, 1980)

. Peu après, le comité Santa Fe insistait sur le fait que: "Les maquiladoras tout au long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique ont donné du travail à des centaines de milliers de mexicains. Cependant, il n'est pas sur qu'un tel bénéfice existe pour les travailleurs nord-américains. De plus, les millions de mexicains qui sont attirés vers le Nord, et dont les aspirations ne sont pas satisfaites, ont tendance à traverser la frontière vers les Etats-Unis; ce qui accélère encore l'immigration illégale." C'est pourquoi le Comité Sante Fe demanda une solution inhumainement exemplaire: "Les industries nord-américaines devraient considérer la possibilité de transférer ses maquiladoras beaucoup plus à l'intérieur du Mexique" (Santa Fe II 1988). Les Etats-Unis s'attribuèrent les compétences pour choisir la localisation des industries au Mexique, exactement en fonction de leurs propres problèmes migratoires.

. A la suite du Traité de Libre Commerce, près d'un million de travailleurs agricoles mexicains ont abandonné chaque année leur campagne, pour migrer vers les usines des villes frontalières ou aux Etats-Unis (Martínez Enríquez: “La globalización neoliberal y la libertad de movimiento” 2006, 143).

. Pour les récompenser d'avoir maintenu à flot l'économie étasunienne avec leurs salaires extrêmement bas, le projet de Loi sur l'Immigration de mars 2006 prévoit la déportation de millions d'immigrés, le refus de la nationalité étasunienne pour leurs enfants nés aux Etats-Unis, le doublement des effectifs des patrouilles à la frontière, la création d'un "mur virtuel" avec des caméras et ses senseurs ajoutés au "Mur de la Honte". Des mobilisations de millions de personnes ont obligé le Comité Judiciaire à approuver une modification qui permettra aux immigrants illégaux qui sont arrivés avant 2004 de continuer à travailler aux Etats-Unis (EFE: Últimas Noticias 29-3-2006, 63).

. Parallèlement à cela en Europe, dont les flux migratoires furent toujours généreusement accueillis en Amérique, on approuve une Loi du Retour pour l'expulsion compulsive des immigrés.

. Après les interventions des Etats-Unis à Puerto Rico et u Panama et à Haïti et en République Dominicaine et à Cuba et au Guatemala et au Nicaragua, des marées de citoyens de ces pays migrent vers l'agresseur. Les Etats-Unis soutiennent les dictatures d'Amérique du Sud, ce qui provoque la fugue d'un million et demi de personnes.

. Ces dernières années, près de 18 millions de personnes ont émigré du Mexique; 3 millions du Pérou, 1 million et demi du Salvador, un million du Nicaragua, 800 000 d'Equateur (Escudier, Juan: “¡Que se vayan todos!”, Question, julio 2005,14). Quelques 5 millions ont émigré de Bolivie et 4 millions de Colombie. Chaque fois que les Etats-Unis déstabilisent économiquement ou politiquement un pays ou une région, il doit faire face à une avalanche de réfugiés qui fuient le désastre.

. Pendant les 5 premières années du 21ème siècle, quelques 25 millions de personnes ont abandonné leur pays en Amérique Latine et aux Caraïbes, beaucoup de manière illégale. L'Argentine, le Brésil, Le Costa Rica et le Venezuela sont les pôles d'attraction pour l'immigration intra-régionale; le Mexique, la Colombie, l'Equateur et les pays des caraïbes sont ceux qui envoient le plus d'émigrés vers les Etats-Unis et l'Europe, surtout en Espagne. La 2ème source de revenu extérieur de l'Equateur provient de l'argent que ses émigrés envoient à leurs familles, et cela alors qu'il s'agit d'un pays exportateur de pétrole.

. En 1996, le Mexique est à la deuxième place parmi les 20 principaux pays en développement et en transition en ce qui concerne l'argent reçu par les émigrés, avec 4,22 milliards de dollars; le Brésil est à la 11ème place avec 1,21 milliards de dollars; le Salvador est à la 14ème position avec 1,08 milliards de dollars et la République Dominicaine est en position 17 avec 0,84 milliards de dollars. Ces 20 pays reçoivent 88% des remesas internationales (remesa = l'argent envoyé par les émigrés à leurs familles restées au pays)(PNUD 1999, 27).

. Dans certains pays de tels envois d'argent signifient un poids significatif de l'économie: à Haïti ils apportent 24% du Produit Intérieur Brut, 11% au Nicaragua, 10% au Honduras, 14% au Salvador et 10% en République Dominicaine (CEPAL 2005, 13).

. Selon la CEPAL, l'Amérique latine et les Caraïbes sont une des régions qui reçoit le plus de remesas. Durant l'année 2004 elles représentaient autour de 45 milliards de dollars, chiffre similaire au montant de l'Investissement Etranger Direct (IED) et largement supérieur à l'aide officielle pour le développement reçue dans la région. C'est en fait l'Amérique Latine et les caraïbes qui aident d'autres régions en leur apportant de la main d'œuvre déjà formée et productive à laquelle on ne reconnait aucun droit du travail ou humain.

. De cette façon, l'Amérique latine exporte son futur, des bras pour les récoltes jusqu'aux cerveaux pour la technologie de pointe. Ainsi, Carlos Lage, vice-président du Conseil d'Etat Cubain affirme: "Un million de scientifiques et de professionnels formés en Amérique Latine, pour un coût de quelques 30 milliards de dollars, vivent aujourd'hui dans des pays développés, et nous devons payer pour utiliser leurs innovations et leurs apports, ou nous en passer." Il n'est pas juste qu'il existe un libre flux de marchandises alors que les obstacles au libre mouvement de la force de travail sont croissants et que des nouvelles barrières, non-douanières, apparaissent dans les pays riches."(Lage 1999, cit. por Martínez Enríquez, 2006, 145).

. Les Etats-Unis et l'Union Européen ont désespérément besoin des bras bon marché de nos émigrés pour se battre dans leurs guerres impériales, faire marcher leurs industries et maintenir leur populations vieillissantes. Les lois discriminantes existent pour les maintenir en dehors des salaires justes, des Droits de l'Homme, de l'Humanité.


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Traduit par R.V. avec l'autorisation de Luis Britto Garcia. (me contacter pour une amélioration)
Article original en espagnol disponible ICI

15 déc. 2009

NARCOTRAFIC





Toute substance que nous incorporons altère notre corps et notre esprit
C'EST POUQUOI
Ingérer c'est choisir une perception et un état d'esprit
C'EST POURQUOI
Celui qui contrôle ce que nous ingérons nous contrôle
C'EST POURQUOI
Les substances hallucinogènes sont confisquées par la caste qui accapare tout ce qui est sacré
C'EST POURQUOI
Les substances qui excitent sont dosées par la caste qui parasite les efforts et le courage des autres
C'EST POURQUOI
Les substances qui réduisent en esclavage sont administrées para la caste esclavagiste
C'EST POURQUOI
L'obéissance devient une habitude
C'EST POURQUOI
L'habitude est obéissance
C'EST POURQUOI
Le contrôle des substances donne le Pouvoir
C'EST POURQUOI
Le Pouvoir contrôle les substances
C'EST POURQUOI
La succession des pouvoirs consiste en la modification des classes qui possèdent le contrôle des drogues
C'EST POURQUOI
Le capital réduit la drogue à une marchandise
C'EST POURQUOI
La drogue érige le capital comme souverain
C'EST POURQUOI
Les empires se forment en dévastant le monde pour obtenir les substances qui modifient les connaissances et les sentiments
C'EST POURQUOI
Les portugais ravagent l'Afrique et l'Asie au XVème siècle pour le thé et les épices, les espagnols dévastent l'Amérique au XVIème siècle pour le cacao, le tabac et le café
C'EST POURQUOI
5 Millions d'indigènes et d'africains, stimulés para la feuille de coca, meurent dans le Potosi, en excavant les 16 millions de kilos d'argent qui feront démarrer le capitalisme en Europe.
C'EST POURQUOI
Les anglais attaquent l'Inde en 1756 pour détruire ses cultures d'aliments et les remplacer par des cultures de cannabis et de pavot.
C'EST POURQUOI
Comme le racontait Thomas de Quincey, pour les anglais mourant de faim il revenait à moins cher de calmer leur faim en mangeant de l'opium que de la nourriture
C'EST POURQUOI
Si la religion est l'opium du peuple, l'opium est la religion des empires
C'EST POURQUOI
Les drogues qui rendent esclaves par addiction, comme l'opium, ou qui augmentent la résistance pour le travail, comme la cocaïne, soutiennent des empires mondiaux alors que les drogues qui ouvrent les portes de la perception, comme la mescaline ou la psilobicina sont des raretés poursuivies.
C'EST POURQUOI
La flotte anglaise impose à coups de canons la libre contrebande puis le libre commerce et attaque la Chine entre 1839 et 1860 pour l'obliger à acheter de l'opium
C'EST POURQUOI
L'armement qui impose le commerce de la drogue et la drogue qui finance l'armement deviennent 2 des plus grandes industries du monde.
C'EST POURQUOI
Après avoir quasiment épuisé le charbon du monde pour la fonte des armes et les chaudières des bateaux de la flotte impériale qui impose le libre trafic de drogue, les empires incluent parmi les 3 grandes industries du monde l'exploitation des hydrocarbures qui leur permet de fabriquer des armes et de propulser leurs bateaux.
C'EST POURQUOI
Selon le rapport mondial sur les drogues de 2005 de l'Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime (UNODC), le marché global de la drogue atteint en 2004 322 milliards de dollars, ce qui représente 8% du total du commerce mondial (United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC): World Drug Report 2005; Vienne, Autriche: UNODC, Juin 2005, p. 127), alors que les autorités confisquent seulement entre 10% et 15% de l'héroïne et 30% de la cocaïne en circulation (Associated Press: "U.N. Estimates Drug Business Equal to 8 Percent of World Trade," 26 juin 1997)
C'EST POURQUOI
Selon le rapport de l'UNODC en 2003, 185 millions de personnes consommaient des drogues illégales, ce qui représente 3% de la population mondiale et 4.7% de la population entre 15 et 64 ans. 150 millions consommaient de la marijuana, 38 millions consommaient des amphétamines ou dérivés, 15 millions pour l'opium, 13 millions pour la cocaïne, 8 millions pour l'ecstasy, et l'Organisation Mondiale de la Santé estime que 250000 personnes meurent pour avoir consommé de la drogue en excès, soit 0.4% des morts.
C'EST POURQUOI
Le Gouvernement des Etats-Unis constate que ses citoyens dépensent 65 milliards de dollars chaque année en drogue, soit quelques 20 milliards de plus que dans l'alcool (Associated Press: "U.N. Estimates Drug Business Equal to 8 Percent of World Trade," 26 juin 1997)
C'EST POURQUOI
Selon Franck Pick, éditeur du Currency Yearbook, "les transferts du produit des ventes de drogues en dehors des Etats-Unis est possible grâce à une technique et à une connaissance spéciale ainsi que de connexions au sein du gouvernement et des agences de douanes. Un Tiers de l'argent circulant aujourd'hui appartient à l'économie clandestine" (Executive Intelligence Review: Narcotráfico S.A.; The New Benjamín Franklyn House, Nueva York,1985, p.262).
C'EST POURQUOI
La circulation de telles quantités d'argent, et l'entrée de volumes de substances illicites de plus en plus importants, dans un pays où les satellites surveillent chaque centimètre de la surface de la planète, où les radars suivent le trajet de chaque vol et où les systèmes d'espionnage peuvent entrer dans n'importe quel courrier électronique, prouve qu'il y a une complicité entre les trafiquants et les plus hautes instances du pouvoir
C'EST POURQUOI
Pendant la guerre du Vietnam les autorités étasuniennes ont maintenu d'énormes opérations parallèles de culture de pavot au Cambodge, et en 1984 des assistants directs du Président des Etats Unis trafiquaient de la drogue pour financer la contre-insurrection au Nicaragua et la déstabilisation du gouvernement en Iran
C'EST POURQUOI
Le complexe militaire industriel signalé par le président Eisenhower devient un complexe narco militaire industriel
C'EST POURQUOI
Pour faciliter la production et le trafic de drogue, une narco-économie, une narco-politique, une narco-stratégie, une narco-milice, une narco-culture, une narco-finance se développent dans les pays impérialistes et dans les pays soumis à une intervention impérialiste.
C'EST POURQUOI
Les pays vitaux pour le commerce transnational de la drogue sont victimes d'occupations impérialistes pour s'assurer de l'approvisionnement
C'EST POURQUOI
Le prétexte de combattre la drogue sert d'alibi pour renverser les gouvernements qui sont des obstacles pour la production ou le trafic de drogue.
C'EST POURQUOI
Les Etats-Unis envahissent le Panama en 1989 et place Guillermo Endara, dirigeant des principales banques laveuses de capitaux, comme président
C'EST POURQUOI
Les Etats-Unis, appuyés par leurs alliés européens, envahissent l'Afghanistan en 2001, légalisent la culture du pavot, et selon le rapport 2002 sur les drogues de l'UNODC, ce pays produit les trois quart de l'opium mondial et augmente sa production de 5%.
C'EST POURQUOI
Les Etats-Unis interviennent en Colombie avec plus de 7 000 milliards de dollars, tout type d'armements et PLUS d'un millier de combattants étasuniens, en mettant en marche les plans Colombia, Patriota et Victoria; et ce pays totalise en 2005 640 des 910 tonnes cubiques de production, 180 autres provenant du Pérou et 90 de Bolivie (United Nations Office on Drugs and Crime, "World Drug Report 2006, Volume 1:Analysis" ; United Nations: Vienne, Autriche, 2006, p. 82).
C'EST POURQUOI
Selon José Miguel Vivanco, directeur de Human Rights Watch en Amérique Latine, "le problème fondamental de la Colombie est que le gouvernement du président Uribe a mis en place une politique dite de `démobilisation de paramilitaires´. Ce processus est dirigé par les chefs paramilitaires, principaux capos du narcotrafic, qui ont obtenu des concessions à répétition de la part du président Uribe, qui leur permettent de laver leur fortune illicite (“La región vive una profunda crisis de seguridad pública”; Américaeconomía 10-3-2008, p.63).
C'EST POURQUOI
En 2004 92% de la cocaïne entre aux Etats-Unis en partant de la Colombie, via le Mexique, et le reste en provenance des Caraïbes, selon l'officiel de la DEA Antonio Plácido
C'EST POURQUOI
Jeffrey Davidov, ancien ambassadeur des Etats-Unis au Mexique, a confessé qu'une enquête réalisée en 1979 indique que 25 millions d'étasuniens, c'est à dire 14.1% de la population de plus de 12 ans, avait consommé des drogues au moins une fois dans le mois précédent l'enquête (http://www.usembassy-mexico.gov)
C'EST POURQUOI
Pour maintenir le flux de cocaïne des cartels mexicains de Juarez et du Golfe et les ports de vedettes rapides du Guatemala, on fortifie le couloir stratégique du Plan Puebla-Panama, qui connecte les Etats-Unis avec le Mexique et qui, avec l'appui des sicaires du Chiapas, des paramilitaires du Guatemala et des armées honduriennes et du Panama, relie l'enclave militaire du Plan Colombie.
C'EST POURQUOI
Toutes les forces du bloc de pouvoir des pays interventionnistes et des pays occupés se concentrent sur l'objectif de soumettre les autres pays au trafic, comme marchés pour la consommation, blanchisseurs de capitaux.
C'EST POURQUOI
Le Venezuela, pays sans production de drogue, devient, a son insu, route des trafiquants, proie des blanchisseurs de capitaux qui s'approprient des industries légales, comme le transport, ou illégales comme le narcotrafic et les casinos, objets d'une progressive invasion de paramilitaires qui exercent le crime contre les défenseurs sociaux, remplacent la pègre vernaculaire et établissent des enclaves dans les zones populaires, et objectif des plans de sécession et d'intervention dans le but de lui arracher les réserves d'hydrocarbures les plus riches de l'hémisphère.
C'EST POURQUOI
Ou nous nous défendons ou nous périssons


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Publication originale en espagnol sur le site http://luisbrittogarcia.blogspot.com

Traduit avec l'autorisation de l'auteur

14 déc. 2009

Concentration de Capital

Voici les histoires que l'on raconte la nuit devant les ruines des grands temples que l'on appelait usines.

Dans les usines, jour et nuit, nous travaillions pour créer les produits sacrés. Pour ce travail, nous recevions le talisman-argent que nous pouvions échanger contre les produits que nous mêmes fabriquions. Nous fabriquions toujours plus de produits que nous recevions de talismans. Par la suite, ils nous ont ordonné de fabriquer des produits automatiques qui fabriquent des produits. A la fin, tous les produits étaient fabriqués par des produits automatiques, eux même fabriqués par des produits automatiques. C'est ainsi que nous fûmes bannis des Usines Promises. Nous fûmes tous jetés de toutes les usines parce que toutes les usines se concentrèrent en un seul Capital Véritable. Le Capital Véritable privatisa toute l'eau, les mots, les êtres vivants. Une fois exclus de toutes les usines personne n'avait plus de talisman-argent pour acheter les produits sacrés. Comme personne ne pouvait les acheter, les produits sacrés s'accumulèrent derrière les murailles impénétrables des dépôts. A l'extérieur des murailles impénétrables des dépôts nous commencions à mourir et à nous dévorer. A l'intérieur des impénétrables murailles des dépôts, les produits finirent par pourrir ou par rouiller. Les produits automatiques qui fabriquaient des produits automatiques qui fabriquaient des produits se paralysèrent. Nous, travailleurs sans travail, commençâmes à nous consommer les uns les autres comme des produits. Il n'y avait aucun endroit pour chasser ou récolter comme en d'autres âges. Tous les terrains étaient de l'autre coté des murailles impénétrables des dépôts. Devant le temple fermé de l'unique Capital Véritable nous avons assisté au Sacrement. Ainsi, nous fûmes tous dévorés par Lui, les uns après les autres jusqu'au dernier nous nous sommes dévorés. Prenez et buvez, que ceci est mon sang. Prenez et mangez, que ceci est ma chair.



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Pour lire le texte original de Luis Britto Garcia c'est ici

16 nov. 2009

La Colombie envahie





Quand les insurgés ont mis en fuite les occupants étrangers le 7 aout 1819 à Boyaca, cela marqua la date culminante de la Colombie. Le 3 Novembre 1903, quand les troupes des Etats-Unis ont envahi le Panama, et le 30 Octobre 2009, quand Uribe a signé la convention en vertu de laquelle les Etats-Unis envahissent le reste de la Colombie, cela dénote ses pires abimes. Sondons leur profondeur.

UN ENVAHISSEUR NARCOTRAFIQUANT LUTTE CONTRE LE NARCOTAFIC

Le paragraphe 1 de l’article III de cette convention, qui prétend que l’installation de bases se fait « conformément aux accords bilatéraux et multilatéraux auxquels la Colombie et les Etats-Unis sont sujets, en particulier ceux qui sont en rapport à la lutte contre le narcotrafic et le terrorisme et sujets à l’ordre juridique de chacune des deux parties » est ridicule. C’est pour cela que des troupes des Etats-Unis occupent la Colombie, mais pas même un soldat colombien n’occupe les Etats-Unis, la plus grande puissance terroriste, trafiquante et consommatrice de drogues de la planète.

L’ENVAHISSEUR EN TERMINE AVEC L’ÉGALITÉ SOUVERAINE, L’INTEGRITÉ TERRITORIALE ET LA NON-INTERVENTION

Le paragraphe 4 de l’article III de cette convention, qui dispose qu’il devra s’accomplir « de façon à ce que soient respectés les principes d’égalité de souveraineté, d’intégrité territoriale et de non-intervention dans les affaires internes des autres Etats » est insolent. Tout ces principes sont violés quand un Etat en occupe un autre, déclarant ses troupes immunisés face aux lois du pays envahi, créant dans ce pays un réseau de communications autonomes, assujettissant le territoire de ce pays à un contrôle militaire, et menant à bien tout type d’opérations belliqueuses dans ce pays et contre les Etats limitrophes.

DES ENVAHISSEURS DOTÉS DE L’IMMUNITÉ DIPLOMATIQUE

Le paragraphe 1 de l’article VIII précise que « la Colombie donnera au personnel des Etats-Unis et aux personnes en charge, les privilèges, exemptions et immunités qui sont données au personnel administratif et technique d’une mission diplomatique, comme indiqué dans la Convention de Vienne. » Mais, la Convention de Vienne se réfère spécifiquement au personnel administratif et technique de missions diplomatiques, et c’est une violation que de prétendre donner ces privilèges, exemptions et immunités à du personnel qui n’exerce pas de fonctions diplomatiques, mais militaires, et qui, selon l’article XV de la convention, porte des uniformes militaires et des armes.

DES ENVAHISSEURS SUSPECTÉS D’ACTIVITÉ CRIMINELLE

Au cas où il y avait encore des doutes, le paragraphe 3 de l’article VIII précise que « la Colombie garantie que ses autorités vérifieront, dans les plus brefs délais, le statut d’immunité du personnel des Etats-Unis et de leurs personnes à charge qui seraient suspectés d’activité criminelle en Colombie, et qu’elles les rendront aux autorités appropriées, diplomatiques ou militaires, des Etats-Unis, le plus rapidement possible ». Cette norme confirme que l’on cherche à garantir l’impunité pour les militaires étasuniens « suspectés d’une activité criminelle en Colombie ». Ce privilège viole l’égalité face à la Loi présente dans l’article 13 de la Constitution de ce pays, ainsi que la souveraineté de juridiction de ses tribunaux en les empêchant de pouvoir décider d’ « une activité criminelle en Colombie » et elle est à l’origine des délits commis par les envahisseurs. Mais il ne confère pas d’impunité similaire pour les militaires colombiens qui commettraient des délits aux Etats-Unis.

L'ENVAHISSEUR EMPLOIE LES ENVAHIS COMME GESTIONNAIRES

Selon l’article XIII, la Colombie assume le coût des services publiques requis par les envahisseurs, et selon l’article XIV « les Etats-Unis, le personnel des Etats-Unis, les sous-traitants des Etats-Unis et les employés des sous-traitants des Etats-Unis qui réalisent des activités dans le cadre du présent accord, recevront toute la collaboration nécessaire des autorités colombiennes pour les démarches, sans retard, et les processus administratifs ». Nous avons donc l’Etat de notre République Sœur qui est converti en gestionnaire des démarches administratives des forces d’occupation. De plus, dans l’article XX, il donne le droit aux Etats-Unis de créer un nouveau système de communication par radio et télévision « sans démarche ni concession de licence et sans aucun coût. »

L’ENVAHISSEUR S’APPROPRIE L’APPAREIL DE COMMUNICATION

Selon l’article XX, les Etats Unis peuvent créer leur propre système de communication en Colombie « sans démarche ni concession de licence et sans aucun coût. » Ainsi, « ils pourront mettre en place des stations satellitaires réceptrices pour la diffusion de radio et de télévision ». Donc, la Colombie cède son droit sur le spectre radioélectrique et les télécommunications, sur son territoire, et autorise les envahisseurs à créer un système de communication parallèle.

L’ENVAHISSEUR NE PAYE PAS D’IMPOTS

Selon le paragraphe 1 de l’article X, « la Colombie exonère les Etats Unis, et les sous-traitants des Etats-Unis, sauf les citoyens colombiens et les étrangers ayant une résidence permanente en Colombie, de tout les droits de douane, taxes, impôts et autres contributions qu’ils devraient payer en Colombie, pour l’importation, acquisition et utilisation de biens en Colombie, et sur les fonds qui sont utilisés en Colombie pour les activités effectuées en conformité avec le présent Accord. » Cette clause annihile la souveraineté tributaire de la Colombie, qui consiste en le droit inaliénable d’établir et de recevoir des impôts pour les activités économiques réalisées sur son propre territoire. Il faut signaler, honteusement, que l’infâme Traité contre la Double Imposition entre les Etats-Unis et le Venezuela dispose d‘ une clause similaire, d’abdication du pouvoir du Venezuela de recevoir des impôts des entreprises et citoyens étasuniens qui réalisent une activité économique dans notre pays. Sommes-nous donc un pays occupé ? Ou les Etats-Unis nous imposent-ils leur volonté sans avoir besoin de nous envahir ?


L’ENVAHISSEUR N’EST PAS SOUMIS AUX TRIBUNAUX


Selon l’article XXIV, s’il y a des désaccords sur l’application de la convention « les controverses ne seront soumises à aucune cour ou tribunal national ou international, ni à aucun organisme similaire, ni à des tierces parties, pour leur résolution, sauf en cas d’accord mutuel entre les parties. » A travers cet article, la Colombie renonce à son droit souverain de résoudre avec ses propres tribunaux les controverses sur les contrats d’intérêt public. Rappelons qu’une sentence du Tribunal Suprême du Venezuela annule la souveraineté juridictionnelle de notre pays en soutenant que les controverses sur nos contrats d’intérêt public peuvent être décidés par des tribunaux ou des organismes d’arbitrage étrangers, comme cela se passe dans le cas de EXXON. Sommes-nous donc un pays occupé ?

Ou certaines autorités nous considèrent comme un pays occupé ? Décidons-le.


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Cette article a été traduit avec l'autorisation de Luis Britto Garcia.
L'article original se trouve ici

Merci de me contacter pour toute proposition d'amélioration de la traduction.

R.V.

28 sept. 2009

Instituts d'Etudes Latino-américains et cercles de pensée




1

Nos pays s'ignorent les uns les autres car on leur enseigne à s'ignorer. Comme l'a justement signalé José Martí: "Connaitre c'est résoudre. Connaitre le pays, et le gouverner en fonction de ces connaissances, est l'unique façon de le délivrer des tyrannies. L'université d'Europe doit laisser sa place à l'université d'Amérique. L'histoire de l'Amérique, des incas jusqu'à aujourd'hui, doit être enseignée sur le bout des doigts, même si pour cela on n’enseigne pas l'histoire de Grèce. Notre Grèce est préférable à la Grèce qui n'est pas à nous. Elle nous est plus nécessaire!"

2

Pour cela, il est indispensable de créer et maintenir un réseau efficace d'instituts d'études d'Amérique Latine et des Caraïbes. D'autre part, j'ai déjà souligné que c'est dans notre région qu'il y a le moins de possibilités pour l'étude de Notre Amérique. Il y a à peine une vingtaine d'instituts spécialisés dans ce thème dignes de ce nom : le Centre d'Etudes Latino-Américaines Rómulo Gallegos, l'Institut d'Etudes Hispano-américaines de l'Université Centrale et l'Institut des Hautes Etudes d'Amérique Latine de l'Université Simon Bolívar au Venezuela; Le Centre de Coordination et de Diffusion d'Etudes Latino-Américaines de l'Université Autonome de Mexico; la Fondation Getulio Vargas du Brésil, l'Institut National d'Anthropologie et de Pensée Latino-Américaine de Buenos Aires, l'Institut d'Etudes Interaméricaines de l’ Université Catholique d'Equateur, le Centre d'Etudes de l'Amérique, le Centre de Recherche des Caraïbes et la Maison des Amériques à Cuba. Mais de manière générale il n'y a pas, ni dans nos universités, ni dans nos organismes régionaux, de programmes multidisciplinaires permanents qui l'étudie dans son ensemble. À l'inverse, aux Etats-Unis, il y a plus de 200 instituts d'études latino-américains, et le National Directory of Latin Americanist reçoit plus de 3000 étudiants de la région. Il y a un demi-millier de spécialistes en matière d'Amérique Latine en Europe selon les registres bibliographiques compilés par Adrián Van Oss. Il y a en Espagne 5 instituts de première importance consacrés à l'Amérique Latine, 3 en France, 6 en Angleterre, 8 en Italie, 10 en Allemagne, 6 au Japon. Ce sont des données qui datent de plusieurs décades, les chiffres ont du augmenter d'un tiers minimum. L'Amérique Latine et les Caraïbes semblent être un objet d'études primordial pour tout le monde, sauf pour nous.

3

La survie culturelle - qui est, au final, survie politique et économique - de nos pays requiert que dans chacun d'eux il y ait au moins un institut culturel d'études latino-américaines de portée continentale, et un institut académique, qui coordonnent les études de spécialisation en la matière, les 2 avec des programmes de recherche systématiques sur la région et avec des publications et des activités, en relation continue d'échange, de diffusion et d'appui mutuel avec les entités similaires dans la zone et dans le monde. Seulement ainsi nous cesserons de nous ignorer, de nous détacher et de laisser aux autres les connaissances de tout ce qui nous concerne
4

De la même manière qu'il y a un manque d'instituts d'études sur l'Amérique Latine et les Caraïbes, il ressort aussi dans la région une pénurie relative de groupes d'études interdisciplinaires dédiés à l'analyse de problèmes spécifiques de la région ou sur le développement de politiques à long terme qui lui soient applicables: ce que les anglo-saxons appellent "Think Tanks" ou « cercles de pensée ». La revue Foreign Policy du 13-01-2009 dans son étude “The Think Tanks and Civil Societies Program 2008: The Global Go-To Think Tanks. The Leading Public Policy Research Organizations In The World”, fait ressortir le fait qu'aux Etats-Unis il y a 1777 instituts de la sorte en fonctionnement, 283 en Angleterre, 186 en Allemagne, 165 en France, 121 en Inde, 107 en Russie, 105 au Japon, 94 au Canada et 87 en Italie, et curieusement il précise qu'il y a 122 centres en Argentine mais ne fournit aucune donnée en ce qui concerne le reste de l'Amérique latine et des Caraïbes, en oubliant de mentionner, entre autres, la prestigieuse Fondation Getulio Vargas du Brésil. Il existe 5467 instituts de la sorte dans le monde; la grande majorité aux Etats-Unis; rien qu'à Washington il y en a 350, plus que dans n'importe quel autre pays au monde. Entre eux figurent les influentes Rand Corporation, Heritage Foundation, Cato Institute, Human Right´s Watch et Center for American Progress, toutes avec de généreuses dotations multimillionnaires (http://www.foreignpolicy.com/story/cms.php?story_id=4598).

5

Du fait de leur capacité à inspirer des politiques et à former les hommes pour les mettre en œuvre, les cercles de pensée ont été surnommés “governments in waiting” (gouvernements en attente). De ces cercles ont surgi des directrices comme les Rapports du Comité de Santa Fe ou ceux du "Nouveau Siècle Américain". James McGann a compilé un catalogue de ces instituts, où il signale que 538 d'entre eux sont en Amérique Latine et aux Caraïbes, entre autres le Conseil Argentin pour les Relations Internationales (Argentine); La Faculté latino-américaine de Sciences Sociales (Costa Rica); Liberté et Développement (Chili); Le Centre d'Etudes Publiques (Chili); le Centre de Mise en Place de Politiques Publiques pour l'Equité et la Croissance (Argentine) (McGann, 2009). La majorité d'entre eux opère dans le Cono Sur; et sont probablement conservateurs. En 2008 a commencé à fonctionner au sein de la Fondation Institut d'Etudes Avancées (IDEA) du Venezuela un centre de Recherches Théoriques (CENIT) destiné aux études interdisciplinaires pour la coordination entre les politiques de recherche es sciences exactes et des sciences sociales. Une fois de plus, la disproportion entre les instituts qui travaillent dans notre région et ceux qui opèrent aux Etats-Unis est évidente. L'Amérique Latine et les Caraïbes doivent multiplier les institutions interdisciplinaires qui peuvent générer de nouvelles idées et de nouveaux projets pour son complexe avenir. C’est en pensant au futur que nous pouvons le controler.
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Liste en espagnol des instituts mentionnés :
Centro de Estudios Latinoamericanos Rómulo Gallegos (Venezuela)
Instituto de Estudios Hispanoamericanos de la Universidad Central (Venezuela)
Instituto de Altos Estudios de América Latina de la Universidad Simón Bolívar (Venezuela)
Centro Coordinador y Difusor de Estudios Latinoamericanos de la Universidad Nacional Autónoma de México (Mexique)
la Fundaçao Getulio Vargas (Brésil)
Instituto Nacional de Antropología y Pensamiento Latinoamericano de Buenos Aires (Argentine)
Instituto de Estudios Interamericanos de la Pontificia Universidad Católica (Equateur)
Centro de Estudios de América (Cuba)
Centro de Investigaciones del Caribe (Cuba)
Casa de las América (Cuba)
Consejo Argentino para las Relaciones Internacionales (Argentine)
Facultad Latinoamericana de Ciencias Sociales (Costa Rica)
Libertad y Desarrollo (Chili)
Centro de Estudios Públicos (Chili)
Centro de Implementación de Políticas Públicas para la Equidad y el Crecimiento (Argentine)
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Article original : ici
Traduit par R.V. avec l'autorisation de Luis Britto Garcia
Me contacter pour d'éventuelles améliorations de la traduction

21 sept. 2009

La Science que nous voulons




1.

Quels scientifiques voulons-nous? Que science voulons-nous? C'est une question aussi basique et difficile que de nous demander quelle vie nous souhaitons. Mais peut-être est-ce la même question ? Nous aspirons à une existence infinie qui embrasse tout; nous sommes condamnés à une autre existence, transitoire et confinée à des options limitées. Notre choix d'un projet de vie ou de science est déterminé par les modèles que nous souhaiterions imiter, mais aussi par nos capacités, l'environnement, les opportunités et les biens dont nous disposons.

2.

Kant affirme que l'Histoire est le processus de réalisation de la potentialité de l'homme. Je veux tous les scientifiques et toute la science que nous pourrions avoir. La connaissance nous constitue en tant qu'êtres humains. Nous voulons une société la plus humaine possible, dans laquelle la majorité des habitants et des ressources soient dédiés à la connaissance. Le problème du chercheur, ou de celui qui met en place une politique scientifique, est similaire au problème auquel l'économiste fait face: établir la relation optimale entre les besoins et les biens avec lesquels ces besoins peuvent être satisfaits. Les nécessités économiques sont potentiellement infinies. C'est aussi le cas des problèmes à élucider pour la science. Cela requiert l'établissement d'une hiérarchie aussi bien entre les nécessités qu'entre les biens.

3.

La Science ne se produit pas dans le vide. La société met à disposition du scientifique du temps pour ses travaux, des instruments, des récompenses. Mais même le chercheur fait face à une restriction des options. Il ne peut pas choisir toutes les disciplines à la fois. A l'intérieur d'une discipline il ne peut pas non plus traiter toutes les spécialités ni tous les problèmes. Le problème de la relation entre fins et moyens est partagé par tous les chercheurs et toutes les sociétés. Comment les sociétés établissent-elles cette relation? Sur ce sujet Oscar Varsavsky signale que "il n'est pas possible d'avoir une politique éducative cohérente - universitaire ou non - si ce n'est dans le cadre de référence d'un Projet National à long terme, avec des caractéristiques idéologiques et des objectifs concrets bien définis (Hacia una política científica nacional 2006,64). Les projets nationaux régissent les politiques éducatives et scientifiques dans la mesure qu'ils déterminent l'assignation des ressources.

4.

De telles politiques devraient comprendre la préservation et la conservation de la connaissance et de ceux qui la créent. Elles devraient inclure des normes pour protéger les savoirs traditionnels accumulés et les codes génétiques des espèces endogènes face aux brevets et aux intérêts étrangers. Elles devraient stimuler les scientifiques formés dans le pays à poursuivre leur carrière ici. Carlos Lage affirme que "Un million de scientifiques et de professionnels formés en Amérique Latine, pour un coût de 30 milliards de dollars, vivent aujourd'hui dans les pays développés et nous devons payer pour leurs innovations et apports scientifiques, ou nous en passer." (Lage 1999, cit. por Martínez Enríquez, “La globalización neoliberal y la libertad de movimiento: paradojas conceptuales y prácticas” 2006, 145)

5.

L'Amérique Latine et les Caraïbes sont loin d'appliquer toutes leurs capacités de recherche scientifique de manière optimale pour répondre à leurs problèmes les plus urgents. Une malédiction semble éloigner l'impartialité scientifique de la pauvreté humaine. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) informe qu'actuellement seulement 10% des dépenses totales en recherche et développement de médicaments est dirigé aux maladies des 90% de la population la plus pauvre. (PNUD 2003,12). Jean Ziegler note que les pays du Tiers Monde, qui représentent 85% de la population de la planète, représentent seulement 25% du marché pharmaceutique. Il ajoute qu'entre 1975 et 1996 les grands laboratoires pharmaceutiques ont développé 1223 nouvelles molécules, dont seulement 11 sont applicables au traitement de maladies tropicales. Une telle négligence est d'autant plus nocive que des maladies comme le paludisme, la tuberculose, la maladie du sommeil et la fièvre noire, qui avaient quasiment disparu entre 1970 et 1980 grâce aux campagnes d'organismes comme l'Organisation Mondiale de la Santé, ont ressurgi, de telle façon qu'en 2001 la maladie du sommeil a tué 300 000 personnes, la tuberculose 8 millions, et que toutes les 30 secondes un enfant est mort de paludisme (Los nuevos amos del mundo 2003, 73).

6.

Le PNUD signale aussi que la recherche agricole est sous-équipée, parce que beaucoup de pays à revenus faibles utilisent à peine 0,5% de leur PIB agraire à la recherche agricole, et l'utilisent pour des projets sur les cultures à forte valeur commerciale et sur les terres de meilleure qualité; alors que pour que cette recherche favorise les producteurs pauvres de terres marginales, elle devrait être centrée sur des projets comme les systèmes de multicultures, l'agriculture écologique, les variétés de graines de maturation précoce et les méthodes économiques de maturation du sol (PNUD 2003, 104). Pour ces raisons le PNUD conclue que "Etant donné que la majeur partie des efforts scientifiques ne tiennent pas compte des nécessités des pauvres, il est fondamental que la communauté scientifique internationale - avec à sa tête les laboratoires nationaux, les organismes de financement scientifique nationaux et les fondations privées - travaille avec des groupes de scientifiques dans les pays pauvres pour identifier les objectifs prioritaires en matière de recherche et développement et augmenter considérablement le financement" (PNUD 2003, 24).

7.

Quelles sont les garanties qu'une politique scientifique est correcte? La recherche est un pari contre l'inconnu; toute politique qui essaye de l'organiser doit se résigner à faire face à un certain degré d'incertitude. Tout processus cognitif à comme objectif, précisément, la réduction des incertitudes. Chaque société expose les problèmes qu'elle veut résoudre, leur assigne des priorités et des ressources et les aborde avec son style propre. La société influence la science. Mais la science influence aussi la société.

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Traduit par R.V. avec l'autorisation de Luis Britto García

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8 sept. 2009

Guerre planifiée




1

Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenu : cela fait des années que j'écris que tout pays qui possède des hydrocarbures aura une guerre dans le futur, et que le plan directeur des Etats-Unis est de créer un conflit entre la Colombie et le Vénézuela pour s'accaparer des ruines des deux pays. Mais un pronostic n'est pas une fatalité. Nous examinons déjà les faiblesses qui peuvent nous faire perdre. Nous étudions les forces qui peuvent nous sauver.

2

Un conflit contre le Venezuela est un conflit contre la région. Bolivar a dit que pour nous la Patrie est l'Amérique. L'intrusion de forces étrangères est une invasion pour nous tous. Les objectifs des bases militaires des Etats-Unis sont les hydrocarbures, l'eau douce et la biodiversité de l'Equateur, du Brésil et du Venezuela, et par la même de la Bolivie, du Paraguay, de l'Argentine et du reste de l'Amérique du Sud. Le Brésil est, selon les années, la sixième ou septième économie du monde, le huitième producteur d'armement, et avec ses 176 millions d'habitants on pourrait monter une armée, en partant de ses forces actuelles de 361 928 soldats, qui dépasserait largement les 459 687 soldats que compte le Budget de la Colombie en 2007. La grande armée de Napoléon s'est précipitée dans un abime dans l'immensité de la Russie; les 8 547 000 km2 du Brésil pourraient être la tombe de beaucoup de paramilitaires. N'importe quelle agression regrouperait toute la région autour du Brésil; l'Union Européenne, la Russie et la Chine feraient pression contre le déséquilibre des pouvoirs dans la région. D'autre part, Cuba serait de notre côté. Cuba qui à infligé une déroute aux Etats-Unis à Playa Girón et à l'apartheid en Afrique du Sud.

3

Le prétexte, ou l'alibi, pour ouvrir les portes à l'armée des Etats-Unis serait donc l'incapacité des forces colombiennes de soumettre quelques cartels de délinquants et un peu plus de 10 000 insurgés politiques. Au lieu de faire appliquer la loi, le pouvoir en place est entré dans l'illégalité, se transmuant en un pouvoir paramilitaire, parajudiciaire, parapolitique, narcopolitique. On ne peut prétendre contrôler le quartier quand on ne gouverne pas sa propre maison. Il n'y a pas de place pour deux coqs dans le même poulailler, et si deux armées partagent le même territoire c'est parce que l'une d'entre elle joue le rôle de la poule. Avant d'ouvrir la porte à un occupant étranger, le gouvernement qui a perdu le contrôle de la situation devrait démissionner pour incompétence, laisser le passage à son propre peuple souverain, le secteur qui a le plus souffert dans un conflit civil qui dure depuis plus de soixante ans. Un patriote peut renoncer au gouvernement, mais pas à la souveraineté.

4

Et en effet, dans la République voisine, une totale abdication de la souveraineté à eu lieu. Si l'on entend par Souveraineté le pouvoir inaliénable de se doter de lois propres, de les exécuter et de juger les controverses sur leur application, ces trois attributs n'existent plus pour le gouvernement - pas pour le peuple - d'un pays voisin. Le pouvoir de légiférer a expiré, car il a été livré par des accords secrets que le Président n'ose pas rendre publics. La faculté d'exécution des lois est décédée, car des soldats étrangers sous contrôle étranger s'attribuent le contrôle des insurgés et du narcotrafic, qui sont le ressort des pouvoirs publics locaux. Le droit à juger des controverses est mort, car les soldats étrangers jouissent d'immunité face aux lois de la République Sœur et ne peuvent être poursuivis par ses tribunaux.

5

Le propriétaire des bases étasuniennes sont les Etats-Unis. Projettent-ils de se plonger dans une nouvelle guerre? Ils sont déjà embourbés dans deux conflits majeurs. Les 2 ont commencé par de faux prétextes. Les 2 ont commencé avec la promesse d'une victoire en quelques semaines. Les 2 se trainent depuis plus de 6 ans. Dans les 2 ses forces sont démoralisées, se droguent, se suicident, désertent. Dans aucune des 2 le final n'est proche. Nous ouvrons à peine la chambre des horreurs et le monde s'épouvante face aux tortures, aux assassinats de civils, aux déportations en masse. Les Etats-Unis se débattent entre la crise financière, le chômage et la perspective d'une insurrection sociale.

6

Les bravades guerrières, les luttes martiales, le fait de se cacher derrière le policier du monde peuvent paraitre des projets napoléoniens, mais sur les pistes tout geste guindé dissimule des misères. La grandiloquente menace est la jonglerie de faire passer dans l'anneau un Traité de Libre Commerce et la réélection d'un équilibriste. Chacun est de la taille de ses stratagèmes.

7

Face à des intentions aussi mesquines évitons les grandes phrases. L'oligarchie voisine comprend le langage des faits. Il a suffit d'une défense énergique des eaux territoriales pour qu'ils retirent la frégate Caldas. Il a suffit d'un contrôle de la contrebande d'extraction pour qu'ils présentent des excuses pour l'enlèvement de Granda. Il suffira d'un filtre modéré de douanes pour que l'oligarchie, qui se nourrit de notre pétrole et de nos aliments subventionnés et exporte chaque année des biens pour une valeur de 6 milliards de dollars vers le Venezuela, tire les oreilles de son porte parole querelleur et l'envoie s'excuser telle une docile brebis. Entre les 2 pays il y a un tas d'intérêts, d'affaires et d'emplois qui ne peuvent être sacrifiés au nom de la stratégie de réélection d'un politique. Surveillons les bases militaires de l'autre coté de la frontière : détruisons les bases paramilitaires qui nous ont occupé sans avoir à tirer une balle. Ne concédons pas d'immunité judiciaire aux soldats étrangers, ni d'immunité judiciaire ou fiscale aux capitaux étrangers. Une Guerre planifiée tue ceux qui ne sont pas préparés.

8

Ceux qui servent d'instrument aux Etats-Unis se mettent la corde au cou. Les talibans et Saddam Hussein ont été armés par l'Empire, pour ensuite être bombardés et lynchés. C'est comme ca que le diable paye ceux qui le servent.

9

Pendant ce temps, fortifions-nous.

28 août 2009

L'ennemi est à la porte


Les Etats-Unis ne peuvent pas occuper militairement toute l'Amérique Latine et les Caraibes. Son armée compte 2 millions d'effectifs, les nôtres à peine 1 million et demi. Pour occuper nos territoires il devrait mobiliser un nombre d'hommes équivalent, en négligeant des lieux d'opérations vitaux ou en recrutant, ce qui n'est pas viable logistiquement et économiquement. Cela poserait aussi des problèmes difficilement gérables de contrôle social et de contre-insurgence. L'empire maintient son hégémonie à travers la pression sur les gouvernements complices, la pénétration culturelle et les bases qui facilitent l'intervention militaire. Comme l'a dit Bush en 2002 en présentant la nouvelle stratégie de sécurité nationale : " Les Etats Unis vont avoir besoin de bases et de postes a l'intérieur et au delà de l'Europe Occidentale et du Nord-est de l'Asie, ainsi que d’arrangements temporaires pour le déploiement de nos forces à grande distance" (Bush, 2002).

L'occupation militaire du monde

Les Etats-Unis occupent, comme propriétaire ou en location, 6 000 bases militaires sur son territoire et 872 hors de son territoire. Ces bases accueillent 253 288 soldats avec leurs familles et le personnel de soutien et 44 446 étrangers engagés contractuellement et elles se composent de 44 870 casernes, hôpitaux, dépôts et autres structures propres, et 4 844 en location. Des décisions souveraines ont fait fermer certaines bases: l'Empire a désoccupé la base Howard en 1999 suite aux accords sur la canal de Panama; le Brésil refusa le projet d'implantation de la base de Alcántara dans le Maranhão et Rafael Correa ordonna de déloger les bases de Manta, en Equateur. Mais il reste les bases de Guantánamo à Cuba, Vieques à Puerto Rico, Soto Cano au Honduras, Comalapa au Salvador, et celles de Iquitos, au Pérou, qui surplombent l'Amazonie, ainsi que celles de Santa Lucía Huallaga, Santa Lucía et Palmapampa. Une autre base des Etats-Unis fonctionne au Paraguay: les soldats qui l'occupent jouissent de l'impunité pour violer les lois paraguayennes. Le « Commando Sur » possède aussi 17 bases terrestres de radars: 4 en Colombie, 3 au Pérou, et plusieurs bases mobiles ou secrètes dans les Andes et les Caraïbes.

Des bases contre l'Amérique Latine

Au début du troisième millénaire, les Etats-Unis installent les bases aériennes de Reina Beatriz à Aruba et de Hato Rey à Curazao, comme réponse au refus de Chavez d'installer des bases et de survoler le territoire vénézuélien. En Colombie, où une intervention militaire massive est en cours, la base aérienne de Tres Esquinas et de Larandia fonctionnaient déjà: des aéronefs opèrent dans les aéroports de Aplay, Melgar, Cali, El Dorado, Palanquero, Medellín, Barranquilla et Cartagena. Depuis l'une de ces bases, avec l'appui de la technologie et du personnel des Etats-Unis, la Colombie a lancé son attaque contre l'Equateur au début de 2008. Les Etats-Unis ont le contrôle total sur ces enclaves. Ainsi, l'agence EFE de Bogota informe que "Le 22 avril l'ambassadeur des Etats-Unis en Colombie, William Brownfield, s'est réuni avec le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, pour lui communiquer que le Département d'Etat a décidé de "lever le veto appliqué depuis janvier 2003 à la base aérienne de Palanquero, au centre du pays, qui était sanctionnée depuis 1999 lorsque des avions qui avaient décollé de cette base bombardèrent par erreur un village et tuèrent 18 agriculteurs." Les Etats-Unis sanctionnent, imposent ou lèvent des vetos sur les bases militaires en territoire colombien, et ses soldats sont exempts des lois colombiennes. Il faut désormais ajouter à cette collection d'enclaves les bases de Malambo, Palanquero, Apiay, Tumaco, Bahía Málaga, Tolemaida et Fuerte Larandia.

La résurrection de Manta

Le "Commando Sur" a obtenu du régime du Président équatorien Noboa la base Aérienne de Manta sur la cote du Nord-est, qui dominait la région du Putumayo et étendait la surveillance aérienne sur toute la région andine et fournissait des données d'Intelligence à l'armée colombienne et aux escadrons de la mort entrainés et dirigés par les USA. Selon Pace, Manta "est la clef pour réajuster notre zone de responsabilité, notre architecture (l'appareil militaire) et pour étendre la portée de notre couverture aérienne de DM et T (Détection, Contrôle et Suivi) dans les Zones Sources (de production de drogues)" (Zibechi, 2005). Le président Correa donna l'ordre catégorique de désoccuper Manta. À sa place, les Etats-Unis projettent d'installer 2 bases supplémentaires de capacités égales en Colombie, dont une à Cartagena pour les opérations de la IVème flotte de l'Atlantique.

Un demi-million d'effectifs

La Colombie en 2007 possède 459 687 fonctionnaires occupés à la Défense et Sécurité et dépense chaque année 6,5% de son PIB dans la guerre, quelques 22 milliards de dollars, selon Juan Camilo Restrepo et Pedro Medellín (Semanario VOZ, edition 2427, cit. par Álvaro Angarita: “Crece el gasto militar. Guerra devora el presupuesto”; 27-2-2008 www.geocities.com/vozxcol/voz.pdf). En 2009 le Département d'Etat a dépensé 520 millions de dollars dans le Plan Colombie. Quelqu'un croit-il vraiment que ce formidable déploiement de la première puissance militaire du monde, en association avec le pays le plus militarisé d'Amérique Latine, a pour objectif de dérouter 10 000 insurgés et quelques trafiquants? Il a pour cible les réserves d'hydrocarbures, d'eau et de biodiversité du Venezuela, de l'Equateur et du Brésil.

Des bases inutiles

L'objectif est inutile. Ni la Colombie ni les Etats-Unis ne peuvent dominer avec succès le démesuré Brésil et ses alliés. Les bases sont bonnes pour l'espionnage, les attentats et les interventions mais elles ont des limites. Cela fait plus d'un siècle que les Etats-Unis maintiennent l'enclave de Guantanamo à Cuba. Ses marines n'en sortent pas car ils savent qu'ils trouveront la résistance compacte d'un peuple irréductible. Il est difficile de suivre la voie pacifique quand l'adversaire choisit la violence. Avant de s'occuper des bases extérieures occupons nous à organiser la résistance et déshabiliter les enclaves de l'Empire dans notre pays. Le peuple armé ne sera jamais humilié.




6 août 2009

Guerre contre le Venezuela


. Hugo Chávez Frías évoque la possibilité qu'une guerre se déclenche contre le Venezuela.

. Cette possible guerre commence sans déclaration.

. Des pelotons paramilitaires traversent la frontière sans obstacles et occupent des positions dans tout le pays sans avoir à combattre.

. Les prêts à usure, le narcotrafic, les sicaires, les achat de fonds et d’entreprises stratégiques, la traite de personnes, les bingos et casinos forment la cinquième colonne qui corrompt puis domine les autorités

. Les médias internationaux inventent de fausses vidéos de Macanao où l'on voit des fondamentalistes islamiques pointer des armes de destruction massive vers Washington.

. Encouragés par l’impunité avec laquelle ils violent la Constitution et les Lois, les médias nationaux diffusent les bobards pour justifier une agression « préventive ».

. En se basant sur la sentence du TSJ (Tribunal Suprême de Justice) qui soumet les contrats d'intérêt publique aux arbitres étrangers, une conspiration de transnationales crible le Venezuela de demandes en justice téméraires afin de soumettre à un embargo ses biens à l'extérieur et ses réserves internationales.

. En se basant sur la doctrine selon laquelle les Traités sur les Droits de l'Homme l'emportent sur la Constitution, un juge étranger destitue le président du Venezuela pour une supposée violation des Droits de l'Homme.

. La Lloyd's de Londres déclare que les ports et aéroports vénézuéliens sont dangereux, afin que les bateaux et avions ne fassent plus d'escale au Venezuela sous peine de voir leurs assurances invalidées.

. Encouragés par l’impunité qui suivit le sabotage de 2002, les monopoles nationaux de distribution d’aliments se joignent au blocus en lançant un nouveau lock-out.

. Un pays voisin mobilise vers nos frontières les 459.687 hommes armés qui figurent dans le Budget de sa Défense, accompagnés par des centaines de milliers d'autres qui ne figurent pas dans le Budget.

. Des bandes d'étrangers en situation irrégulière, entrainés, armés et organisés militairement, imposent leur autorité de fait dans des zones où, comme l'a reconnu le président, l'autorité de l'Etat est très faible.

. Suite à l’appel au recrutement de l’armée, les vénézuéliens qui possèdent aussi la nationalité d’un autre pays, grâce au régime de double nationalité, refusent de s’enrôler en prétextant qu’ils ont des devoirs militaires envers leur autre patrie. Ils se présentent aux consulats de leur autre pays afin de recevoir des instructions sur comment utiliser leurs compétences et leurs postes au sein des pouvoir Législatif, Exécutif, Judiciaire, Moral et Electoral du Venezuela contre celui-ci.

. Les juges, gouverneurs, maires, députés, ministres, diplomatiques et officiels s’entassent dans les files d’attente.

· Suivant les instructions des ONG étasuniennes Indian Resource Law Center et International Indian Treaty Council, plusieurs ethnies proclament leur autonomie, se déclarent à part du peuple vénézuélien et propriétaires exclusifs du sol et du sous-sol des zones stratégiques, et renient au Venezuela le droit de disposer de ces zones et d'y exercer son autorité.

. De la même façon qu'ils l'ont fait contre la Révolution Sandiniste, les ONG étasuniennes Indian Resource Law Center et International Indian Treaty Council obtiennent une sanction contre le Venezuela auprès de la Cour Interaméricaine des Droits Humains de l'OEA, et mettent en place leurs lobbys pour faire condamner notre pays par l'ONU et l'OIT (Organisation Internationale du Travail)

. Les gouverneurs des régions frontalières qui se mettaient d’accord avec le consul d’une République voisine afin de prendre des décisions « à niveau de gouvernement », rétablissent la communication afin d’adopter des mesures « à niveau de gouvernement d’occupation ».

· Haliburton et les transnationales qui se sont partagé le pétrole Irakien se mettent d'accord pour se répartir l'industrie des hydrocarbures et les réserves du Venezuela.

. Les agences d’intelligence étasuniennes maintiennent un espionnage constant des communications vénézuéliennes grâce à leurs softwares commerciaux, et au retard dans l’adoption de softwares libres, et larguent un virus au moment choisi.

· Un commando dirigé par Posada Carriles depuis Miami, et entrainé par les services secrets d'une puissance militaire du Moyen-Orient échoue dans sa tentative d'attentat numéro cinquante contre le Président du Venezuela.

. Encouragés par leur impunité lors des violations de la Constitution et de la "Loi Resorte", les medias privés informent que l'attentat a réussi et qu'une junte présidée par Carmona Estanga a été assermentée.

. Encouragés par l’impunité dans la pratique illégale d’interférer dans les programmes avec des insertions publicitaires, les émetteurs de chaines de télévision interférent et défigurent tout les démentis des autorités légitimes.

· Les Etats-Unis mobilisent leur 4ème Flotte vers la base navale Reina Cristina à Curaçao et vers la nouvelle base navale qu'un pays voisin leur a autorisé a installer sur sa cote caribéenne.

. Une cinquantaine de commandos et une dizaine d'attentats précis, contre les voies et points stratégiques de transport de biens et d'énergie mal surveillés, isolent le Venezuela

· Des excédents d'aéroplanes et de missiles utilisés lors de l'agression contre l'Equateur en 2008, dirigés depuis les bases étasuniennes du pays voisin, sont lancés sur des cibles stratégiques préalablement sélectionnées par des avions et satellites espions.

. Une multitude d’opposants se réunit joyeusement et déploie des drapeaux pour recevoir les envahisseurs, et se retrouve foudroyée par le premier missile intelligent.

. Tout les plans d’agression échouent en essayant de désarticuler un pays, dont la seule planification consiste en « tout ca c’est du passé, compatriote ».

· Quatre millions de déplacés de guerre et vingt milles insurgés prennent le pouvoir dans une République voisine, pendant que ses effectifs de 500,000 soldats tuent des moustiques à la frontière.

. Une insurrection sociale d’étasuniens désespérés face à la perspective d’une nouvelle guerre fait rentrer aux ports la quatrième Flotte.

. Toutes les phases de cette guerre, sauf les sept dernières, peuvent être évitées dès aujourd’hui, avec des mesures précises. Si elles sont conjurées, les sept dernières phases ne se réaliseront pas non plus.
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La version originale se trouve ici

23 juil. 2009

Capitalisme : 30 morts annoncées




L'oncle Picsou accapare dans son coffre fort toute la richesse de la planète, ne laissant rien aux autres, pas même à son laquais Donald qui lui apporte un pistolet à la place du déjeuner et lui dit: la bourse ou la vie.

Le capitalisme intensifie la saturation de publicité jusqu' à ce que cela devienne tant détestable que chutent la consommation, les ventes et le capitalisme.

Les dévots de la main invisible du marché convainquent l'Etat de ne pas intervenir dans l'Economie, les Etats-Unis retirent les 700 milliards de dollars d'aides financières et les Etats de l'Union Européenne leurs 2 200 milliards de dollars d’aide, et le système financier et le capitalisme s’effondrent.

L'impérialisme lance des génocides jusqu'à détruire tous les pays non-capitalistes et, conscient qu'il ne peut survivre sans industrie de l’armement, il se déclare la guerre à lui même.

Pour payer la dette publique des Etats-Unis, les banquiers font payer à chaque famille « gringa » la part qui lui correspond, de 516 348 dollars, et comme seules les familles des 400 yankees les plus riches peuvent payer, toute la propriété privée et publique des Etats-Unis est saisie.

Les pays du G8 expulsent tous les émigrés qui leur fournissent de main d'œuvre bon marché et sans aucun droit, et comme ils se retrouvent sans travailleurs leur agriculture et leur industrie s’effondrent.

Le capitalisme accélère la production d'industries et d’appareils qui émettent des gaz à effet de serre jusqu'à ce que le réchauffement de la planète le convertisse en capitalisme grillé.

La Bakka Enterprises accapare toute la propriété du monde en automatisant tous les processus non créatifs, puis les créatifs, afin de ne pas avoir à payer de travailleurs, puis fait faillite car personne n'a de salaire pour acheter ses produits.

Le capitalisme monopolise l'air et comme les travailleurs ne gagnent pas assez pour l'acheter ils meurent la bouche ouverte et le capitalisme s'asphyxie car il n’a pas d'acheteurs.

Le capitalisme convainc tous les parents de ne pas donner d’aides et de subventions à leurs nouveau-nés pour leur alimentation, ni pour leur vêtements ni pour leur éducation, et, ne pouvant pas échanger de l'argent ou des titres pour satisfaire leur demande de lait maternel, tous les enfants meurent et le capitalisme se retrouve sans exploités et sans exploitants.

Le capitalisme privatise les fleuves et les lacs et les évapore afin de créer une sécheresse artificielle qui entraine une augmentation des prix et la création d'un immense nuage qui se déchire et provoque le second déluge universel.

Le capitalisme négocie avec le Pape la vente de complexes hôteliers au Ciel, ainsi que la concession d'hypothèques et de subprimes, et le Ciel fait faillite.
Le capitalisme obtient le monopole des hydrocarbures de la planète afin de lancer des guerres qui lui donnent la possibilité d'avoir le monopole du narcotrafic, ce qui lui permet de rendre chaque être humain dépendant. Les êtres humains dépendants sont prêts à tout pour obtenir plus de drogues, y compris à en finir avec le capitalisme.

Le capitalisme développe la machine à remonter le temps afin de voyager jusqu’à la Préhistoire et une fois arrivé il détruit tout de telle façon que l'Histoire ne peut pas commencer, ni le Capitalisme.

Le capitalisme encaisse des intérêts sur les intérêts, et des intérêts sur les intérêts des intérêts, et des intérêts sur les intérêts des intérêts des intérêts, et ainsi de suite.

Le capitalisme se rend compte qu'élever des poulets est un meilleur investissement que d'élever des êtres humains.
Le capitalisme remplace tous les végétaux et animaux par des transgéniques avec des graines stériles qui ne peuvent pas se reproduire sans acheter des nouvelles graines de l’usine, qui fait faillite à cause de la spéculation de la bulle transgénique.

Le capitalisme fabrique des virus afin de vendre des antivirus jusqu’à ce que une mutation crée le virus invulnérable à tous les antivirus qui en finit avec tous les ordinateurs et tous les organismes.

Le capitalisme dépose le brevet du génome humain et fait payer des droits aux êtres humains pour l'usage de ses gênes. Pour échapper à l'esclavage les êtres humains mutent afin de se transformer en une espèce alien.

Grâce à l'informatique, le capitalisme accélère la prise de décisions économiques de façon à ce qu'elles anticipent les actes des producteurs et des consommateurs. Cela crée des périodes de crise et d'expansion de centièmes de secondes et, en un millième de seconde, toute la propriété financière est réduite à un millionième de millionième de sa valeur.

Le capitalisme prêche la mort de l'Histoire, de la Raison, de l'Éthique, de l'Esthétique, de la Politique et se défend avec des arguments tellement irréfutables qu'il ne peut pas non plus réfuter la mort du Capitalisme.

Les juges néolibéraux décident que les délits et les contrats d’intérêt publique doivent être soumis à un arbitrage étranger, et les assassins soumettent à un arbitre l’amende à payer pour ruiner tout l’humanité et les juges néolibéraux.

Toutes les actions de toutes les bourses perdant toute leur valeur, les seules actions en hausse sont celles de la mort du Capitalisme.

La Banque Mondiale oblige d'imprimer sur chaque dollar sa vraie valeur (zéro).

Le capitalisme produit tellement de déchets qu'il finit par se noyer dedans.

Grâce à son monopole sur l'information, le capitalisme met son véto sur toutes les nouvelles, y compris que cela fait des années qu'il a chuté.

Le capitalisme encaisse des droits d'auteur pour les lettres, les numéros, les mots.

Le capitalisme survit à toutes les crises toujours plus fréquentes, toujours plus intenses, plus globales et plus destructrices, jusqu’à ce qu'il survive à la dernière crise mais l'humanité est détruite.

La main invisible du marché étrangle tous ceux qui l'ont adoré sans jamais pouvoir la voir.

Les exploités de la terre s'organisent en avant-garde révolutionnaire et le nombre infini d’expropriés exproprie la minorité d’expropriateurs.
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Texte publié par Luis Britto Garcia (version en espagnol ici)
Traduit par R.V.

17 juil. 2009

Tegucigolpes


Tout coup d'Etat résulte d'une accumulation d'impacts qui n'ont pas été conjurés à temps:

Coup d'Etat économique

Le Honduras exporte chaque année des biens pour une valeur de 6 236 millions de dollars; 67,2% vers les Etats-Unis; 4,9% vers le Salvador, 3,9% vers le Guatemala. Le Honduras importe des biens pour 10 200 millions de dollars, 52,4% provenant des Etats-Unis, 7,1% du Guatemala, 5,2% du Salvador. Les remesas (argent envoyé par les émigrés honduriens vivant dans d'autres pays) des émigrés rapportent quasiment 30% des revenus en devises; le taux de chômage est de 27%. La majorité des terres et des industries et fabriques appartiennent à un petit nombre de familles et de transnationales. Cette économie a une balance commerciale négative pour quasiment 4 milliards de dollars chaque année et une dette publique représentant 21% de son Produit Intérieur Brut. Les bénéficiaires de cette structure s'opposent à tout changement à travers la force et la tromperie. La dépendance économique entraine la dépendance politique.

Coup d'Etat médiatique

Au Honduras la quasi-totalité des medias est privatisée; la majorité soutient le coup d'Etat, occulte ce qui se passe, cache les gigantesques mobilisations populaires en faveur de Zelaya, magnifie l'infime appui aux usurpateurs, appelle à la reconnaissance et à l'obéissance envers les putschistes, divulgue des mensonges et cache des vérités en accord avec les transnationales de l'information. La dictature médiatique conduit la politique.

Coup d'Etat Stratégique

Le plan Puebla-Panama projette de convertir l'Amérique Centrale en un couloir stratégique entre les Etats-Unis, son allié commercial le Mexique et la Colombie, tête de pont de l'intervention étasunienne en Amérique du Sud. Ses proies sont les réserves d'hydrocarbures vénézuéliennes et les eaux et la biodiversité de l'Amazonie. Les victoires électorales progressistes au Nicaragua, Salvador et Honduras ont coupé cette autoroute de l'interventionnisme. L'hégémonie des Etats-Unis en Amérique dépend de la subjugation de l'Amérique Centrale; notre survie de son indépendance. La géopolitique détermine la politique.

Coup d'Etat de bases

A 97km de Tegucigalpa opère la base militaire étasunienne de Soto Cano ou Palmarola, avec un millier d'effectif et les équipements d'espionnage et d'intervention les plus avancés. Son commandant, le colonel Richard A. Juergen, exerça en tant que Directeur des Opérations Spéciales pendant l’enlèvement de Jean Bertrand Aristide à Haïti, antécédent évident du rapt de Zelata, qui s'apprêtait à exiger le retrait des étasuniens de Soto Cano afin de la convertir en aéroport international. Tolérer l'occupation par des enclaves militaires ou paramilitaires c'est tolérer un coup d'Etat en attente qui se matérialise à la moindre désobéissance. Accepter l'occupation militaire c'est permettre la dictature militaire.

Coup d'Etat interventionniste

Alors qu'il était l'ambassadeur des Etats-Unis au Honduras, John Negroponte coordinat avec les fonds du narcotrafic de l' « IRANGATE », l'agression paramilitaire depuis le Costa Rica et le Salvador vers le Nicaragua. Il installa aussi des agences étasuniennes comme la NED, la USAID y el Instituto Republicano Internacional (IRI), organe interventionniste du Parti Républicain qui a préparé le Coup d'Etat d'Avril 2002 au Venezuela et la déposition de Jean Bertrand Aristide à Haïti. Ces agences opèrent librement, et ont intensifié le financement et l'organisation des opposants pendants les mois précédents l’enlèvement de Zelaya. Ainsi, Negroponte consolida les liens entre l'armée du Honduras et l'Académie de répression subversive connue sous le nom d'École des Amériques. Cette de cette école que sortent le Commandant des forces armées, le général Romeo Vásques, et le commandant de l'aviation, le Général Luis Javier Prince Suazo. L'actuel ambassadeur des Etats-Unis, Hugo Llorens, a publié le 4 Juin dans le journal de droite "La prensa" un article qui appelait à s'opposer à toute réforme constitutionnelle, affirmant que :"On ne peut pas violer la Constitution pour créer une nouvelle Constitution, car si il n'y a pas de Constitution c'est la loi de la jungle". Après avoir donné ces instructions, il se réunit au moins 3 fois avec les secteurs civils et militaires qui préparaient l'usurpation. Selon José Vicente Rangel, tôt le matin du dimanche 28 juin les fonctionnaires du Département d'Etat James Steimberg et Tom Shannon ont contacté la base militaire de Palmarola et l'ambassadeur Llorens pour les avertir du Coup d'Etat, et ceux ci n'ont pas averti Zelaya et sont toujours au Honduras, preuve que les Etats-Unis maintiennent une aide économique et militaire aux putchistes. Tolérer l'ingérence d'étrangers c'est accepter un Coup d'Etat militaire.

Coup d'Etat contre l'OEA (Organisation des Etats Américains)

Revitalisée par la levée des sanctions contre Cuba, l'OEA fait face, avec le putsch du Honduras, à une opportunité et un défi. La rapide réunion de l'Assemblée Générale, la condamnation unanime du Coup d'Etat donnent un second souffle à l'organisation épuisée. Cependant, on peut avoir des doutes quand à l'efficacité des moyens mis en place pour rétablir la démocratie. Si le Coup d’Etat se consolide, l'OEA ajoutera à ses multiples défauts l'évidence de son inutilité. Qu'une insignifiante bande de crapules se retire de l'OEA, manque de respect au Président de son Assemblé Générale, ferme l'aéroport aux Chefs d’Etats latino-américains élus et dresse un mandat d'arrêt contre le président légitime Zelaya est un coup mortel contre une organisation bonne à avaliser des infamies dans le passé et incapable de les restituer dans le présent. Son inefficacité légitimisme la création d'un organisme latino-américain et caribéen sans la présence des Etats-Unis et le renforcement du Conseil de Défense de l'UNASUR.

Coup d'Etat contre l'ALBA (Alternative Bolivarienne Pour les Amériques)

Le coup d'Etat contre le Honduras est un coup d'Etat contre l'ALBA. Les putschistes et leurs alliés veulent montrer aux pays de l'Alliance Bolivarienne qu'ils sont vulnérables, qu’appartenir à cette organisation ne les met pas à l'abri contre les interventions et, au contraire, les met dans une situation de cibles privilégiées. Les putschistes et leurs médias font plus de déclarations contre Chavez que contre Zelaya. Quand le Honduras brule, défend ton pays.

Coup d'Etat contre la voie pacifique

Le Coup d'Etat confirme la validité d'une règle invariable : la minorité privilégiée accepte la majorité démocratique seulement quand cela la favorise ou lui facilite les choses. Au fond, son seul argument est la force brute. Face à cela se pose la question de la réévaluation de la voie pacifique du socialisme. Le mouvement populaire peut-il continuer à employer des moyens pacifiques quand la réponse est la force brute? Les mouvements populaires doivent-ils déposer les armes pendant que leurs ennemis les brandissent? Ceux qui ne résistent pas à la violence illégitime la renforcent.
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Texte de Luis Britto Garcia
version en espagnol ici
Traduction par R.V.

12 juil. 2009

Art et crime


1

Honoré de Balzac proclamait qu’au commencement de toute grande fortune il y a un crime. C’est aussi le cas au commencement de toute esthétique. Fripouille et voyous ont été sujets des arts par excellence. Plus Samson ou Achille éliminaient leurs prochains, plus jolies étaient les statues. Les mythologies sont un manuel de tous les délits que l’on pouvait commettre avec les armes de l’Âge de Bronze. Je ne parle même pas des Livres Sacrés, car ils dépassent la moyenne de faits punissables par page. La seule façon pour que les assassins ne traitent pas l’art comme un délit, c’est d’élever le délit à la catégorie d’art.

2

Plus grand est le génocide, plus émouvant est l’art qui le célèbre. En matière de crime, la quantité est synonyme de qualité. A travers le gaspillage la crapule montre que ce qu’il dilapide ne lui a pas couté de travail. Les Pyramides, la muraille de Chine, sont des expositions permanentes de travail volé. Le Colysée, fausse commune où des milliers de malheureux s’égorgeaient pour la joie de millions de parasites. Le mortier des grandes œuvres architecturales est le sang de ceux qui les ont érigé. Quand le Taj Mahal fut terminé, on arracha les yeux de l’architecte afin qu’il ne puisse pas créer une œuvre comparable. Ce fut peut-être pieux, si l’on tient compte des morts qu’aurait couté la réplique. Plus de 5 millions d’indigènes ont péri dans les nid-de-poule du Potosí pour financer la splendeur de l’Europe. Pas même l’utilité n’excuse l’hécatombe. Le canal de Suez est la sépulture de centaines de milliers d’esclaves ; celui de Panama de millions d’ouvriers. Les grands musées sont des exhibitions de butins pillés à d’autres cultures.

3

S’il y a des doutes quand au caractère rationnel de l’esthétique, il suffit de contempler son adhésion adulatoire au Pouvoir en place. Les pétroglyphes et les peintures rupestres représentent des humanités anonymes. L’assassinat de masse et le portrait de son auteur sont inventés en même temps, et l’importance de chacun est en général équivalente. Comme preuve, la glorification du hors la loi comme conquistador de l’Araucanie, l’évocation du pirate comme un aventurier vaurien dans l’Ile au Trésor et comme bouffon dans Peter Pan. Au temps des nations barbares, les fripouilles avaient l’habitude de porter tout leur butin sur eux, au cas où il devait partir en courant. C’est de là que vient la surcharge de décoration des lignages et noblesses. La quincaillerie des costumes des oligarques disparu à peine face a la détestable sobriété du milieu du 19éme siècle, quand, face au pillage généralisé, il était plus prudent de cacher ses actifs à la banque, ou ils ne tardaient pas à disparaitre entre les mains de la plus dangereuse crapule connue, le banquier.
4
Proudhon postule que la propriété est un vol. Toute irrésistible ascension économique est suspecte. Ni l’argent ni le pus n’apparaissent seuls : les 2 se manifestent à partir d’une infection. Par conséquent, le bandit tend à passer pour un héros au sein d’une société de voleurs. Les exploits supposés de Jesse James, Billy The Kid, Doc Holiday, Billy Wild Hickock et Pat Garret sont célébrés par la même presse qui exaltait le pillage de la moitié du territoire mexicain, l’invasion de Cuba, l’annexion de Puerto Rico et des Philippines et l’occupation de Panama et de la Colombie. Scott Fitzgeral sublima dans « Gatsby le magnifique » la tragédie du Gangster qui, après avoir extorqué l’argent des malheureux, est interrompu par une balle alors qu’il essayait de l’utiliser pour s’acheter un statu. Ce rêve littéraire devient réalité avec la consécration du glamour Kennedy, quand les tueurs prennent d’assaut publiquement la Maison Blanche et l’occupent jusqu'à ce que la précision des balles d’un ou plusieurs collègues impose l’ordre du secret. Le vieux Joe Kennedy, parrain de la bande, fut un gangster notoire enrichi par la contrebande de liqueur, industrie honorable dont il lava les intérêts libres d’impôts dans la deuxième moins honorable industrie du monde, le commerce cinématographique, et investit dans l’achat d’un poste d’ambassadeur en Angleterre, d’où il pu promouvoir avec plus de liberté son idéologie fasciste et la carrière politique de son fils John.
5
La campagne électorale de John Kennedy est impulsée par le « Rat Pack » : Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr. y Jerry Lewis, groupe de protégés de Las Vegas (Disneyland du mafieux) qui couronne la réduction d’une lutte électorale a l’idéologie du night-club. Une fois au pouvoir, Jack bat les records de banditisme à grande échelle en essayant d’attaquer Cuba avec un gang de mercenaires et de crapules à son solde. Une fois ces mercenaires vaincus, et selon la mentalité des casinos de Las Vegas, l’annihilation de l’humanité se joue sur une seule carte lors de la dénommée Crise des Fusées. Vaincu de nouveau lors de cette crise, il laisse comme héritage impérissable à son pays la Guerre du Vietnam, dans laquelle ce n’est pas lui qui sort vaincu, mais les Etats-Unis. Cette histoire d’amour et de douleur est interrompue de façon prévisible lorsqu’une balle en finit du protagoniste et une autre encore plus précise tirée par le mafieux Jack Ruby scelle les lèvres du témoin clef : drame représentatif d’un pays ou les bandits font et défont les présidents et les styles esthétiques.

6

Ainsi, de la même façon que David Rockefeller a détruit une peinture murale de Diego Rivera pour son excès d’idéologie et a promu l’expressionisme abstrait pour son manque de celle-ci, les malfaiteurs les plus notoires des Etats-Unis font de Las Vegas une raison d’Etat. Ainsi, de la même façon que le cowboy Reagan négocie des drogues pour attaquer l’Iran et le Nicaragua, Clinton convertie la Maison Blanche en gymnase du harcèlement sexuel et Bush père et fils en garderie de banquiers voleurs de pays. Le style Casino, l’éblouissement pour les Cadillac noires, les paillettes, les annonces lumineuses, le chrome, le petit déjeuner livré dans la chambre avec les blondes platines, les casinos gérés comme des Bourses de Valeurs et les Bourses de Valeurs gerées comme des tripots, les centres commerciaux, les gouvernements commerciaux, le meurtre chic, la faux marbre, les villes avec plus de casinos que d’universités, ou chaque centimètre des rues et des écrans est envahis par la publicité, les gouvernement convertis en tripots et les tripots élevés au rang de gouvernements sont la vitrine évidente de la dictature du crime organise. A la différence de l’art légitime, l’art-narco n’attire pas l’attention pour ce qu’il est, mais en interférant avec la perception d’autres choses agréables. La légitimation des capitaux est parallèle à la légitimation de l’esthétique de par son obstination à cacher la provenance des signes qu’il exhibe. C’est cela que doit détruire une Révolution et un Art Révolutionnaire. Le pouvoir de l’esthétique contre l’esthétique du Pouvoir.



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Photo et texte: Luis Britto Garcia
Traduction: R.V.
Article original : ici

5 juil. 2009

Coups d'Etats possibles




SCENARIOS IMAGINATIFS POUR PAYS IMAGINAIRES

. Le Tribunal Suprême décide que les controverses sur des contrats d'intérêt public de la République peuvent être résolues selon des lois étrangères et par des tribunaux ou arbitres étrangers; la mafia des transnationales demande devant les arbitres étrangers l'embargo de tous les biens de la République, et la République se retrouve sans biens.

. Le Tribunal Suprême décide que les traités internationaux sur les Droits de l'Homme ont un caractère supranational et que les controverses les concernant peuvent être résolues par des tribunaux étrangers, et un juge étranger destitue le Président pour n'avoir pas pu éviter qu'un passant donne un coup imaginaire à un journaliste de l'opposition.

. Le Tribunal Suprême décide que les Traités contre la Double Imposition, selon lesquels les entreprises et citoyens étrangers ne payent pas d’impôts dans le pays, sont valides, et le peu de citoyens et d’entreprises qui sont toujours nationaux acquièrent la nationalité étrangère pour ne pas payer d’impôts et la République est annihilée, victime de la première évasion fiscale totale.

.Les mafias qui construisent des bingos et des casinos veulent décider, comme dans une République Sœur, qui peut être candidat et qui ne peut pas l’être, et finit par décider, comme aux Etats-Unis, qui devient Président.

. Les mafias qui construisent des bingos et des casinos installent des machines dans les magasins jusqu’à ce que les enfants dépensent en elles tout l’argent des courses, apprennent à jouer avant de lire, à parier avant de compter, à jouer à la roulette avant de voter.

. Les mafias qui installent des casinos dans les bâtiments de l’Armée utilisent les mêmes influences pour en installer dans les hôpitaux, les jardins d’enfants, les écoles, les universités, les églises, les édifices du Pouvoir Public.

. Les paramilitaires continuent à traverser les frontières sans que les autorités ne bougent le petit doigt jusqu’au moment où les autorités ne peuvent plus bouger le petit doigt sans la permission des paramilitaires.

. Les paramilitaires remplacent la pègre et la pègre remplace les gens décents.

. Les mêmes députés qui ont approuvé une loi qui voulait privatiser les rivières et les lacs, approuvent une autre loi qui privatise le vote et les ressources naturelles.

. Grâce à la double nationalité, toute l’Armée, excepté le Ministre de la Défense, finit par être composée de personnes qui ont une autre nationalité et qui remettent la République à son autre pays.


. A cause de la double nationalité, tout le corps diplomatique, à l’exception du Chancelier, finit par être composé par des personnes qui ont une autre nationalité, lesquelles cèdent la République à leur autre pays.

. En vertu de la double nationalité, la majorité de la population des régions frontalières finit par avoir la nationalité d’un autre pays et finit par rendre les régions frontalières à son autre pays.

. En raison de la double nationalité la majorité du Pouvoir Législatif finit par avoir la nationalité d’un autre pays et légifère pour dissoudre le pays et remettre ses reste à son autre pays.

. En conséquence de la double nationalité, chaque fois qu’un citoyen est accusé d’avoir porté atteinte à la souveraineté, il prétend être citoyen de l’autre pays où cela ne constitue pas un délit.

. Une partie de la population prétend être un peuple distinct, avec des pouvoirs autonomes et un territoire propre où il exerce le pouvoir exclusif sur les ressources naturelles. Les autorités l’acceptent et se retrouvent sans peuple, sans territoire, sans pouvoir et sans ressources.

. Par inertie des autorités éducatives, des matières comme l’Histoire et la Géographie, qui permettent de connaitre le passé, sont exclues des programmes, en conséquence de quoi on ne connait pas le présent et l’on finit par ignorer le futur.

. Pour conjurer un coup d’Etat on appelle la Force Internationale qui occupe le pays, jusqu’à ce que le pays comprenne que le vrai coup d’Etat est réalisé par la Force Internationale qui le tient occupé.

. Les moyens de communications proclament qu’il y a eu un changement de gouvernement et, comme le gouvernement n’applique pas les lois qui obligent les medias à dire la vérité, personne ne se rend compte qu’il n’y a pas eu de changement de gouvernement.

. Du fait que les autorités n’appliquent pas les lois sur les télécommunications, les médias criblent les écrans d’interruptions publicitaires, de publicité par insertion, de logos, d’ encadrés et d’effets visuels, jusqu'à ce que ces interférences remplacent le contenu et que l’audience comprenne que les véritables autorités ne sont pas celles qui n’appliquent pas les lois, mais celles qui les violent impunément.

. La transnationale qui a duré 5 jours pour obtenir l’autorisation de diffuser de la publicité pour alcool à la télévision, obtient en 5 minutes la licence pour diffuser à la télévision de la publicité pour des drogues psychotropes et des stupéfiants, grâce à quoi la moitié de la population meurt de cirrhose et l’autre moitié d’addiction.

. L’absence de réforme de l’Etat entraine que, au lieu d’un Coup d’Etat, l’Etat arrete de fonctionner d’un coup.

. Les fonctionnaires réussissent à ce que tous les citoyens soient dans des files d’attentes pour réaliser des formalités qui n’en finissent jamais, et personne n’est là pour défendre le pays contre le Coup d’Etat.

. Le même fonctionnaire qui décida que les actes de naissance, les cartes d’identité, les actes de propriété, les permis de conduire et tous les documents expirent au bout d’un certain temps et qu’il faut les renouveler sur une page web qui n’ouvre jamais, invente que la nomination du Président expire chaque mois, et envoie une notification seulement après péremption.

. Les contre-révolutionnaires se déguisent en révolutionnaires et crient des consignes, et parlent en tapant, et s’infiltrent sans avoir besoin de Coup d’Etat, jusqu’à ce qu’ils dominent d’un coup tout l’appareil d’Etat.

. La corruption augmente jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une minorité honnête qui est envoyée en prison afin de ne pas perturber le commerce.

. La CIA convainc les hauts fonctionnaires que, avant de résoudre les problèmes, il est préférable de les occulter.

. La médiocrité est élevée au rang de mérite et tout est terminé.


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texte de Luis Britto Garcia
Traduit par R.V.
pour voir l'article original cliquez ici

28 juin 2009

Le Tribunal Suprême de Justice blesse la Souveraineté

(vous pouvez lire le Rappel des faits)
"Nous avons perdu le droit à être jugés selon nos lois, les commissions d'arbitrage étrangères n'ont jamais favorisé notre pays." remarquait l'écrivain et avocat Luis Britto García.

Entretien réalisé par Carlos Díaz pour le journal LA RAZÓN, le 14-06-2009

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La Cour Constitutionnelle du Tribunal Suprême de Justice a rejeté la demande d'interpréter l'article 151 de la Constitution bolivarienne, où il est établit que les controverses générées dans des contrats d'intérêt public devront être solutionnés dans un tribunal vénézuélien, et qui a été présentée par l'ancien ambassadeur du Venezuela à l'ONU, Fermín Toro Jiménez, et par l'avocat et écrivain Luis Britto García, entre autres. A ce propos, Britto García affirme, dans un entretien avec LA RAZÓN, que cette sentence a comme intention "ni plus ni moins que de détruire la souveraineté du Venezuela":

- La souveraineté comprend le pouvoir absolu et perpétuel de la République de fixer ses propres lois, les appliquer avec sa propre autorité et solutionner les controverses la concernant avec ses propres lois et tribunaux.

- Ces principes sont inhérents à la notion même de souveraineté, et depuis que en 1868, l'internationaliste argentin Carlos Calvo, indigné par l'invasion de la France et de l'Angleterre au Mexique soutenait que: 1) Les Etats ne peuvent pas intervenir dans les affaires d'autres Etats, en vertu du principe d'égalité entre nations 2) les étrangers ne peuvent pas avoir plus de droits et de privilèges que les nationaux, 3) les entreprises et citoyens étrangers doivent solutionner leurs controverses devant les tribunaux internes au territoire de l'Etat dans lequel ils sont établis.

- Des pays comme la Bolivie, le Honduras et le Venezuela ont inclut dans leurs constitutions et leur législation la "Clause Calvo", qui oblige les investisseurs étrangers à résoudre les controverses sur leurs contrats avec des organismes publics uniquement et exclusivement dans les tribunaux des Etats récepteurs et en accord avec leurs lois. Au Venezuela nous avons inclut explicitement ce principe dans la Constitution depuis 1893, dans l'article 149 qui dit que: "Aucun contrat d'intérêt public célébré par le Gouvernement National ou Régional ne pourra être cédé, totalement ou en partie, à des gouvernements étrangers". Pour tout les contrats d'intérêt public il faudra respecter la clause selon laquelle: "Les doutes et controverses de toute nature qui pourraient être suscitées sur son exécution seront décidées par les tribunaux vénézuéliens et conformément aux lois de la République, sans que ces contrats puissent être, en aucun cas, motif de réclamations internationales."

Avec ce jugement, l'Etat Vénézuélien se retrouve-t-il désavantagé face aux grandes transnationales dans les tribunaux étrangers?

Bien sur. Tout d'abord, il perd le droit â être jugé selon nos propres lois. Deuxièmement, il perd le droit à être jugé par ses propres tribunaux. Troisièmement, il doit mettre en place de complexes et couteux mécanismes de défense sur des territoires étrangers, ou confier ses intérêts à des cabinets de mercenaires. Et, enfin, les arbitrages étrangers n'ont pratiquement jamais favorisé notre pays, et d'une manière générale ils prennent des décisions contre les pays en voie de développement et en faveur des transnationales.

GRAND NOMBRE D'ACTIONS EN JUSTICE

La cour constitutionnelle répond-elle, avec cette sentence, aux intérêts des transnationales au lieu de défendre les intérêts et la souveraineté du pays?

Jugez par vous même. Cela convient aux transnationales d'être immunisées contre les lois et tribunaux des pays où elles obtiennent leurs dividendes, et avec cette sentence elles l’obtiennent. Nous sommes exposés à ce que, à n'importe quel moment, Exxon ou une conspiration de transnationales nous crible d'actions en justice devant les tribunaux ou les commissions d'arbitrage étrangères et que nous terminions condamnés de manière indigne par ces juridictions. Exxon a déjà tenté d'imposer un embargo sur nos réserves internationales. Le Tribunal Suprême de Justice a mis en leurs mains l'instrument pour nous ruiner.

Cela pourrait-il annihiler la souveraineté législative et juridictionnelle du Venezuela?

Lamentablement oui. A partir de maintenant il est inutile que le Venezuela légifère pour défendre ses intérêts, parce que les controverses sur ses contrats d'intérêt public pourront être décidées en accord avec des lois étrangères, ou selon l'avis d'une commission arbitrale. Il est aussi inutile d'avoir des tribunaux, parce que les décisions les plus importantes relatives aux intérêts publics seront prises par des organismes étrangers.

Comment expliquez vous que le TJS (Tribunal Suprême de Justice) rejette le recours en justice en considérant que les appelants n'ont pas "la qualité ni les intérêts" pour cet objet?

Chaque citoyen a la qualité et l'intérêt en ce qui concerne les matières d'intérêt public de son propre pays. Fermín Toro Jiménez et moi les avons, comme le prouve le fait que nous ayons tenté de défendre la souveraineté du Venezuela sur tous les terrains. Ceux qui paraissent n'avoir pas l'intérêt ni la qualité c'est le TJS.

LA COUR CONSTITUTIONNELLE A RENIÉ LA SOUVERAINETÉ

Cette sentence constitue-t-elle un recul en matière de souveraineté?

Simón Bolivar et Cipriano Castro ont du trembler dans leurs tombes. Imaginez que l'on ai dit a Bolívar que les controverses sur les contrats d'intérêt public de la Grande-Colombie auraient pu être résolus par une Cour Espagnole. On dirait que certains compatriotes ne sont pas au courant que nous avons gagné la bataille de Carabobo.

En quoi diffèrent les critères de la Cour Constitutionnelle et ceux de la Quatrième République, en matière de Souveraineté?

En rien. Mais même la Quatrième République n'avait pas osé renier la souveraineté du Venezuela en des termes si catégoriquement anticonstitutionnels.

BRÉSIL ET FAJA PETROLIFERA DEL ORINOCO

La remise de "Faja Petrolífera del Orinoco" au Brésil signifie-t-elle la vente du futur de la Nation et le renoncement à la Souveraineté Nationale?

"Faja Petrolífera del Orinoco" ne peut pas être remise au Brésil ni à aucun autre pays parce que le sous-sol appartient de façon inaliénable à la République du Venezuela.

Cette décision de l'Executif et de son homologue du Brésil a-t-elle une relation avec l'action en justice que vous avez présenté devant le TSJ avec Fermín Toro Jiménez et qui a été rejetée postérieurement?

Je l'ignore. Mais, si une transnationale soutient devant un tribunal étranger que le sous-sol vénézuélien lui appartient, et que ce tribunal ou commission d'arbitrage lui donne raison, selon le critère du TSJ nous devrons lui rendre notre sous-sol. Je veux dire, si 30 millions de vénézuéliens acceptons de lui céder.

Que pensez-vous de la décision de l'OEA (Organisation des Etats Américains) de lever la sanction de Cuba et permettre sa réincorporation?

Enfin l'OEA annule une décision honteuse, anachronique et qui témoigne sa servitude aux Etats-Unis. Cette décision pourrait donner un second souffle à l'OEA, qui est en train d'être remplacé par l'UNASUR.

RÉCLAMATIONS ÉTRANGÈRES

Les transnationales ne sont-elles pas obligées de savoir que ce type de contrat viole la Constitution et la Souveraineté Nationale?

Pour éviter que l'on prétexte la méconnaissance, depuis plus d'un siècle nos Constitutions, celle de 1999 inclue, stipulent que dans ces contrats "une clause selon laquelle les doutes et controverses qui ne pourraient pas être réglées à l'amiable par les parties seront décidées par les tribunaux compétents de la République, en conformité avec ses lois, sans que pour aucun motif il puisse être à l'origine d'une réclamation étrangère." L'ignorance de la loi n'excuse pas son non accomplissement, et encore moins la supposée méconnaissance de la Constitution.

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Traduction de R.V.
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