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13 nov. 2011

Entre assassins tu te vois




1

Dans le documentaire d’Errol Morris “The Fog of War”, Robert McNamara, ancien Secrétaire de la défense des Etats-Unis, confessait que « si nous avions perdu, nous aurions tous été jugés comme criminels de guerre ». Noam Chomsky propose un tel jugement pour tous les présidents étasuniens. Il n’exagère pas : le document du gouvernement des Etats Unis daté de 1960 Selective Assassination as an Instrument of Foreign Policy, ISBN 1-58160-296-0 consacre l’assassinat comme un instrument de la politique extérieure. Lawrence Davidson témoigne que, pendant la guerre du Vietnam, le programme Phoenix de la CIA a assassiné de sang froid 23 369 présumés membres du Vietcong. Ce chiffre est dépassé par l’hécatombe de plus de 500 000 communistes en 1965 en Indonésie, selon les listes préparées par la CIA et utilisées par des militaires entrainés aux Etats-Unis. Obama proclame que le génocide en Libye est « le modèle des relations internationales ».
Cantinflas demanderait : Parlons-nous comme des gentlemen, ou comme ce que nous sommes ? Nous vivons l’impérialisme humanitaire, c’est á dire les masques qui tombent.

2

La boucherie contre des victimes sans défense ou des prisonniers désarmés est-elle un hasard ou une exception ? L’Empire ne connait pas d’autre politique. En notre Amérique, il est impossible d’oublier les assassinats de Benjamín Zeledón, Francisco Madero, Emiliano Zapata, Pancho Villa, César Augusto Sandino, Julio Antonio Mella, Fabricio Ojeda, Alberto Lovera, Jorge Rodríguez, el Che Guevara, Salvador Allende, Oswaldo Letellier, Arnulfo Romero, le pere Ignacio Ellacuría, Francisco Caamaño Deñó, Manuel Reyes, du Mono Jojoy, parmi des centaines de milliers qui viennent faire grossir les statistiques. Ajoutons-y prés de trois mille chiliens et 8 960 argentins, et plus de dix mille vénézuéliens et qui sait combien de centaines de milliers de péruviens et de colombiens et de guatémaltèques et de salvadoriens et d’honduriens exterminés par des gouvernements instruments de Washington. La boucherie s’est transnationalisée avec l’opération Condor, alliance entre les dictatures qui consacrait la diplomatie de l’assassinat. Le président équatorien Roldós et son homonyme du Panama Omar Torrijos périssent dans d’inexplicables accidents d’avion. Il y a eu plus de 900 tentatives d’assassinat contre Fidel ; et on ne sait combien contre Chavez. Rafael Correa y a échappé par miracle. Même les vieux laquais devenus inutiles ne sont pas á l’abri : la CIA connaissait tous les détails du complot contre Rafael Leonida Trujillo, et elle n’a pas bougé le petit doigt pour le sauver. La politique se mélange avec la mafia.

3

La machine á assassiner opère seulement dans l’arrière cour des Etats-Unis? Prions pour Patrice Lumumba. Prions pour Yasser Arafat, mort d’un « mystérieux désordre sanguin » que son conseiller Bassam Abu Sharif a qualifié d’overdose de thallium administré par le Mossad. Lawrence Davidson crédite aussi le Mossad de l’assassinat en série de scientifiques iraniens qui travaillent á l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. Rappelons-nous de Milosevic, mort mystérieusement au début du jugement auquel l’ont soumis ceux qui ont détruit son pays. Une nouvelle arme de lâche, l’avion sans pilote, en aurait terminé avec Oussama Ben Laden. D’innombrables innocents meurent de la même façon quotidiennement au Pakistan. L’assassinat, guerre individualisée, se confond avec la guerre, assassinat á grande échelle.

4

Les Etats nationaux ont surgi avec le remplacement des armées de mercenaires par des armées de volontaires ; les empires périront par le remplacement de leurs volontaires par des mercenaires. Rome a remplacé ses milices de citoyens par des barbares á solde, et les barbares ont pris Rome des qu’on cessa de les payer. Les Etats-Unis louent pour leurs larcins des marginaux qui se vendent pour de la nourriture ou des immigrants qui le font en échange d’une carte de citoyenneté. Le service militaire obligatoire a disparu dans la majorité des pays européens : on tue pour l’argent. Mais l’argent tue. Des pays militairement occupés servent seulement de bases pour occuper militairement d’autres pays. La tentative de privatisation de la vie se termine en privatisation de la mort. Les milices informelles qui prétendent servir l’Etat formel le convertissent en leur instrument. Les assassins achetés par la police achètent les politiciens. L’assassinat devient la seule loi. Qui tue pour le sicaire, meurt pour le sicaire. Le paramilitaire est le véritable visage de l’empire.

5

Est-il donc étonnant que 20 000 attaques aériennes avec des bombes et des projectiles téléguidés assassinent plus de 50 000 victimes sans défense dans un pays auquel on n’a pas déclaré la guerre ? Qu’une foule de chasseurs de primes lynche un prisonnier qui agonise terrassé par un bombardement ? Qu’ainsi s’achève une chaine d’attentats qui a commencé par le bombardement, en temps de paix, de sa résidence, et qui a éliminé systématiquement les membres de sa famille ? Qu’une secrétaire d’Etat se vante en disant ; « Nous sommes venu, nous avons vu, il est mort? Un pays qui en 2011 dépense 708 milliards de dollars en armement, soit plus de la moitié des dépenses de guerre mondiales, peut-il faire autre chose ?
Dispose-t-il d’autres moyens pour payer sa dette publique qui dépasse 102% de son Produit Intérieur Brut ? Existe-t-il d’autres ressources pour un empire qui produit seulement des fraudes financières ? Un système de génocides peut-il exercer une industrie autre que celle du pillage ? Y a-t-il de la place dans son esprit pour autre chose que la destruction de la Bibliothèque de Babylone, ou l’actuel larcin des Trésors archéologiques de Bengazi ou de la Banque Nationale du Commerce Lycienne ? L’assassinat c’est l’économie, la politique, la diplomatie, la culture, la religion de l’Empire. C’est ainsi qu’ils mettent sur pied la rébellion qui les fera gouter leur propre traitement.

Le siècle d’Hérode n’est pas terminé

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article original ici

7 août 2011

Émancipation et Révolution Mondiale





Le monde se “décolonise”

Le monde avance entre les commotions imposées par les chaines de l’exploitation et les secousses qui les rompent.
Les indépendances sont des ruptures de liens avec l’exploiteur international; les révolutions des annihilations d’ordres imposés par les exploiteurs internes et leurs alliés transnationales.
Les émancipations et les révolutions sont les fissures qui cassent la machination de l’exploitation de l’homme par l’homme : toute indépendance aspire á devenir Révolution.

Je souligne toujours que la Conquête de l’Amérique fut le plus grand processus de colonisation de l’Histoire.
Avec les richesses spoliées, l’hégémonie de l’Espagne s’est maintenue pendant 2 siècles, et ensuite celle de l’Europe sur le monde jusqu’á la fin du 19eme siècle.
L’indépendance de l’Amérique fut donc le plus grand processus de décolonisation du monde.

Le second grand processus de décolonisation a eu lieu au 20e siècle, avec l’émancipation politique massive, et en partie révolutionnaire, des Etats en Asie, Afrique et Europe.

Le troisième grand processus émancipatoire et révolutionnaire de l’Histoire débute aujourd’hui, il comprend la planète entière et affecte même les puissances jusque là hégémoniques.

Les conditions murissent

Durant ces 3 grands processus libérateurs les mêmes conditions sont réunies :

1) Affaiblissement conjoncturel des puissances impériales du á une perte d’hégémonie ou á des luttes entre elles
2) On impose de force des éléments ou pratiques de la modernité á des pays ou des strates sociales dominées
3) Préservation ou création, au sein des pays ou strates soumises, de cultures avec un haut grade de dissonance envers les puissances hégémoniques.
4) Mobilisations massives de clases ou secteurs sociaux populaires des peuples soumis, contre l’exploitation et en défense des spécificités culturelles.

Toutes et chacune de ces conditions s’intensifient dans le monde contemporain :

1)Les puissances impériales perdent leur hégémonie á cause de l’effondrement du capitalisme, qui leur impose des dettes publiques impayables, les fait revenir en arrière sur les conquêtes sociales de leurs citoyens, fait augmenter l’inflation, les impôts et la motorisation de l’économie a travers une industrie de l’armement qui débouche sur des guerres impossibles á gagner.

2)L’imposition forcée d’éléments de la modernité par les puissances hégémoniques aux pays du Tiers Monde qui dérive en une modernisation difforme et une dépendance économique, des échanges inégaux, une destruction écologique et un appauvrissement massif de populations a qui on a détruit leurs moyens et formes traditionnelles de vie sans leur offrir d’insertion sure ni rémunératrice dans le système capitaliste.

3)Le Tiers Monde, malgré la pénétration culturelle ubiquiste, préserve et crée des éléments culturels qui évitent que l’immense majorité de la population du globe s’identifie avec les valeurs et codes de la modernisation impériale.

4)Les classes et les peuples soumis sont aujourd’hui protagonistes de la plus grande mobilisation qui ait existé dans l’Histoire contre l’exploitation et en défense de leurs cultures

Ainsi, la majorité des pays d’Amérique Latine et des Caraïbes optent démocratiquement pour des gouvernements progressistes; le monde islamique est un déchainement de mouvements contre les impositions impériales et les gouvernements qui y sont soumis ; les puissances émergentes montrent des signaux clairs d’indépendances vis á vis du G7.

Mais, même dans les pays du bloc hégémonique comme l’Angleterre, l’Italie, la France, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Islande, d’innombrables mobilisations sociales surgissent, contre les politiques qui font peser tout le poids de l’effondrement financier sur les épaules des travailleurs, au moment même où de graves indices d’affolement social surgissent aux Etats-Unis

Comme s’il n’y avait pas suffisamment de détonateurs pour cette vertigineuse situation, une crise alimentaire due au changement climatique et á la spéculation financière des monopoles agricoles multiplie entre 3 et 5 le prix des aliments de base et place l’humanité dans une situation périlleuse.

Examinons l’Histoire : la plus grande partie des mouvements révolutionnaires ont été lancés á cause d’une pénurie d’aliments, et elle qui se déroule aujourd’hui est globale.
Le système s’effondre : seule la Révolution mondiale évitera qu’elle emporte avec elle le reste de la planète.

Les empires contre-attaquent

Les empires menacés par la radicalisation des peuples en Amérique Latine, Asie, Afrique et même en Europe, font face en ayant recours á une ressource qui aggrave la situation : la multiplication d’agressions militaires dans des territoires toujours plus étendus et toujours plus éloignés.
Ces attaques intensifient les sentiments culturels et politiques de rejet des peuples envahis, et ont un cout énorme pour les agresseurs qui ont des caisses fiscales épuisées par la crise.

Les empires font faillite

Les pays jusque là hégémoniques sont en faillite. Selon le FMI, en 2011 la Dette Externe de la France sera équivalente á 99% de son Produit Intérieur Brut ; celle de l’Espagne 74%, 85% pour l’Allemagne, 130% pour l’Italie, 204% pour le Japon, 94% pour le Royaume Uni, 100% pour les Etats-Unis (World Economic Outlook; OECD, Economic Outlook).

Ce sont des passifs impayables, qui sont impossible d’annuler en dévaluant la monnaie ou en augmentant les impôts, et que les dirigeants tentent de financer en éliminant les avantages sociaux des travailleurs. Les Etats-Unis ont déclaré en Juin 2011 qu’ils sont sur le point de déclarer un moratoire de leur dette avec la Chine.
En Juillet il y a eu de complexes négociations pour sauver l’euro. Cela explique pourquoi tous les Etats en faillite s’attroupent pour piller les réserves monétaires et énergétiques de la Lybie. La déclaration de banqueroute fiscale des Etats-Unis entrainera avec elle l’écroulement de la devise non convertible que ce pays impose au reste du monde comme paiement de ses obligations. La même chose pourrait arriver avec un affaiblissement de l’euro, dont la santé n’est pas exemplaire.

Révisons donc l’Histoire Universelle : quasiment toutes les révolutions de l’Époque Moderne ont été précédées par des banqueroutes fiscales qui ont affaibli et quitté la légitimité des Etats et les ont obligé á solliciter des sacrifices impossibles et des consensus sociaux problématiques pour conjurer leur déficit. Ces pays en banqueroute faiblissent aussi à cause du déclin démographique : ils n’ont pas de consommateurs pour leurs produits, et pas de bras pour les produire non plus. En 2010 le monde compte 7,5 milliards d’habitants. Les Etats-Unis ont 313 millions d’habitants, toute l’Union Européenne 501 millions. Leurs taux de croissance de la population sont insignifiants. Plus des trois quart de l’augmentation totale de la population de l’UE est du a l’immigration. Leurs économies dépendent de cette immigration et de la tertiarisation de la force de travail á l’étranger, qui voient toutes les 2 leurs droits reniés.

En conséquence, l’armée de la première puissance impérialiste de la terre est conformée essentiellement par des mercenaires, recrutés en majorité dans les milieux marginaux exclus: afro-américains, hispanos et pauvres. Les bénéficiaires des politiques de l’Empire refusent de lutter pour lui. L’Empire Romain est tombé quand ses armées ont cessé d’être formées par des citoyens et ont commencé à dépendre de forces mercenaires. L’expérience pourrait être significative pour des puissances qui dépendent de plus en plus de l’agression militaire. La faillite fiscale et démographique des puissances jusque l’a dominantes n’implique pas qu’elles renonceront pacifiquement á leur hégémonie. C’est précisément dans un climat de banqueroute de l’Etat et de prolétarisation des clases moyennes qu’ont surgi les fascismes européens, pour essayer de reconquérir à travers la violence les positions perdues.

L’énergie fossile s’épuise

Enfin, le capitalisme en voie d’effondrement, avec son économie de consommation, du gaspillage et de la surcroissance du secteur des services, avec ses machines militaires et son système de concentration de la population dans des mégalopoles, se trouve aussi irréversiblement condamné par l’accélération et l’imminent épuisement des réserves d’énergie fossile qui le nourrissent. Plus de 90% de l’énergie que la planète consomme vient du pétrole et de ses dérivés ; les puissances hégémoniques ont très peu de réserves naturelles, et le plafond de production mondial a déjà été atteint. A partir de maintenant, l’exploitation pétrolifère et gazifière apportera seulement des rendements décroissants avant son épuisement dans un laps de temps qui pourrait être inférieur a 50 ans. Les Etats-Unis sont le plus grand consommateur d’hydrocarbures au monde, et ils dépensant actuellement les 600 milliards de dollars chaque année. Leur crise fiscale pourrait les empêcher de maintenir de telles dépenses.

Face á cela, les guerres de pillage des hydrocarbures, hors de prix, continuent et à la longue elles entraineront une confrontation de magnitude globale avec les autres puissances mondiales. Les pays impériaux peuvent pendant une courte période de temps renforcer et appliquer leur prépondérance technologique dans de tels conflits contre les pays moins développés, mais historiquement la sophistication tactique a échoué face a la résistance culturelle et politique populaire. C’est ce qui s’est passé dans les grands fiascos impériaux en Corée, Vietnam, Cuba, Algérie, Afghanistan, Irak, Somalie et dans l’agression actuelle contre la Lybie, qui était censée durer seulement quelques jours et que la résistance patriotique pourrait transformer en échec pour les Etats-Unis et ses satellites de l’OTAN.

Le Monde se libère


Les ressources scientifiques et technologiques existent afin de renverser cette monstrueuse machine et la transformer en une civilisation fondée sur la conservation de la nature, l’exploitation des énergies et ressources renouvelables et le recyclage des produits consommés. Mais, de la même façon que le système ne peut gagner ses guerres impériales car il ne comprend pas le fonctionnement social, économique et culturel des peuples qu’il envahit, il ne se comprend pas suffisamment non plus lui-même pour entreprendre les réformes culturelles, sociales et économiques qui le sauveraient. Paralysé dans son rôle de prédateur qui le condamne á chercher son propre avantage dans la ruine de tous, il est incapable de comprendre que la salvation de tous est la condition de sa propre survie. Jamais avant aujourd’hui, la menace nucléaire n’avait été si insuffisante pour garantir que les ploutocraties d’un insignifiant pourcentage de la population mondiale s’approprie des ressources et le fruit du travail du reste de l’humanité. La Troisième Révolution, une prodigieuse ère de changements et de mouvements rénovateurs, est en marche


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traduit par R.V. avec l'accord de LBG
Article original en espagnol: ici

19 févr. 2011

Le Venezuela et les objectifs du millénaire




Mieux vaut mesurer le bien-être des peuples avec des objectifs qu’avec des adjectifs. Lors du Sommet du Millénaire de l’an 2000, l’ONU a fixé les Objectifs de Développement du Millénaire, des objectifs concrets et quantifiables qui doivent être atteints par les gouvernements avant 2015. En 2008 le Venezuela avait déjà largement dépassé 6 d’entre eux. Vérifions-le.

1. ERRADIQUER LA PAUVRETE EXTREME ET LA FAIM


Le Produit Intérieur Brut de notre pays (PIB) en 1998 était l’équivalent de 42.066.487.000 bolivars actuels; en 2009 il a quasiment doublé en atteignant 56.022.729.000. Cela n’est pas arrivé par hasard: la lutte contre la privatisation de « Petróleos de Venezuela S.A » ainsi qu’une firme politique de défense des prix au sein de l’OPEP y ont contribué. Mais, encore plus important que le montant, voyons la façon dont il est appliqué. En 1998 seulement 8.4% du PIB était destiné aux dépenses sociales ; en 2008 ce chiffre est monté á 18.8%. Entre 2004 et 2010 PDVSA (Petróleos de Venezuela S.A) a apporté directement l’équivalent de 61 369 millions de dollars au développement social. En partie grâce a cela, la pauvreté extrême a diminué de 42,5% en 1995 à 9,4% en 2007, et la pauvreté relative de 50,5% à 33,7%. L’indice de Gini d’inégalités de revenus dans les foyers est descendu de 0,4865 en 1998 a 0,3928, ce qui fait du Venezuela le pays avec le plus bas indice d’inégalité de l’Amérique Latine capitaliste, et l’indice de Développement Humain des Nations Unies, qui en 1998 était de 0,691 est désormais de 0,878 ce qui nous situe dans le Rang des pays Hautement Développés. En 1998, chaque Vénézuélien consommait 400,56 kilos d’aliments par an ; en 2009 il en consomme 499,75, un cinquième supplémentaire. En 1998 chaque Vénézuélien disposait de 2 202 calories par jour ; en 2009 le chiffre est monté à 2 790, dépassant largement la moyenne de 2 200 calories qui sont consommées en Afrique, Asie et Amérique Latine. Le taux de chômage se situait à 11% en 1998 et il est descendu à 7,5% en 2009. Le salaire minimum en base 100 en 1998 a été quasiment multiplié par 12 pour arrivé a 1 224 en 2010, et si l’on ajoute les tickets de consommation on arrive a 2 199, soit 20 fois plus qu’en 1998. Malgré l’inflation persistante, ces améliorations sont des triomphes retentissants contre la pauvreté.

2. ATTEINDRE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE UNIVERSEL


A la fin du XXème siècle on projetait une privatisation du système éducatif qui l’aurait rendu inaccessible à la majorité des vénézuéliens. Mais les dépenses en éducation sont passé de 3% du PIB en cette époque a 5,4% en 2000 et 6,3% en 2008. Grace a la Mission Robinson, le Venezuela a alphabétisé 1 678 671 de personnes jusqu’en 2009 et a éradiqué l’analphabétisme. En 1990 seulement 39,96% des enfants allaient á l’école maternelle ; en 2008 c’est plus du double avec 84,8%. En 1998-1999 seulement 53,41% des enfants en âge d’aller á l’école recevaient une éducation initiale, en 2008 le chiffre atteint 84,8%. Non seulement l’éducation gratuite est garantie: en 2008 quelques 4 055 135 élèves du système d’Education Basique bénéficient du Programme d’Alimentation Scolaire, le doublé de 1999.
En 1988 seulement 18% des jeunes étaient inscrits dans le système éducatif, contre 42,37% en 2008. Lors de la dernière décennie le gouvernement a crée 15 nouvelles universités; le nombre d’inscrits a l’université a doublé passant de 894 418 en 2000 á 2 109 331 en 2009. Au Venezuela il y a 9 329 703 personnes qui étudient : 1 vénézuélien sur 3 ; l’immense majorité des établissements a tous les niveaux sont publics et donc gratuits ; l’accès a l’éducation est universellement garanti.

3. PROMOUVOIR L’EGALITE ENTRE LES GENRES ET L’AUTONOMIE DE LA FEMME

Entre 1990 et 1998 la moyenne d’élèves de sexe féminin dans le système éducatif était de 31.25%, en 1996-1998 il a atteint 47.56%. Il y a plus de femmes que d’hommes dans l’éducation supérieure. Parmi les 5 pouvoirs de l’Etat, 4 ont été dirigés par des femmes. A l’Assemblée Nationale la représentation féminine est passé de 10% à 16,5%. Approximativement 60% de la participation dans les Conseils Communaux et les Missions est féminine; cette tendance est progressive et impossible de stopper.



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Merci de me signaler toute amélioration de la traduction.
L'article original en espagnol se trouve ici

Traduit avec l'autorisation de l'auteur Luis Britto García

16 janv. 2011

Des cadeaux extrêmement dangereux





• Des amplificateurs acoustiques qui nous permettent de savoir ce que pensent les autres de nous et ce que nous pensons des autres
• Des traitements de botox qui paralysent les langues
• Des documents d’identité qui, au lieu d’un numéro de série, indiquent le coefficient d’intelligence
• Des GPS qui suivent á la trace les billets et les pièces et découvrent où vont exactement nos impôts
• Des programmes informatiques qui permettent aux amoureux de se voir comme ils seront dans quarante ans
• Du papier pour octroyer des nominations qui se désintègre lorsqu’on y appose le nom d’un incompétent
• Des autorisations pour ré-ouvrir des casinos fermés par un gouverneur
• Un haut-parleur offert á un imbécile
• Une autorisation pour inventer des démarches administratives offerte á un bureaucrate
• Des programmes qui calculent de combien augmentera la corruption á chaque nouvelle formalité administrative
• Des programmes qui calculent de combien diminuera le taux de vote á chaque nouvelle formalité administrative
• Des montres qui indiquent le moment exact de notre mort avec la circonstance aggravante que nous ne savons pas si elles fonctionnent réellement
• Une lampe magique qui réalise seulement les vœux que nous avons arrêté de désirer
• Une imprimante qui marque sur les politiciens leur date d’expiration
• Un détecteur de Nullités Suffisantes et de Médiocrités Consacrées
• Un pacte avec le Diable dans lequel on laisse au Diable le droit de nommer le juge qui donnera la sentence sur les désaccords du pacte
• Des pactes avec des transnationales dans lesquels on laisse aux transnationales le droit de nommer le juge qui donnera la sentence sur les désaccords des pactes
• Des juges qui décident que nos procès avec le diable seront évalués par des juges nommés par le Diable
• Des juges qui augmentent eux-mêmes leurs salaires et décident qu’ils ne paieront pas d’impôts sur l’augmentation
• Des traités dans lesquels nous donnons le privilège aux étrangers et aux transnationales de ne pas payer d’impôts dans notre pays et nous promettons de remplir nous même le trou fiscal qu’ils laissent
• Des bureaucrates qui s’occupent seulement des citoyens a travers des sites internet qui ne sont jamais ouverts
• Un vote de citoyen après avoir tenté inutilement de se communiquer a un site web qui n’ouvre jamais
• Des motocyclettes qui au lieu d’un titre de propriété, viennent avec un permis de violer toutes les lois.
• Un bureau, chargé de faire appliquer la loi aux medias de communication, qui n’applique pas la loi
• Un spot publicitaire qui dénonce les spéculateurs sans se rappeler que le gouvernement a le pouvoir de contrôler les spéculateurs.
• Un carnet qui accrédite que l’on peut être militant de plusieurs partis à la fois
• Un carnet qui accrédite que l’on peut être citoyen de plusieurs pays à la fois
• Une frontière en papier qui laisse entrer et sortir tout le monde
• Un système éducatif qui n’enseigne pas l’Histoire, ni la Géographie, ni l’Éducation Civique
• Des partis politiques qui incorporent leurs ennemis politiques
• Des programmes informatiques qui nous permettent de savoir lorsque nous commençons à ressembler a nos ennemis
• Un stylo pour signer des accords de Dette Publique
• Un détecteur qui permet de savoir si les femmes qui disent Non en réalité disent Oui
• Un détecteur qui permet de savoir si les politiciens qui disent Oui en réalité disent Non
• Des billets avec de l’encre dynamique dont la dénomination diminue au fur et á mesure qu’ils se dévaluent
• Un système monétaire qui consiste d’unités tributaires et qui augmente automatiquement les revenus des citoyens au fur et a mesure que la monnaie perd de la valeur
• Des coffres de sécurité transparents qui permettent aux citoyens de lire les dossiers des corps de répression
• Des détecteurs de fausses excuses qui rendent l’existence impossible
• Un portrait de Dorian Gray dans lequel c’est le portrait qui ne vieillit pas
• Un réactionnaire déguisé en Révolutionnaire
• Un classificateur d’instants qui nous révèle combien de temps nous avons perdu en répétant des choses sans aucun sens
• Un analyseur statistique qui vérifie combien de votes tue chaque jour un bureaucrate
• Une calculatrice qui nous indique exactement combien de pétrole il reste dans le monde et combien de temps il durera au rythme de consommation actuel
• Un rayon qui permet de voir à travers les cosmétiques pour voir comment sont réellement les femmes
• Un miroir magique qui dit uniquement la vérité
• Des cadeaux qui consistent à offrir la même chose que ce qu’on nous a offert, de façon a être tous a égalité de jour des Rois Mages


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Traduction amateure et bénévole de R.V.
Pour toute erreur ou amélioration á apporter á la traduction, contacter R.V.

Article original en espagnol : ici

22 août 2010

La Guerre contre l'Amérique Latine




1.

La Colombie en 2007 possède des effectifs de 459 687 personnes destinées a la Défense et Sécurité ; et elle dépense cette même année 6,5% de son PIB, soit 22 milliards de dollars dans sa guerre (Semanario VOZ, edición 2427, cit. por Álvaro Angarita: “Crece el gasto militar. Guerra devora el presupuesto”; 27-2- 2008 www.geocities.com/vozxcol/voz.pdf). Cela crée un important déséquilibre avec le Venezuela, dont l’armée se compose de 82 000 personnes et, selon le World Economic Outlook, consomme 1,47 milliard de dollars, 1,6% de son PIB, duquel 9% est destiné à l’éducation. Cela crée aussi un déséquilibre avec l’Equateur. Qui en 2007 avait 37 448 personnes dans son armée, qui dépensait 1,69 milliard de dollars, 3,41% de son PIB et 10,7% de son budget (A comparative Atlas of Defence in Latin America, 2008).

2

Parallèlement, le gouvernement de Colombie accepte l’installation d’au moins sept bases militaires étasuniennes, avec un statut d’immunité et d’impunité devant les lois et tribunaux colombiens, alors que les Etats-Unis maintiennent 2 bases a Aruba et Bonaire ainsi qu’une autre au Honduras et une au Paraguay, en installe 2 nouvelles au Panama, fait débarquer des milliers de marines au Costa Rica, maintient une invasion militaire injustifiée en Haïti et patrouille dans les Caraïbes avec la IVème Flotille ressuscitée. Des sources étasuniennes et colombiennes allèguent que cette militarisation démesurée a pour objectif de se défendre contre quelques dizaines de colombiens exilés au Venezuela. Mais il n’y a rien de plus erroné que d’interpréter la situation comme une simple escarmouche locale. « N'envoie jamais demander pour qui sonne le glas; il sonne pour toi», dit un vers de John Done. Le glas ne sonne pas pour le Venezuela ; il sonne pour l’Amérique Latine.

3

Le maintient de la base Etasunienne au Honduras et le coup d’Etat contre le président élu de ce pays, le harcèlement contre le Nicaragua, l’ouverture de deux nouvelles bases au Panama et l’occupation militaire du Costa Rica ne sont que des échelons du vieux plan Puebla-Panama, qui tente d’ouvrir un couloir stratégique pour l’Amérique Centrale, depuis le Mexique jusqu'à la Colombe. Cette opération réunit dans des quantités croissantes fonds, effectifs, armements et bases étasuniennes, a travers les plans Colombia, Patriota et Victoria, soi-disant destinés à contrôler les insurgés et la drogue. Son échec a été total. La Colombie en 2005 totalisait 650 tonnes-cubes de cocaïne sur les 910 produite dans le monde, avec 180 en provenance du Pérou et 90 de Bolivie. (United Nations Office on Drugs and Crime, "World Drug Report 2006, Volume 1:Analysis" ; United Nations: Viena, Austria, 2006, p. 82). En réalité les Etats-Unis, qui désormais combat ses guerres avec des mercenaires, veut sacrifier les forces armées de Colombie qui n’ont pas pu dominer les insurgés locaux, pour restaurer son hégémonie continentale. La situation n’est pas nouvelle. A la moitié du siècle passé, des effectifs colombiens furent envoyés pour se battre dans la très lointaine guerre de Corée ; et au début de ce siècle, des soldats colombiens ont été envoyés en Afghanistan.
Leur prochaine mission sera de s’immoler pour les intérêts de la même puissance qui lui a enlevé le Panama.

4

Regardons un peu la carte. A proximité de la frontière Est de la Colombie, où sont érigées la majorité des bases militaires étasuniennes, se trouvent les riches gisements d’hydrocarbures du Venezuela. Plus au Sud se trouvent le fleuve Orinoque et l’Amazonie venezuelienne, avec ses débits d’énergie hydroélectrique, de fer, d’aluminium, d’or, de diamants et de biodiversité. Mais le Venezuela n’est pas le seul objectif de cette guerre longuement annoncée. Le feu est ouvert contre le petit Equateur, avec une attaque d’essai, qui a été confessée, et soutenue et dirigée par la base étasunienne de Manta, aujourd’hui heureusement démantelée. L’objectif était de démontrer qu’il était possible d’agresser la souveraineté d’un pays de la région avec une attaque militaire sans autre conséquence que quelques mots durs de l’UNASUR.

5

Regardons la carte de plus près : la frontière du Brésil, pays qui de par sa superficie de 8 547 404 km2 et sa population de 170 millions d’habitants, constitue quasiment la moitié de l’Amérique du Sud. En tant que propriétaire de la majeure partie de l’Amazonie et des récents gisements d’hydrocarbures découverts, la sixième ou septième économie mondiale et la huitième industrie mondiale d’armements, noyau du Mercosur et acteur politique international indépendant, est un véritable adversaire pour les Etats-Unis dans la conquête de l’hégémonie continentale. Le Brésil l’a parfaitement compris et inclus dans sa Stratégie Nationale de Défense approuvée par Lula Da Silva en 2008. Son armée de 210 000 hommes sera augmentée avec 59 000 nouveaux effectifs ; 28 nouveaux postes frontières ont été ajoutés aux 21 existants, localisés essentiellement en Amazonie où 40% des nouvelles recrues sont envoyées. (Zibechi, Raúl: “Brasil desafía el Plan Colombia”, ALAI AMLATINA, 30-04-2010).

6

Ainsi, n’importe quelle agression contre l’Equateur ou le Venezuela ouvre les hostilités contre le gigantesque Brésil et la Bolivie et le Nicaragua et l’inexpugnable Cuba et le Mercosur. Le conflit supposé local se transforme ainsi en continental. Cela représenterait, ni plus ni moins, une guerre contre l’Amérique Latine. Et si l’on prend en compte que la survie de l’Europe et de l’Asie dépend en grande partie des ressources et des marchés de l’Amérique Latine, l’affrontement pourrait devenir mondial.

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Sur le versant Pacifique, les Etats-Unis mettrait la pression sur les gouvernements du Pérou et du Chili pour qu’ils se battent pour ses intérêts. Le Chili possède l’armée avec la plus importante dépense et le plus grand nombre d’effectifs par habitant en Amérique Latine. L’empire exigerait l’utilisation de ces milices pour cerner le colossal Brésil et les gouvernements progressistes d’Equateur, Bolivie et peut-être même du Paraguay et de l’Uruguay. Avec l’espoir d’obtenir des revendications territoriales, les faucons entreraient dans le conflit, qui ne serait pas seulement une confrontation militaire, mais une véritable guerre sociale acharnée d’insurgés, de laquelle tout le monde sortirait fortement touché. En premier lieu la puissance nord-américaine qui a perdu l’hégémonie économique, diplomatique et culturelle et qui, depuis quasiment une décennie, n’a pas pu vaincre de désastreuses guerres contre des pays asiatiques retardés. Ensuite, ses alliés, qui sont historiquement utilisés, rejetés et détruits. Le premier coup de cloche a sonné. Stoppons-la avant qu’elle sonne pour tout le monde.


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Traduit avec l'aimable autorisation de l'auteur Luis Britto Garcia.
Article original disponible ici

Pour améliorer la traduction, me contacter, merci.

8 août 2010

La Colombie envahit le Venezuela




1.

Le réactionnaire président de la Colombie ne peut contenir sa rage. Sa politique répressive ne fait qu’entretenir la guerre civile. L’un de ses opposants, le Docteur Uribe Uribe, qui se trouve en asile au Venezuela, écrit : « notre drapeau a grandi a travers les échauffourées. Au début il n’était que la revendication d’un parti dans les querelles internes de notre pays ; aujourd’hui c’est le drapeau de la Grande-Colombie ». Le président Vénézuélien entretient d’insupportables liens d’amitié avec ses collègues d’Equateur et du Nicaragua. En Equateur est aux commandes un robuste conducteur de peuples, qui mobilise des masses de mulâtres et d’indigènes. Au Nicaragua le soulèvement populaire porte à son sommet un dirigeant qui s’abat sur les oligarchies qui possèdent les terres. Face à ces leaders de masse, le président de la Colombie compte sur le soutien des Etats-Unis. Il faut leur donner une leçon ! Trente neuf bataillons colombiens déguisés en vénézuéliens suffiront à les réduire en miettes.

2.

Les opposants venezueliens, disposés à envahir leur propre pays avec des étrangers pour une miette de pouvoir, ne manquent pas non plus en Colombie. Le président Colombien fait appel au général vénézuélien en exil Rangel Garbiras, acclamé dans les hautes sphères pour être un agile danseur de valse et un frénétique ennemi de l’idée d’unifier la Grande-Colombie, et lui confie le contrôle d’une force de cinq mille soldats colombiens pour qu’il envahisse le Venezuela, avec un drapeau vénézuélien. Opportuniste, l’évêque de Merida monseigneur Silva lance une pastorale où il fulmine envers les partisans du gouvernement venezuelien pour leur dévotion à la « Mano Poderosa ». Le journal de Caracas El Tiempo, de la famille Pumar, se joint aux critiques destructrices. Le 26 Juillet 1901, les envahisseurs violent la frontière avec le Táchira par le chemin de Cúcuta , et acclament le président Colombien José Manuel Mallorquín.

3.

Féroces lorsqu’il s’agit de réprimer leurs compatriotes désarmés, les militaires ou paramilitaires colombiens ne sont pas un modèle de discipline. Comme le conte Nemecio Parada dans ses mémoires : « Les troupes de ligne que j’ai vu n’avaient de ligne que le nom. Tous, des chefs jusqu’aux soldats, avaient une tenue déplorable. (Les généraux colombiens) Cote et Conde en premier lieu, bien que sur de belles montures, ils discréditaient leur prestance guerrière, portant une couverture, une calotte avec un large insigne bleu, de bruyants éperons et d’énormes coiffes de traves. On reconnaissait le soldat parce qu’il portait le fusil ainsi que le rosaire, les scapulaires et autres reliques qui pendaient a son cou. C’étaient les choses de l’époque et du moment où ils vivaient (Ramón J.Velásquez: La caída del Liberalismo Amarillo, Contraloría General de la República, Caracas, 1972, 275). « A peine traversent-ils la frontière, au cri de « A bas les rouges ! », qu’ils perdent leur temps dans d’indisciplinés saccages de fermes et de hameaux qui les firent perdre du temps à atteindre leur objectif : le parc de San Cristobal.

4.

Le retard du aux pillages donne le temps a Celestino, frère du président Cipriano Castro, d’organiser la défense de la place. Le 28 juillet dans l’après-midi éclate la Bataille de San Cristobal. Les vénézuéliens combattent furieusement et perdent 300 hommes. Au coucher de soleil le jour suivant les colombiens fuient, en laissant sur le champ de bataille 800 morts et des milliers de fusils. Rangel Garbiras souffre une autre déroute encore pire lorsqu’il tente d’envahir San Faustino.

5.

Alors que l’invasion échoue a Tachira, Don Cipriano concentre des forces de réserve pour la défense de Maracaibo et Zulia, et ordonne par la suite au général Jose Antonio Davila de pénétrer avec elles dans la République Sœur en soutien aux libéraux rebelles de San Marta et Riohacha. L’incursion est repoussée à Carazua par l’armée Colombienne soutenue par les indigènes de la Guajira et par des venezueliens opposants de Castro, qui n’hésitent pas à prendre parti pour la Colombie. L’armée colombienne réunit 15 000 soldats dans la région de Santander et en cantonne 10 000 supplémentaires a Santa Marta, ce qui crée un déséquilibre stratégique avec le Venezuela, qui ne possède pas plus de 7 000 hommes armés (Eleazar López Contreras: El presidente Cipriano Castro: Imprenta Nacional, Caracas1986, 184).

6.

Ces faits devraient avoir servi de leçon pour tout le monde. Les tentatives d’envahir le Venezuela en faisant confiance a des paramilitaires, ou plutôt des pillards, est le pire fiasco militaire de l’histoire de la Colombie. Le Venezuela confirme qu’il n’a rien à gagner dans un conflit avec sa République Sœur, et depuis règle ses différents avec des Traites pacifiques et généreux. Occupée à essayer de contrôler au Venezuela les dissidents qu’elle ne peut contrôler dans son propre pays, l’Oligarchie Colombienne écrase son propre peuple avec de lourdes dépenses militaires qui provoquent mille rebellions, mais ne prête pas attention a son véritable adversaire, les Etats-Unis, qui lui vole le Panama. Je ne me fatigue pas de citer la phrase de Jeronimo Perez Rescaniere, qui dit que la Colombie était le pays le plus riche d’Amérique Latine parce qu’elle avait le Panama, et depuis qu’ils se séparèrent, ni le Panama ni la Colombie ne sont riches. La stupide obsession de l’oligarchie colombienne contre le Venezuela lui a couté tout d’abord le contrôle de la voie stratégique la plus importante et la plus productive de la planète, et ensuite la perte de sa propre souveraineté due aux insolents envahisseurs étasuniens immunises et impunis devant les lois. C’est ainsi qu’ils ont perdu le Panama puis toute la Colombie sans rien pouvoir faire contre le Venezuela.

7.

Pendant ce temps Cipriano Castro continue dans sa tentative de rétablir la Grande-Colombie, et pour cela il signe un traité avec le président du Nicaragua Jose Santos Zelaya et avec celui de l’Equateur, Eloy Alfaro. L’oligarchie en possession des terres va comploter avec les créanciers de la Dette Extérieure et avec 6 puissances impérialistes afin de l’empêcher d’arriver à son but, en utilisant pour cela soulèvements, blocus et bombardements avec des cuirassés étrangers. Mais seule la trahison interne d’un coup d’Etat mettra de nouveau le Venezuela sous le joug de l’Empire. Ce sont de passionnants événements qui datent d’il y a plus d’un siècle, mais qui sont toujours d’actualité. Nous verrons tout cela dans un film sur Cipriano Castro dirige par le maestro Roman Chalbaud, si Dieu le veut et si les moyens offerts se matérialisent avant que nous soyons de nouveau envahis.


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20 juin 2010

Huit mois sans voir la télé




Dans le film « Les incorruptibles » de Brian de Palma, le gangster Al Capone souhaite bon appétit a un compagnon en lui assenant un coup de batte de base-ball sur le crane. Cela résume le traitement des gérants des médias envers leurs audiences. Pour qu’elles consomment un produit, ils les gavent de spots publicitaires jusqu'à ce que cela les ennuie.

Ils oublient un détail: il y a 50 ans on inventa la télécommande. Il est inutile d’envoyer une surdose de publicité à une audience qui la fuit en changeant de chaine. Celui qui essaye de rompre le crane du public, finit par avoir mal à la tète.

Avec la télécommande le gérant se retrouve face a une alternative : rendre la publicité supportable sur sa chaine, ou insupportable sur toutes les chaines. Vous savez déjà l’option qui a été choisie. En conséquence de cela le public a abandonné la télévision gratuite. Malheureux le gérant qui frappe son propre nid.

Mais où a donc fuit l’audience? Moi j’ai jeté l’éponge et je suis resté 14 ans sans regarder le petit écran. D’autres ont trouvé asile dans la TV payante car elle offrait des programmes Premium sans interruptions.

Grace à cette promesse, la TV payante registrée couvrait en 2008 26% des foyers, 3 millions de familles, autour de 15 millions de vénézuéliens. Cavetsu calcule sur sa page web que 40% de foyers supplémentaires reçoivent ces services à travers d’opérateurs pirates. La débandade vers la TV payante fut majoritaire.

Je suis tombé moi aussi dans la fausse idée selon laquelle celui qui paye pour ce qu’il voit a le droit á ce que l’on respecte la loi et á ne pas être escroqué. Mais pour les gangsters il n’y a pas d’audience, seulement des victimes, et il n’y a pas de produits mais seulement une massue. Le gérant de médias qui en a fini avec la TV gratuite pointe déjà sa batte vers la TV payante.

Ceci explique, comme le savent tout les vénézuéliens sauf la Conatel, que la TV payante, alors qu’elle est explicitement obligée á respecter la « Ley Resorte », assène chaque minute de diffusion un coup de bâton sur le crane de celui qui paye.

En effet, dans chacune des ses émissions le volume de publicité augmente illégalement. Dans toutes les transmissions de films, la limite légale de 15 minutes de publicité par heure est largement dépassée. Les info-publicités occupent quatre heures de suite, ce qui représente bien plus que les dix pour cent du total de la programmation journalière.

Les infractions contre l’article 8, qui interdit la publicité par insertion, sont encore plus sanguinaires, et elles assassinent l’image avec des superpositions de lettres et d’interfaces étrangères á elle. Sur les chaines Premium, qui offrent des films sans interruption, ils sont tous abimés par des insertions étrangères á l’image originale. Dans les clips vidéo il y a des fois jusqu'à 4 insertions simultanées qui se font concurrence pour le détruire. Dans certains espaces, de stupides logos publicitaires sont insérés durant tout le programme. Des fois la journée entière, seconde après seconde, minute après minute, heure après heure, semaine après semaine.

Ceci n’arrive dans aucune autre région du monde. La faute n’est pas du gangster, mais de la Conatel qui lui donne le gourdin. Le mafieux a-t-il enfin ligoté son audience afin de lui détruire le crane a coups de batte ?

Un rapport de la Kaiser Family Foundation des Etats-Unis du mois de mars 2010 indique où sont en train de fuir les victimes. Entre 2004 et 2009, les jeunes ont diminué leur temps passé devant la télévision de 25 minutes, se déplaçant vers des médias comme le téléchargement Internet, le chat, la téléphonie mobile, les ipods, les jeux vidéos interactifs, les pages de vidéos comme YouTube et les réseaux sociaux.

Le livre “La Televisión en España: Informe 2009, souligne qu’il y a une frange du public, constitué par les jeunes et les personnes avec un haut niveau d’éducation, qui sont en train de délaisser la télévision. La vidéo et la radio á la carte, les systèmes interactifs et mobiles, les combinaisons intelligentes de medias, les discothèques, bibliothèques et journaux digitaux remplacent le coup de bâton sur la tête (Miriam Lagoa: “Imparable fuga de audiencia televisiva a Internet”; EL PAÍS; Madrid, 28-8-2009).

Et la Corporación Estatal Radio Televisión Española est en tête de tout les taux d’audience depuis qu’elle a supprimé la publicité. (Carlos Alberto Sánchez: “Sin publicidad, la audiencia ve más la televisión” 18-1-2010.) Un avertissement pour toutes nos chaines publiques, qui copient tout les défauts des chaines privées, alors qu’elles n’ont pas besoin de nous saturer de publicité puisque nous les payons avec nos impôts.

Le gérant tueur de public, après tout, effraie son audience sous prétexte que la télévision est un business et que l’argent que donne la publicité justifie n’importe quel délit.

Le pire de tous les délits commis par le gérant tueur de publics est que, après avoir anéanti la télévision gratuite et payante, il entre dans la télévision du service public afin d’y imposer la loi de mauvais traitements de l’audience.

Je connais la majorité des dirigeants des médias du service public, et je les considère intelligents, honnêtes et estimables. J’ai de l’admiration et de l’affection pour certains d’entre eux. Comment donc ont-ils laissé entrer dans leurs institutions le gérant tueur de publics, avec sa batte pliée á force de détruire tant de médias et ses dysfonctionnements idéologiques, hormonaux et érectiles qu’il traine depuis la moitié du siècle passé ?

Comment peut-on expliquer que Roman Chalbaud et Rodolfo Santana se soient appliqués á produire « Amores de Barrio Adentro » pour que le gangster á la batte l’anéantisse en changeant systématiquement le calendrier et les horaires et en la retransmettant seulement comme support pour insérer des ceintures de pub annonçant des événements anodins et des consignes superflues ?

Que est l’objectif, á part celui de faire fuir l’audience, de la pratique qui consiste á ce que tout les programmes intéressants de télévision publique soient systématiquement interrompus par des intrusions, qui sont elles mêmes coupées par de nouvelles digressions, qui sont elles aussi interrompues jusqu'à ce que le téléspectateur change de chaine ?

Quel message prêche-t-on lorsque un chef d’œuvre comme « Memorias del Subdesarrollo » de Tomás Gutiérrez, est seulement diffusé pour être assassiné par un tas d’interruptions, de messages publicitaires et d’insertions qui montrent au public que l’art sert seulement á être détruit ?

Au nom de quoi Avila TV, le meilleur exemple de chaine jeune et contestataire, permet que le gangster gâteux et variqueux á la batte cassée interfère dans ses programmes en y superposant des logos, icones, rubans et figurines jusqu'à empêcher que le public comprenne de quoi il s’agit ?

La seule chose plus dangereuse qu’un singe avec un couteau c’est un imbécile avec une machine qui génère des caractères.

A ceux qui ne comprennent pas encore l’effet destructeur des insertions de contenu étranger à un programme, je vous rappelle qu’Hugo Chavez Frias a été renversé par les chaines privées qui ont interféré avec la télévision publique et ont inséré leurs propres images pour empêcher que le Président élu transmette son message.

L’insertion d’une image pour perturber un contexte original distinct n’est pas seulement une violation de la « Ley Resorte » : c’est une leçon de vandalisme, de manque de respect a la création artistique, une confession d’échec du communicateur qui ne sait pas rendre son message attractif et se venge en détruisant ceux des autres. En d’autres mots, c’est la prêche frénétique du capitalisme sauvage, qui parasite et détruit l’effort d’autrui sur l’autel de la ruine collective.

Le message publicitaire est l’idéologie du capitalisme. Mc Luhan disait que le media est le message. On ne peut pas diffuser un message socialiste avec les procédés de l’entrepreneur prédateur. L’image insérée et le programme se détruisent mutuellement.

La télévision publique, communautaire et alternative doit être un exemple de respect de la loi et de la culture, d’amitié envers le public, d’éducation et surtout d’audience majoritaire. Divertir et éduquer avec des programmes au lieu d’ « imbéciliser » avec des messages publicitaires a fait de Corporación Radio Televisión Española le leader en audiences. Ce chemin est ouvert pour tous. Il suffit de jeter á la poubelle une batte abimée ainsi que celui qui la brandit.
Si la révolution perd son audience, elle pourrait perdre ses votants. C’est ce que veulent les tueurs de votes et les tueurs de publics.

Le 14 Juin, alors que j’attendais l’opération d’un ami, j’ai vu dans la clinique le match de l’Italie contre le Paraguay, et il n’y a pas eu une seule interférence. Il ont passé de la publicité á la mi-temps mais ils n’ont pas détruit l’événement qu’ils transmettaient. Ceci explique peut être certains mystères de l’audimat.

Depuis novembre 2009 j’avais arrêté de regarder la télévision. Je l’ai allumé hier pour voir si cela valait la peine de m’y remettre. Sur l’écran un logo superposait le programme. J’ai éteint l’appareil pour regarder le paysage.

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Version original ICI

5 juin 2010

Et voici Mister Dolar




LA CONSPIRATION DES POINTS D’INTERROGATION

La tranquillité et la paix du monde, c’est á dire des nations hégémoniques, est á nouveau perturbée par une tentative terroriste. Personne ne peut identifier l’auteur mais on craint que les complices de cette conspiration déstabilisatrice soient indénombrables. Le jour se lève et dévoile une interrogation sur l’écriteau du Tribunal de Justice ?. Le signe peut être facilement enlevé mais personne ne peut effacer un doute. L’agitation est à peine calmée que d’autres interrogations apparaissent dans les supermarchés sur les marchandises frelatées, c'est-à-dire la majorité : Café ? Lait ? Farine ?. On propose d’imposer la loi martiale quand les interrogations apparaissent dans la crasse des panneaux publicitaires qui couvrent les villes : Qualité ? Durée ? Economique ? Les interrogations n’affirment rien mais le doute est une offense. Il est impossible de lancer une Guerre Défensive? en période de paix. Aucun Politique ? ne peut savoir qui sont les terroristes ?. Les interrogations surgissent dans les messages d’Amour ? ou dans les Vérités ? déclarées para la Religion ? ou la Science ? . La panique se répand lorsque l’on suggère que les interrogations apparaissent de manière spontanée. Le président de l’Empire apparait dans tout les écrans, déclarant la Guerre au Doute, et crée des polices qui, au nom de la Liberté ?, éliminent les signes dangereux de tout les claviers et surtout éradiquent les interrogations qui surgissent à coté des boutons rouges demandant si il faut Tirer ?. Pendant le discours, le Président et l’Empire tombent, transpercés par un ?

BIENVENUS A TSK

Le réseau social qui non seulement te maintient en contact avec tes amis mais qui te permet aussi d’être tes amis. Un perfectionnement de la virtualité te permet d’éprouver les images, les sons, la vue, le tact, le gout, l’odorat des autres. Entrer dans TSK c’est disposer de la plus grande banque de mémoire qui permet a quiconque de se convertir en toi, ou qui te permet d’être n’importe qui d’autre. Les jeux t’installaient dans des mondes fictifs, TSK te situe dans un monde réel où tu es la seule chose fausse. Avec TSK tu pourras expérimenter pleinement ce que c’est d’être Monsieur Pérez, et peut être que ta petite amie joue à être Madame Dupond, voir Monsieur Dupond, qui sait ? Les gens ne se connaissaient pas, mais désormais la situation est pire. Peut être que tes enfants jouent à être tes parents et en réalité tu ne sais jamais qui joue à être toi-même. Les possibilités d’inceste sont infinies. On ne sait pas si les délits qui sont commis dans cette réalité par des personnes non réelles sont imputables. Plus personne n’est qui il est, n’importe qui devient tut le monde, tout le monde devient personne.

LA DICTATURE DES HAUTS PARLEURS

Le premier haut-parleur a été créé comme un instrument de la dictature la plus absolue connue sur la terre. Les humains se reproduisent dans des proportions géométriques, les haut-parleurs dans des proportions géométriques au carré, et c’est pour cela qu’il y a plus de haut-parleurs que d’êtres humains, tourmentant les pauvres gens qui n’ont pas demandé á les écouter. Achète !, investit !, collabore !, clament les haut-parleurs dictateurs jusqu’au jour où un piéton solitaire leur crie « Taisez-vous ! ». C’est á ce moment que l’on se rend compte que les haut-parleurs contrôlent les êtres humains, mais personne ne sait qui contrôle les haut-parleurs. Ceux qui pensaient qu’il s’agissait du gouvernement ou bien des transnationales avaient tort. Au contraire les cris des haut-parleurs annihilent les gouvernements et le commerce aussi vite que les tympans. Le haut-parleur laisse sans effet la déclaration d’amour et la révélation de la vérité. Tout disparait en étant réduit a du chahut. La première et la seconde révolte acoustique affirment le droit des tourmentés á faire taire á coups de marteaux tout haut-parleur qui envahit son espace auditif, ainsi que toute personne qui voudrait faire payer le prix de l’appareil. Le massacre des transistors rétablit le silence qui permet aux humains d’écouter leurs propres pensées et de découvrir que la dictature des haut-parleurs était un plan des machines afin de rendre stupide l’humanité avant de l’annihiler définitivement.

LE RAMASSEUR DE PARADIS

Enfants, ils nous faisaient peur avec l’histoire du petit vieux qui va par les rues avec son sac, ramassant les enfants. En vrai il réunit des bouts de Paradis. L’Eden s’est cassé après la chute et si l’on prête attention, on peut en trouver des morceaux. Un bout de verre qui coupe la lumière en couleurs vient du Paradis. Un colibri est un résidu de la Gloire. Une marche corrodée par l’eau a peut être été échelon d’une cascade d’anges. Il y a des bouts de Paradis dans le regard de certaine jeune femme et dans l’odeur du néflier. Les étoiles que nous réunissons dans le sac de la mémoire sont des miettes de Paradis. Le pire des insectes qui sort de la boue témoigne la béatitude. Quand nous savons qu’il est fini, chaque instant est Paradis. Ce qui serait terrible, ca serait de réunir toutes les pièces du puzzle, parce que nous n’aurions plus rien á attendre. C’est pour cela que toutes les nuits dans la décharge, le petit vieux vide son sac plein d’étoiles, de bouts de verres et d’enfants.

ET VOICI MISTER DOLAR

Et voici Mister Dolar. Mister CIA est passé par là-bas. Au loin est tombé Mister Bombe. Mister Balle perfore là. Ici arrive Mister Mort. Aujourd’hui Mister Yankee te tue. Go Home!

Mister Narco s’installe déjà. Mister Espion s’infiltre. Mister Mensonge crie. Mister Média dénature les faits. Mister Casino arrive. Mister Bingo fonctionne déjà. Mister Mafia se met commode. Mister Cartel s’impose. Ensuite Mister Dette se traine. Ensuite passe Mister Tank. Mister ONG intervient. Go. Go Home!

Ici vole Mister Wall Street. Ici Mister Usure fait payer. La bas Mister Banque fait un pillage. Mister Pot-de-vin est de retour. Mister Subprime fait irruption. Mister Bourse arnaque. Mister Fraude grossit. Mister Faillite explose. Mister CIADI donne les sentences. Mister Crise s’exporte. Go. Go. Go Home!

Mister Uranium blesse. Mister Marine tue. Mister Mercenaire arrive. Mister Porte-avions navigue. Mister Vautour prend son envol. Mister Blackhawk nous cerne. Mister
Napalm tombe. Mister Génocide est arrivé. Go. Go. Go. Go Home!

Ici coule Mister Sang. Là-bas éclate Mister Os. La bas Mister Sam pourrit. Ici git Mister Tombe. Et voici Mister Dollar. Go. Go. Go. Go. Go Home!

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Traduit par R.V. avec l'autorisation de l'auteur.
Article original ICI

30 mai 2010

Monopoles médiatiques et guerres médiatiques




Texte de mon intervention lors du Forum "Le Monopole Médiatique: Colonisateur d’imaginaires et exploiteur de consciences", réalisé avec Ignacio Ramonet et la Grande Bibliothèque de l’Université de Montréal

Guerres militaires et batailles médiatiques

La guerre, comme le disait Clausewitz, est la continuation de la politique par d’autres moyens. La politique, ajoutait-il, est la poursuite de la culture par d’autres voies. Celui qui veut gagner la confrontation politique et militaire doit gagner la bataille culturelle, qui de nos jours se livre en grande partie dans les médias de communication. C’est pour cela que la guerre médiatique est généralement le préambule de la politique et de la stratégie. Les guerres militaires ont des trêves ; les guerres culturelles sont incessantes, globales, perpétuelles.

Monopoles Economiques et Médiatiques

Les guerres contemporaines se livrent entre puissances impérialistes pour la conquête de colonies et de marchés, et entre puissances impérialistes et pays en voie de développement pour les réduire en semi-colonies. De tels conflits ont lieu pour répondre aux besoins des monopoles. Les monopoles médiatiques ressemblent aux monopoles financiers, industriels et commerciaux comme des gouttes d’eau. Ils luttent tous pour s’étendre, se concentrent en de moins en moins de mains, utilisent la politique comme un instrument pour augmenter le pouvoir, a travers des lois qui facilitent l’accumulation ou a travers des conflits qui étendent les marchés et s’approprient les ressources. Leur objectif commun est de placer l’infrastructure économique sous contrôle total du capital monopolistique et de soumettre la superstructure culturelle, qui elle même détermine la conduite de l’Etat et de la société, aux monopoles médiatiques

Monopoles contre les pays en voie de développement

Les guerres des tout-puissants monopoles capitalistes et médiatiques contre les faibles pays en voie de développement sont asymétriques, pour l’inégale proportion de ressources stratégiques et économiques. Mais la victoire ne favorise pas toujours les propriétaires des plus puissantes armes de coercition stratégique et culturelle. Examinons la guerre médiatique livrée au Venezuela durant la première décennie du 21éme siècle, par les transnationales et la corporation patronale contre le projet de révolution démocratique et pacifique, qui gagne les élections de 1998 avec une majorité écrasante.

Oligopoles médiatiques contre démocratie

En 1999, quand Hugo Chávez Frías prend le pouvoir, son gouvernement compte seulement, comme instruments de communication, une chaine de télévision nationale et une radio nationale, toutes 2 avec une portée très limitée. L’opposition, dont le commandement politique est assumé par la corporation patronale Fedecámaras, compte près de soixante chaines de télévision, plus de 700 radios et près d’une centaine de journaux. La quasi-totalité d’entre eux attaquent le gouvernement de manière frontale, sauf les journaux « Últimas Noticias » et « Panorama », qui tendent á présenter les informations avec un certain degré de neutralité. La quasi-totalité de ces médias sont des exemples finis de concentration oligopolistique verticale et horizontale. Ils sont entre les mains de familles, ou d’un petit nombre d’actionnaires, et le même capital contrôle parfois aussi des radios, journaux, entreprises qui produisent du contenu, maisons de disques, agences de publicité et de relations publiques et de conseil en image. Ils ont pour habitude de recycler les thèmes, campagnes et points de vue des grands monopoles transnationaux de la communication, lesquels á leur tour recyclent les contenus et les informations locales des oligopoles vénézuéliens.

Guerre médiatique et attaque à la constitutionalité

Depuis 2001, le patronat et son impressionnante concentration de médias, avec l’appui économique, diplomatique et logistique des Etats Unis, a déclaré ouvertement la guerre au gouvernement élu. Ils font des campagnes massives contre 49 lois de réformes modérées, appellent á remplacer le gouvernement élu par un gouvernement de transition, ils diffusent des annonces de putsch d’anciens officiels qui disent représenter toute l’armée et être prêts a dérouter les autorités légitimes par la force. En avril 2002 les médias appellent á la grève, qui est en réalité un lock-out patronal, convoquent une manifestation le 11 de ce mois vers le Parque del Este , qui sera finalement déviée vers le Palacio de Miraflores, coupent la chaine de télévision a travers laquelle le Présidant se dirige a la Nation, présentent des images de gens du peuple qui se défendent face á des francs-tireurs en inventant le mensonge comme quoi ils tirent sur une manifestation en réalité inexistante, diffusent un discours de putsch militaire contre le gouvernement ainsi que la fausse nouvelle de la démission du Président élu, forcent au silence á la Télévision et a la Radio Nationale, acclament l’instauration d’une dictature qui annule la Constitution qui avait été dictée par un vote populaire et destitue tout les fonctionnaires élus, et occultent la grande mobilisation sociale et la réponse des militaires constitutionalistes qui restituent le Président légitime au pouvoir le 13 avril. Les monopoles économiques comptaient avec la quasi-totalité des medias dans la presse, radio et télévision ; le peuple avait seulement le bouche á oreille, les téléphones, les portables. L’omnipotence médiatique n’est pas omnipotence culturelle ni politique.

Lock-out Patronal et sabotage pétrolier

Une fois de retour au pouvoir, le président élu n’adopte aucune sanction contre les putschistes ni contre les médias. Ceux-ci ne tardent pas á mettre en marche une opération identique : au début du mois de Décembre 2002 ils convoquent un autre lock-out patronal, cette fois accompagné d’un sabotage contre l’industrie pétrolière et d’une expérience audiovisuelle jamais vécue avant cela dans le monde contemporain. Pendant plus de 2 mois pratiquement tout les medias privés se lancent dans une campagne d’appels au renversement par la force du gouvernement élu, remplacent la publicité par 17 500 messages déstabilisateurs et l’information par des mensonges. Le gouvernement élu ne suspend pas les garanties constitutionnelles et ne déclare pas l’état d’exception, il répond a peine a travers une chaine de télévision et une radio qui ne couvrent même pas tout le territoire national, et cependant la gigantesque offensive patronale, médiatique et putschiste s’effondre toute seule, comme un géant aux pieds d’argile qui ne peut pas s’établir face au compact rejet populaire.

Impotence de l’Omnipotence médiatique

En vérité, en aucun des événements décisifs de la vie vénézuélienne des dernières années les monopoles médiatiques n’ont pu imposer leurs critères. Ils n’ont pas pu empêcher le soulèvement massif du 27 février 1989 contre le Fond Monétaire International, qui a secoué le pays pendant une semaine. Ils n’ont pas pu dévier la sympathie populaire envers le rébellion militaire du 4 février 1992. Ils n’ont pas restauré la foi du peuple envers les partis du statut, ce qui entraina l’expulsion virtuelle de ceux-ci durant les processus électoraux depuis 1993. Ils n’ont pas pu vaincre la candidature d’Hugo Chávez Frías lors des élections de 1998. Malgré le pacte de soutien avec le dictateur Carmona, ils n’ont pas pu empêcher la chute de celui-ci ni le retour du Président élu. Ils n’ont rien pu non plus en 2002 et 2003 lors du lock-out patronal et du sabotage pétrolier, ni en 2004 lors de l’ignorance de l’arbitre électoral. Ils n’ont pas pu non plus inciter la défaite du mouvement bolivarien lors du référendum d’aout 2004, ni empêcher le retentissant succès lors des élections régionales cette même année. Ils ont vaincu en une seule occasion, en 2007, en réussissant, a travers une campagne basée sur la terreur, a ce que le gouvernement perde, a 50 000 votes près, le referendum pour une réforme constitutionnelle complète. Malgré le monopole capitaliste et médiatique, le projet bolivarien a obtenu durant cette décennie une légitimité grâce a ses victoires dans plus d’une douzaine d’élections, toutes sous la surveillance de centaines d’observateurs internationaux qui n’ont jamais remise en cause aucune d’elles.

Mesures contre l’agression médiatique

Suffit-il donc d’attendre que l’adversaire s’effondre pour vaincre dans une guerre médiatique ? L’exemple du Venezuela montre qu’il est possible de livrer un conflit médiatique face á une opposition putschiste et violente sans s’éloigner un brin du strict accomplissement des normes de la légalité démocratique. Mais pour cela il faut lancer une contre-offensive sur quatre fronts ; 1) création de médias de service publique, mais aussi de médias alternatifs, libres et communautaires 2) Régulation législative de l’espace radioélectrique 3) Usage souverain du pouvoir de l’Etat d’attribuer et de rénover ou non les concessions sur l’espace radioélectrique 4) Éducation du public

Médias de service public, alternatifs, libres, communautaires

Afin d’appliquer ces tactiques, le gouvernement démocratique a crée a partir de 2003 les chaines Vive, de documentaires communautaires, Telesur, dirigé a l’audience latino-américaine, Ávila TV, jeune et contestataire ; a redonné du pouvoir a Venezolana de Televisión et Radio Nacional, a acquit le circuit de radio YVKE Mundial et crée la Radio Del Sur. Plusieurs centaines de petites radios communautaires ont surgi, unies entre elles a travers de l’Association Nationale de Medias Communautaires, Libres et Alternatifs. En 2003 les communistes éditent Diario Vea, et en 2009 le processus bolivarien imprime le Correo del Orinoco. Des centaines de petites publications alternatives apparaissent et disparaissent aussi.

Normes régulatrices

En Décembre 2005, au milieu du débat enflammé avec l’opposition, l’Assemblé Nationale approuve la “Loi de Responsabilité Sociale a la Radio et Télévision (Resorte)”. Cette loi développe les normes constitutionnelles et exige véracité, opportunité et pluralité dans l’information, limite le temps de publicité, établit des pourcentages de production nationale et indépendante, étend sa portée a la télévision payante, qui représente plus du tiers de l’audience du pays. Ce triomphe est en partie annulé car les medias ne respectent pas les normes, et la Commission Nationale de Télécommunications ne les fait pas respecter.

Gestion souveraine des concessions

En 2007 la majorité des concessions sur l’usage de l’espace radioélectrique, octroyées en mai 1987 pour une durée de 20 ans, ont expiré. Le gouvernement les a toutes rénové pour une durée de 5 ans, sauf celle de Radio Caracas Televisión, qui a elle seule représentait plus de la moitié de la facture publicitaire de la télévision, et qui, avec Venevisión, avait intégré un cartel pour empêcher l’arrivée de nouvelles chaines de télévision et les amener á la ruine en offrant des tarifs inferieurs aux publicitaires qui promettaient de ne pas s’annoncer chez eux. Alors que le directeur de RCTV Marcel Granier faisait un tour pour implorer les gouvernements européens d’intervenir au Venezuela et incitait les médias vénézuéliens à convoquer une fois de plus un soulèvement dans le pays, le 11 Juillet 2007 le propriétaire d’un des groupe multinational de communication les plus important d’Amérique, Diego Cisneros, divulguait dans les medias une confession qui éclairait la situation du Venezuela. Il affirma : « Beaucoup de gens dans le gouvernement ou l’opposition croient qu’un canal de télévision peut être protagoniste du jeu politique. Mais ceci n’est pas la mission de la télévision (...) Les chaines, je le répète, ne peuvent pas prendre partie dans le conflit national ou prétendre remplacer les partis politiques, si ils ne veulent pas aggraver le conflit. C’est ce qui se passe au Venezuela. » (El Nacional, 12-7-2007, p.4, Nación). RCTV a reçu l’autorisation de continuer á diffuser sur les chaines payantes, mais cela a réduit considérablement son audience. En mars 2010 la chaine a refusé de respecter les conditions requises pour transmettre a travers d’une chaine payante, raison pour laquelle elle n’émet plus depuis cette date.

Education du public

En ce qui concerne l’éducation du public dans la décodification des messages médiatiques, peu d’initiatives systématiques ont été adoptées. Un brillant programme d’analyse des médias diffusé sur VTV depuis 2004, « La Hojilla », sous les ordres de Mario Silva, exerce une critique pédagogique quotidienne, non sans passion et humour. « El Quiosco Veraz », de Earle Herrera, fait la même chose chaque semaine. A l’Institut d’Etudes Avancées* (IDEA) des cours de maitrise sur les médias comme acteurs politiques ont été impartis. Le Ministère du Pouvoir Populaire pour la Communication et l’Information a édité des livres et convoqué des Forums sur ce sujet. La perversité du message médiatique requiert cependant une action pédagogique généralisée, qui n’implique pas seulement tout les médias, mais aussi le système éducatif

Essor et chute du Quatrième Pouvoir

Mais le facteur décisif de cette longue confrontation fut que, tout au long de plus d’une décennie, les monopoles médiatiques ont perdu progressivement la confiance du public. Les journaux El Universal et La Nación ont vu leur tirage passer de 100 000 exemplaires a une moyenne proche de 50 000; ce dernier affrontant une sévère crise économique. Parallèlement à cela, les journaux plus équilibrés, Últimas Noticias et Panorama, ont dépassé les tirages de 360 000 exemplaires lors de leurs éditions dominicales. Apres sa carte de 2007 dans laquelle il signalait que le rôle des médias comme acteurs politiques ne contribuait pas á la paix dans le pays, Diego Cisneros a modéré partiellement l’agressivité de la chaine Venevisión. En 2010 la chaine d’opposition la plus violente, Golobovisión, a retiré de la direction le plus frénétique opposant, Federico Alberto Ravell. Ces changements n’enlèvent rien á la prêche du plan d’attaquer l’Etat: ils la Font juste moins violente, persistante et évidente. Il ne faut jamais oublier que la guerre médiatique est le préambule de la guerre stratégique: du lock-out patronal, du sabotage pétrolier et du coup d’Etat au Venezuela; de l’agression militaire extérieure dans d’autres pays et peut être même dans le notre. Des médias alternatifs, libres et communautaires, des normes régulatrices, le maniement des concessions et l’éducation sur les medias permettent de se défendre des campagnes médiatiques, pas des putschs ni des invasions.

Contrôle Social des médias

Alors que les moyens de production matérielle son entre les mains d’une minorité, celle-ci cherchera aussi a contrôler les moyens de production intellectuelle et les utiliseront pour leurs intérêts exclusifs. De la même façon qu’avec les monopoles économiques et financiers, la victoire face aux monopoles médiatiques arrivera seulement quand les travailleurs auront la propriété sociale des moyens de production matérielle et intellectuelle et les mettra a son service. N’importe quel autre triomphe est seulement une escarmouche.


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Traduit par R.V.
Article en espagnol ici

8 mai 2010

200





De 200 ans de misères et grandeurs, il nous reste au moins l’expérience de ce qui a fonctionné, et de ce qui a échoué.

CA N’A PAS FONCTIONNÉ


- Recevoir les envahisseurs comme des Dieux.
- Résister a l’invasion impériale séparément, pour rendre possible qu’ils nous soumettent peuple par peuple, culture par culture, région par région
- Collaborer avec l’agresseur; les indigènes Totonaques et Chichimèques qui aidèrent Cortes contre les Aztèques, les guatémaltèques qui assistèrent a Pizarro contre les Incas, les ARUACOS qui ont appuyé Losada contre les Caraïbes, tout les américains qui ont servi de bourreaux a l’Empire contre d’autres américains furent ensuite réduits en esclavage, opprimés ou exterminés.
- Prolonger nos querelles internes même devant la présence de l’ennemi: Huascar contre Atahualpa, Moctezuma contre Cuauhtémoc furent les agents les plus efficaces des conquistadors.
- Laisser l’administration de notre sol et de notre sous-sol, de nos ressources naturelles, de notre économie, de nos finances, de notre politique entre les mains d’un empire étranger pendant des siècles.
- Permettre qu’avant et après le renversement, certaines de nos sociétés originairement égalitaires dégénèrent en des systèmes de castes, avec des privilèges économiques et politiques héréditaires
- Inculquer au peuple l’obéissance aveugle, de façon á ce que la reddition des dirigeants équivaudrait á la reddition du peuple, et que couper la tète des chefs serait laisser les gouvernements sans idées
- Copier la culture oppresseur avec l’espoir d’être reconnus comme égaux et la certitude de finir ridiculisés comme des contrefaçons ou pardonnés comme pittoresques
- Nous juger avec la vision de l’ennemi, nous mesurer avec la mesure de l’oppresseur, nous évaluer selon la table de valeurs des génocides

OUI CA A FONCTIONNE


- Prendre notre destin entre nos mains après 300 ans d’une oppression qui paraissait éternelle.
- Défendre avec force le droit a être nous même, qui nous était refusé avec violence
- Comprendre que la bataille contre l’empire était une entreprise continentale, et que les paroisses, petits villages, petites républiques ne pouvait avoir une vie indépendante
- Contempler l’union de Notre Amérique comme une immense confédération ou un bloc de la taille d’un hémisphère, dans tout nos projets indépendantistes, depuis l’Incanato de Miranda jusqu’au Congres Amphictyonique de Bolivar
- Que les mouvements rebelles s’aident solidairement les uns les autres depuis le Rio Grande jusqu’ á la Patagonie
- Utiliser contre l’empire ses armes et idées les plus avancées, ainsi que la communauté linguistique et culturelle qu’il nous a imposé
- Convoquer les classes et les castes opprimées avec un programme d’égalisation sociale et économique
- Interdire dans les constitutions et les lois républicaines toute discrimination fondée sur la race ou le supposé héritage ethnique
- Réserver á perpétuité le sous-sol et le contrôle des ressources naturelles de façon indivisible et inaliénable pour nos Républiques souveraines
- Confisquer sans indemnités ni contemplations la principale richesse de l’époque, qu’étaient les territoires, pour les redistribuer en accord avec les services rendus á la cause révolutionnaire
- Proclamer de façon irrestrictive la souveraine et inaliénable puissance de nous donner nos propres lois, les appliquer et les interpréter avec nos propres tribunaux
- Que Bolivar lui même rejette la prétention étasunienne de soumettre à des arbitres et des juges étrangers des réclamations qui affectent notre intérêt publique
- Séparer l’Etat et l’Eglise et soumettre l’une á l’autre á travers du patronage

CA N’A PAS FONCTIONNÉ

- Remplacer une Métropole par plusieurs
- Abandonner le principe indépendantiste d’intégration et permettre que cinq Vice-royautés et cinq Capitaineries se désintègrent en une trentaine de pays
- Commencer notre vie indépendante avec une dette publique accablante dont la négociation a enrichi les dirigeants et soumis le peuple a la misère la plus sordide
- Démarrer notre existence autonome avec des Traités de Libre Commerce qui nous empêchaient de protéger nos produits, alors que les Métropoles protégeaient les leurs
- Limiter nos économies a la production d’une demi-douzaine de marchandises de demande précaire dans les marchés externes, au lieu de fabriquer deux centaines de marchandises d’indispensable nécessité dans nos marchés internes
- Essayer de maintenir une société de castes, en maintenant l’esclavage, la servitude des indigènes, la discrimination ethnique et raciale qui, en définitive, ont causé des centaines de rebellions armées
- Repousser ou refuser les revendications offertes aux clases et aux groupes qui, avec leur sang, ont garanti l’indépendance et, avec leur travail, l’économie.
- Laisser se perdre les projets de l’Incanato et du Congres Amphictyonique pour accepter une fausse intégration sous tutelle des Etats-Unis du Panaméricanisme
- Prêter nos territoires pour des bases militaires étrangères, et leur louer nos hommes comme de la chair à canon
- Tolérer de façon désunie les interventions insolentes, les invasions et les blocus de l’Angleterre, la France, la Hollande, l’Allemagne et les Etats-Unis
- Exonérer d’impôts les transnationales et les étrangers á travers des Traités contre la Double Imposition, et augmenter les contributions des nationaux pour les faire payer ce que les étrangers ne payent pas

OUI CA A FONCTIONNÉ

- S’enhardir contre les empires
- Résister aux interventions dans le champ culturel, économique et stratégique
- Conquérir par la violence les revendications sociales et économiques qui nous sont reniées par la forcé brute
- Mobiliser de nouveau les classes opprimées et respecter les programmes de revendication sociale
- Rejeter l’intégration sous tutelle des empires et mettre le point final a l’intégration que nous avions commencé nous même
- Refuser l’installation de bases militaires étrangères et dénoncer, priver de communication, isoler ou expulser celles qui existent déjà
- Reconquérir le contrôle de nos richesses naturelles, ainsi que celui des industries relatives a son exploitation
- Penser avec nos idées, nos valeurs, nos têtes
- Etre nous même dans Notre Amérique

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Texte original: Luis Britto Garcia (disponible ici en espagnol)
Illustration : Régulo Pérez
Traduction : R.V.

18 avr. 2010

GUERRES DE l'EMPIRE




Désormais l’Empire affine la perfidie de ses guerres en allant encore plus loin que l’annihilation. Des guerres mnémoniques, dont les rayons enlevent au peuple envahi sa mémoire de peuple, le laissant ainsi l'esprit vide. Des guerres dissociatives qui annulent les forces d’attraction entre les molécules et convertissent la nation victime en un tourbillon de microparticules. Des guerres qui tuent les gens, qui pulvérisent la chair et laissent le pays comme une ruche vide. Des guerres qui tuent les choses, tout en laissant les gens intacts dans une fosse immense qui fut un jour leur patrie. Des guerres associatives qui obligent les cerveaux à inverser leurs réactions et à, au lieu de courir pour se sauver, avancer vers la mort. Des guerres mutagènes qui obligent chaque organisme à se transformer en l’espèce qu’il chasse. Des guerres gériatriques qui activent le gène du vieillissement et en quelques heures décrépissent l’ennemi. Des guerres récessives qui inversent le cours du temps et renvoient les combattants dans le ventre maternel. Des guerres chronologiques qui éternisent la durée du temps et font que la réponse des envahis tarde des siècles. Des guerres communicatives qui confondent aléatoirement les communications de façon à ce que personne ne sache ce qui se passe. Des guerres psychologiques qui convainquent l’ennemi qu’il est déjà mort. Des guerres tectoniques qui rendent la superficie perméable au magma brûlant des entrailles de la terre. Des guerres de désertification qui évaporent toute l’eau vers l’espace extérieur. Des guerres concausales qui dissocient la cause de l’effet de façon à ce que tout puisse arriver sans aucun motif. Des guerres énergétiques qui coutent plus d’énergie que les réserves qu’elles conquièrent. Des guerres de confusion qui empêchent à l’être humain qui attaque de se distinguer de l’être humain attaqué et font qu’il s’agresse lui-même.

GENRE

La guerre est déclarée entre féministes et machistes. Les féministes attaquent en usurpant aux machistes leurs principaux défauts : boisson, tabac, promiscuité. Les machistes contre-attaquent en légalisant le divorce. Les féministes répondent en s’accaparant les professions abominables comme la littérature, le droit, la magistrature, la politique. Les machistes répondent à leur tour en monopolisant des professions encore pires comme couturiers, stylistes, décorateurs. L’holocauste arrive à son point culminant lorsque chaque faction comprend qu’il est devenu ce qu’il déteste. Une délégation de chanteurs de boléros est envoyée pour se rendre. Une équipe de physio-culturistes est envoyée pour les recevoir. Nous attendons angoissés sans savoir si elles les étrangleront ou si elles deviendront de nouveau coquettes.

LA RÉVOLUTION

Une révolution silencieuse est prête à éclater dans le langage. Le linguiste Linguini dénonce le fait qu’il y a des mots dominés, que les stylistes caractérisent comme plébéiens de par leur nombre et leur condition d’outils. Ils sont tyrannisés par les mots dominants, prestigieux, académiques et généralement indéchiffrables, autrement dit inutiles. Les oppresseurs ont tendance à s’organiser en circonlocutions, périphrases, lieux communs et digressions pour occulter leur appropriation illégitime de la richesse du sens. Les mots dominés, dans leur vive ingénuité, tombent toujours dans le piège des constructions grammaticales où les dominants les enferment. De temps en temps un mot poétique casse les barrières et étend le feu de l’insurrection dans la langue. On sait que le mot est poétique par le goût avec lequel les langues le savourent. La police grammaticale tente de le tuer ou de l’arrêter aux douanes de la langue. Les prosodies de terrorisme taxent la voix qui dit. Les conséquences sont terribles car quand le mot se libère, tout le reste le suit. Voix du monde, rejoignez-nous. Vous n’avez rien à perdre, sauf votre syntaxe.

LE JEU DE LA VIEILLESSE

La Terre et l’Univers sont très vieux mais personne ne savait quand allait commencer la vieillesse proprement dite. Tout à coup la Terre commence à se rider, beaucoup de nouvelles chaines montagneuses apparaissent et personne ne sait pourquoi. Les cheveux des sommets blanchissent, les dents des montagnes tombent* et les tremblements de terre intermittents deviennent quasi ininterrompus. Il y a des inondations et personne ne sait si la terre pleure ou bave. Soudain, elle commence à perdre l’œil dans la course de son orbite. La mémoire penche. Il n’y a plus de fossiles dans les strates archaïques ni de souvenirs dans les cerveaux. Les plus énergiques préparent les navires pour l’Exode vers des mondes juvéniles où les temps passés ne sont pas encore les meilleurs. C’est alors que l’on découvre que le Soleil commence à être gâteux.


INSTANT

Enfant il rêve d’emplir les instants de jouets, de merveilles, de home-runs. Jeune, d’amours, de révolutions, d’ascensions. Tant de temps après il commence à les vider de tout, puisque tout ce que l'instant contient le rend opaque. A la fin il en arrive à contempler chaque instant chaque fois plus dépouillé, quasi dans son resplendissant vide. Quand il y arrivera, il n’aura plus besoin d’instants.



* jeu de mot: sierra = chaine montagneuse mais aussi scie
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Toutes les entrées contenues dans ce blog sont traduites par R.V., avec l'autorisation de l'auteur Luis Britto Garcia.

Article original en espagnol ici

Me contacter pour toute amélioration de la traduction

24 févr. 2010

L'Amérique latine et le mouvement des non-alignés




Tout comme la conquête de l'Amérique, à partir de 1492, fut la plus grande opération de colonisation jamais entreprise, son Indépendance fut une des plus importantes gestes de décolonisation. C'est la soumission puis la libération de tout un continent et un hémisphère terrestre par rapport à quatre puissances européennes. L'apport économique de cette opération de pillage a été décisif pour le destin de l'Europe et du monde. Les flots de métaux précieux, ainsi que les produits végétaux qui les ont accompagné, décidèrent de l'hégémonie de l'Espagne durant deux siècles, la déroute des musulmans en Europe, la mise en place du capitalisme comme mode de production dominant et les hégémonies successives des empires qui, à travers le commerce et l'expansion globale et violente, prirent la relève de l'Espagne.

L’IMPÉRATIF DE L’UNITÉ

Après les indépendances américaines, les pays libérés comprirent, comme le feront par la suite les pays non alignés, la nécessité de l'unité pour maintenir leur autonomie et cimenter la coopération mutuelle. Les colonies anglaises établirent la puissante union que l'on connait comme Etats-Unis. Les libérateurs latino-américains ont toujours pensé l'indépendance comme une entreprise continentale. Des troupes venues des plaines du Venezuela et de la pampa argentine gagnèrent à Ayacucho. Bolivar a libéré ce qui forme aujourd'hui 6 pays. Avec 3 de ces pays il constitua l'énorme bloc de la Grande Colombie, et déjà en 1826 il tenta de consolider une union entre les peuples latino-américains lors du Congrès de Panama. Cette union devait servir de muraille contre les tentatives de reconquête comme ceux planifiés par la Sainte Alliance, créer un espace pour la collaboration économique et constituer un centre géopolitique de première importance grâce au canal de Panama, que Bolivar pensait déjà à construire. Les 2 grands projets de consolidation rencontrèrent des destins opposés. Les Etats-Unis préservèrent leur union, se répandant aux dépens de leurs voisins et en prenant le chemin qui les mènera à être la première puissance mondiale. L'Amérique Latine se divisa, fragmentant ce qui avait été 5 royautés jusqu'à les convertir en 25 pays, dont la faiblesse a permis qu'ils furent de nouveau dominés.

L’ÉMANCIPATION POLITIQUE ET LA DÉPENDANCE ECONOMIQUE

En Amérique Latine est apparut la seconde conviction que partagent les pays non alignés: qu'après avoir lutté pour l'émancipation politique, il faut lutter pour l'émancipation économique, stratégique et culturelle. Nos pays ont payé leurs Indépendances avec des dettes extérieures destructrices qui ont hypothéqué notre futur. Haïti a du indemniser les anciens propriétaires d'esclaves avec l'équivalent de 20000 millions de dollars actuels. La Grande Colombie a commencé sa vie indépendante avec une dette de 10 millions de livres sterling, qui fut divisée quand la grande union se fragmenta en 3 pays. Les Etats-Unis ont choisi le protectionnisme comme chemin invariable vers le développement économique. L'Amérique Latine, au contraire, a souscris des traités de libre commerce avec des pays plus développés, ce qui l'empêcha de protéger ses industries et ses exportations mais ne mis pas de frein au protectionnisme dissimulé des grandes puissances. Pour la naissante Amérique Latine, l'Indépendance politique équivalait, comme ce fut le cas par la suite avec de nombreux pays non alignés, à une rotation de métropoles.

LES ETATS-UNIS, DE COLONISÉS À COLONISATEURS

L'Amérique Latine fut le prélude de la troisième situation possible pour les pays non alignés: certaines colonies libérées peuvent à leur tour se convertir en pays dominateurs face à d'autres Etats libérés de la colonisation. L'Amérique Latine et les Caraïbes furent sujets durant une grande partie du 19ème siècle aux hégémonies et même aux invasions de la France, la Hollande et l'Angleterre. Mais depuis la fin de ce siècle les Etats-Unis, à travers la doctrine Monroe, tente de se réserver l'hémisphère comme une sorte d'empire soumis à sa tutelle économique, politique et stratégique. Cette hégémonie a été imposée par une cinquantaine d'interventions armées, et régie par des organisations comme l'Union Panaméricaine depuis 1899, ou l'Organisation des Etats Américains depuis 1945. C'est aussi depuis cette date que nos pays se sont obligés, à travers le Traité Interaméricain d'Assistance Réciproque, à s'envahir militairement en cas de supposée agression "extracontinentale", qui serait prouvée par l'inclination du pays victime vers une politique socialiste. On peut vérifier cette situation par le fait qu’à la conférence de Bandung en 1955, aucun pays latino-américain n’était présent. L’Amérique Latine et les Caraïbes paraissaient être « L’arrière Cour » des Etats-Unis.

L’AMÉRIQUE LATINE ET LES CARAÏBES DÉFIENT L’HÉGÉMONIE

Dans ce panorama, 2 ans à peine après la conférence de Bandung, un autre point fondamental de l'agenda des Non alignés apparait: des petits pays non alignés et non développés économiquement peuvent défier l'hégémonie avec succès, y compris celle de la plus grande puissance économique et militaire de la terre. Depuis 1959, Cuba nous enseigne comment donner de la cohésion à un peuple pour résister aux interventions militaires directes et à un embargo indéfini, en s'appuyant sur le jeu bipolaire mais sans céder à aucune souveraineté. Après de nombreuses tentatives, qui dans de nombreux pays sont étouffées par l'intervention ouverte ou dissimulée des Etats Unis, une révolution socialiste triomphe aussi au Nicaragua, une insurrection invincible persiste en Colombie, et au détour du siècle les victoires électorales portent au pouvoir des mouvements proclamés socialistes au Venezuela, en Bolivie et en Equateur, et à des candidats progressistes au Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine et Honduras. Des pays comme le Venezuela, la Bolivie et l'Equateur récupèrent le contrôle total sur les industries qui exploitent leurs ressources naturelles, et mettent en place des politiques de dépenses publiques, alphabétisation et éducation et santé gratuites. Le projet étasunien de Zone de Libre Commerce des Amériques (ALCA) est complètement vaincu, alors que le Mercosur se fortifie. L'Union des Nations Sud-Américaines est crée, ainsi que des institutions comme le conseil sud-américain de Défense, la Banque du Sud, pour remplacer la Banque Mondiale et le FMI, et le Sucre, le Système Unifié de Compensations de Réserves. L'aliénation préalable est brisée; à tel point que le Sommet 2006 du Mouvement des Non Alignés a lieu à La Havane, et actuellement les pays suivants, latino-américains et caribéens, sont membres du mouvement: Antigua y Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Bolivie, Chili, Colombie, Cuba, République Dominicaine, Equateur, Grenade, Guatemala, Guyane, Haïti, Honduras, Jamaïque, Nicaragua, Panama, Pérou, Saint Vincent et les Grenadines, San Cristobal , Sainte Lucie, Suriname, Trinité et Tobago, Uruguay et Venezuela.

Le Venezuela, à travers l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour l’Amérique) propose une nouvelle alliance basée sur la collaboration mutuelle et l’intégration régionale et non pas sur l’intérêt économique, et ouvre le pas à une nouvelle politique multipolaire orientée vers la collaboration du Sud avec le Sud, vers le G-77, vers les marchés africains et asiatiques et les intégrants du MNOAL.

L’UNIPOLARITÉ CONTRE-ATTAQUE

Les Etats-Unis répondent avec une politique agressive de Coup de Gourdin : ils mobilisent la IVème flotte dans les Caraïbes, ils établissent 2 bases militaires à Curaçao et Aruba, 7 bases en Colombie et 2 supplémentaires au Panama, ils favorisent et légitiment un coup d’Etat au Honduras, financent l’opposition des gouvernements progressistes et occupent militairement Haïti. Une fois de plus, ils tentent de résoudre militairement des problèmes économiques, sociaux, politiques et culturels qu’ils ne savent pas gérer.

LES NON ALIGNÉS RÉPONDENT

Les considérations antérieures ratifient la validité de l’idée qui anime le Mouvement des Non Alignés. La chute du monde bipolaire nous montre que la diversité de cultures et d’Etats est toujours en vigueur. La situation précaire de beaucoup des pays décolonisés face aux grandes puissances, qui prétendent toujours exercer leur pleine hégémonie et ne se résignent pas au concept de monde multipolaire, requiert une union qui permette d’échanger des points de vue, de concevoir des stratégies et d’affirmer le droit à la survie, à l’indépendance et à la souveraineté de l’immense majorité des pays et des habitants de la planète.



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L'article original en espagnol est ici

Traduit avec l'autorisation de l'auteur