Affichage des articles dont le libellé est Equateur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Equateur. Afficher tous les articles

22 août 2010

La Guerre contre l'Amérique Latine




1.

La Colombie en 2007 possède des effectifs de 459 687 personnes destinées a la Défense et Sécurité ; et elle dépense cette même année 6,5% de son PIB, soit 22 milliards de dollars dans sa guerre (Semanario VOZ, edición 2427, cit. por Álvaro Angarita: “Crece el gasto militar. Guerra devora el presupuesto”; 27-2- 2008 www.geocities.com/vozxcol/voz.pdf). Cela crée un important déséquilibre avec le Venezuela, dont l’armée se compose de 82 000 personnes et, selon le World Economic Outlook, consomme 1,47 milliard de dollars, 1,6% de son PIB, duquel 9% est destiné à l’éducation. Cela crée aussi un déséquilibre avec l’Equateur. Qui en 2007 avait 37 448 personnes dans son armée, qui dépensait 1,69 milliard de dollars, 3,41% de son PIB et 10,7% de son budget (A comparative Atlas of Defence in Latin America, 2008).

2

Parallèlement, le gouvernement de Colombie accepte l’installation d’au moins sept bases militaires étasuniennes, avec un statut d’immunité et d’impunité devant les lois et tribunaux colombiens, alors que les Etats-Unis maintiennent 2 bases a Aruba et Bonaire ainsi qu’une autre au Honduras et une au Paraguay, en installe 2 nouvelles au Panama, fait débarquer des milliers de marines au Costa Rica, maintient une invasion militaire injustifiée en Haïti et patrouille dans les Caraïbes avec la IVème Flotille ressuscitée. Des sources étasuniennes et colombiennes allèguent que cette militarisation démesurée a pour objectif de se défendre contre quelques dizaines de colombiens exilés au Venezuela. Mais il n’y a rien de plus erroné que d’interpréter la situation comme une simple escarmouche locale. « N'envoie jamais demander pour qui sonne le glas; il sonne pour toi», dit un vers de John Done. Le glas ne sonne pas pour le Venezuela ; il sonne pour l’Amérique Latine.

3

Le maintient de la base Etasunienne au Honduras et le coup d’Etat contre le président élu de ce pays, le harcèlement contre le Nicaragua, l’ouverture de deux nouvelles bases au Panama et l’occupation militaire du Costa Rica ne sont que des échelons du vieux plan Puebla-Panama, qui tente d’ouvrir un couloir stratégique pour l’Amérique Centrale, depuis le Mexique jusqu'à la Colombe. Cette opération réunit dans des quantités croissantes fonds, effectifs, armements et bases étasuniennes, a travers les plans Colombia, Patriota et Victoria, soi-disant destinés à contrôler les insurgés et la drogue. Son échec a été total. La Colombie en 2005 totalisait 650 tonnes-cubes de cocaïne sur les 910 produite dans le monde, avec 180 en provenance du Pérou et 90 de Bolivie. (United Nations Office on Drugs and Crime, "World Drug Report 2006, Volume 1:Analysis" ; United Nations: Viena, Austria, 2006, p. 82). En réalité les Etats-Unis, qui désormais combat ses guerres avec des mercenaires, veut sacrifier les forces armées de Colombie qui n’ont pas pu dominer les insurgés locaux, pour restaurer son hégémonie continentale. La situation n’est pas nouvelle. A la moitié du siècle passé, des effectifs colombiens furent envoyés pour se battre dans la très lointaine guerre de Corée ; et au début de ce siècle, des soldats colombiens ont été envoyés en Afghanistan.
Leur prochaine mission sera de s’immoler pour les intérêts de la même puissance qui lui a enlevé le Panama.

4

Regardons un peu la carte. A proximité de la frontière Est de la Colombie, où sont érigées la majorité des bases militaires étasuniennes, se trouvent les riches gisements d’hydrocarbures du Venezuela. Plus au Sud se trouvent le fleuve Orinoque et l’Amazonie venezuelienne, avec ses débits d’énergie hydroélectrique, de fer, d’aluminium, d’or, de diamants et de biodiversité. Mais le Venezuela n’est pas le seul objectif de cette guerre longuement annoncée. Le feu est ouvert contre le petit Equateur, avec une attaque d’essai, qui a été confessée, et soutenue et dirigée par la base étasunienne de Manta, aujourd’hui heureusement démantelée. L’objectif était de démontrer qu’il était possible d’agresser la souveraineté d’un pays de la région avec une attaque militaire sans autre conséquence que quelques mots durs de l’UNASUR.

5

Regardons la carte de plus près : la frontière du Brésil, pays qui de par sa superficie de 8 547 404 km2 et sa population de 170 millions d’habitants, constitue quasiment la moitié de l’Amérique du Sud. En tant que propriétaire de la majeure partie de l’Amazonie et des récents gisements d’hydrocarbures découverts, la sixième ou septième économie mondiale et la huitième industrie mondiale d’armements, noyau du Mercosur et acteur politique international indépendant, est un véritable adversaire pour les Etats-Unis dans la conquête de l’hégémonie continentale. Le Brésil l’a parfaitement compris et inclus dans sa Stratégie Nationale de Défense approuvée par Lula Da Silva en 2008. Son armée de 210 000 hommes sera augmentée avec 59 000 nouveaux effectifs ; 28 nouveaux postes frontières ont été ajoutés aux 21 existants, localisés essentiellement en Amazonie où 40% des nouvelles recrues sont envoyées. (Zibechi, Raúl: “Brasil desafía el Plan Colombia”, ALAI AMLATINA, 30-04-2010).

6

Ainsi, n’importe quelle agression contre l’Equateur ou le Venezuela ouvre les hostilités contre le gigantesque Brésil et la Bolivie et le Nicaragua et l’inexpugnable Cuba et le Mercosur. Le conflit supposé local se transforme ainsi en continental. Cela représenterait, ni plus ni moins, une guerre contre l’Amérique Latine. Et si l’on prend en compte que la survie de l’Europe et de l’Asie dépend en grande partie des ressources et des marchés de l’Amérique Latine, l’affrontement pourrait devenir mondial.

7

Sur le versant Pacifique, les Etats-Unis mettrait la pression sur les gouvernements du Pérou et du Chili pour qu’ils se battent pour ses intérêts. Le Chili possède l’armée avec la plus importante dépense et le plus grand nombre d’effectifs par habitant en Amérique Latine. L’empire exigerait l’utilisation de ces milices pour cerner le colossal Brésil et les gouvernements progressistes d’Equateur, Bolivie et peut-être même du Paraguay et de l’Uruguay. Avec l’espoir d’obtenir des revendications territoriales, les faucons entreraient dans le conflit, qui ne serait pas seulement une confrontation militaire, mais une véritable guerre sociale acharnée d’insurgés, de laquelle tout le monde sortirait fortement touché. En premier lieu la puissance nord-américaine qui a perdu l’hégémonie économique, diplomatique et culturelle et qui, depuis quasiment une décennie, n’a pas pu vaincre de désastreuses guerres contre des pays asiatiques retardés. Ensuite, ses alliés, qui sont historiquement utilisés, rejetés et détruits. Le premier coup de cloche a sonné. Stoppons-la avant qu’elle sonne pour tout le monde.


<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

Traduit avec l'aimable autorisation de l'auteur Luis Britto Garcia.
Article original disponible ici

Pour améliorer la traduction, me contacter, merci.

9 févr. 2010

L'Equateur dans l'ALBA*




*Alliance Bolivarienne pour l'Amérique

1

L’historien Plutarque a écrit sur les Vies parallèles pour démontrer qu’il y a des coïncidences entres des personnages historiques distincts. Il faudrait un autre Plutarque pour narrer les ressemblances entre les pays de Notre Amérique : des histoires parallèles qui, contredisant la géométrie, ne font que se rencontrer.

2

L’Equateur, comme le Venezuela, fut libéré par les troupes de la Grande-Colombie. Après la libération, l’Equateur, comme le Venezuela, souffre le harcèlement des nouveaux conquistadors. Les Etats-Unis imposèrent la base navale de Manta, qui orienta surement l’agression de la Colombie. En faisant usage de sa souveraineté, L’Equateur exigea et obtint la désoccupation de Manta. Les Etats-Unis encerclent le Venezuela avec 9 bases militaires en Colombie et Curaçao et en installent 2 supplémentaires au Panama. Face aux bases à l’intérieur des frontières, la souveraineté ; face aux bases aux frontières, la cohésion souveraine.

3

L’Equateur et le Venezuela souffrent du poids écrasant de leurs dettes extérieures. Les 2 se ressemblent comme des gouttes d’eau : contractées sans respecter les conditions légales et constitutionnelles indispensables ; dilapidées en commissions, rapports techniques et intermédiations ; pactées de forme illégale entre préteurs et emprunteurs sans autre but que de s’enrichir ; avec des clauses immorales qui permettent au prêteur de changer les intérêts et les conditions du contrat selon ses caprices. Elles présentent toutes deux toutes les caractéristiques de la « dette infâme », en vertu de laquelle les Etats-Unis annulèrent la dette de Cuba envers l’Espagne en 1899. En 1984 je fis partie d’une Commission d’Étude et de Réforme Fiscale qui détermina que près de la moitié de la dette extérieure vénézuélienne fut contactée irrégulièrement. Par manque absolu de ressources pour payer, l’Equateur fut mis en demeure en 1999 et dut « dollariser » sa monnaie. En 2007 Correa a crée une Commission d’Audit intégral du Crédit Public, selon laquelle la dette fut contractée au détriment du droit national vu

« a. l’usurpation des affaires internes du pays qui résultèrent être un affront à la souveraineté

b. la remise de l’immunité souveraine du pays, de l’immunité de juridiction et du droit à la défense et à la réclamation

c. la violation des droits fondamentaux du peuple et des communautés et irrespect des traités sur les droits de l’homme

d. les clauses abusives qui violent les droits d’un pays souverain

e. la violation des régulations du FMI, de la Banque Mondiale et de l’IDB, ainsi que des lois des pays prêteurs et emprunteurs.

f. les relations asymétriques entre les parties

g. l’usure et les intérêts composés

L’Equateur appliqua la stratégie de rachat des titres à la baisse, pour un total de 10 124 millions de dollars, 19,8% du PIB, pour seulement 7 015 millions de dollars : 13,7% du PIB, avec une baisse proche du tiers du montant d’origine. Pour éviter que des tribunaux étrangers prennent les décisions sur les contrats d’intérêt public, l’Equateur se retira du centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Le Venezuela appuya cette décision, sans la mettre en œuvre. Le résultat est que des fonctionnaires et des juges, qui de national n’ont que le surnom, continuent à soumettre notre souveraineté à des juges, des arbitres et des systèmes normatifs étrangers. Cette attitude contre notre pays de la part de fonctionnaires qui devraient le défendre a couté au Venezuela un blocus et un bombardement par 3 empires en 1902, et la tentative d’embargo de ses réserves internationales par Exxon l’an passé. De la même façon que l’Equateur, en révisant notre Dette et en nous retirant de l’infâme CIRDI, nous devons implémenter des politiques patriotes, immédiates, contendantes.

4

En Equateur, comme au Venezuela, le dévouement des partis traditionnels au néolibéralisme a ouvert la voie aux mouvements sociaux. En 10 ans, 7 présidents ont été répudiés par les masses. Au Venezuela comme en Equateur les mouvements sociaux ont ouvert le chemin vers le socialisme. Ici nous l’appelons le socialisme Bolivarien, en Equateur le Révolution Citoyenne, ou Sumak Kawsay, le bien vivre ou vivre en plénitude. Les 2 impliquent la démocratie, l’emphase sur les dépenses publiques, la socialisation progressive des moyens de production. J’assiste à une réunion de mouvements sociaux à Quito, où l’on discute longtemps, passionnément et avec tension sur la participation des bases. Après un long parcours à travers les Andes j’arrive à Ambato, où Rafael Correa rend les comptes de la troisième année de la Révolution Citoyenne, au milieu de gigantesques images de Bolívar, Montalvo et Alfaro, devant une concentration colossale pour cette petite ville. Ici il annonce la révocation de 4000 concessions sur des ressources naturelles données allègrement. Il affirme que 80% du prix de chaque baril de pétrole reste pour l’Equateur. Il affirme qu’il ne souscrira pas les accords de Yasuni sur l’abstention d’usage des ressources naturelles, dans lequel les européens ont inséré des clauses déprimantes et qui vont contre la souveraineté de l’Equateur. Ils exigeaient d’étendre l’accord sur plus du double du territoire originalement accordé, faire et défaire selon leur volonté. Les ressources de l’Equateur appartiennent à l’Equateur, de la même façon que celles du Venezuela appartiennent au Venezuela, de tout les vénézuéliens sans exception, et non de groupes minoritaires de l’extérieur ou de l’intérieur.

5

L’Equateur, comme le Venezuela, est un pays côtier, andin et amazonien. Le Venezuela, comme l’Equateur, conserve des ressources convoitables d’hydrocarbures, de biodiversité et d’eau douce.

L’Equateur, le Venezuela et l’Amérique Latine souffrons de généreux sauveurs européens ou étasuniens qui prennent le contrôle de nos ressources, en nous divisant et en nous faisant nous affronter entre américains. C’est à ce nom que 60 millions de personnes moururent et 190 millions de kilos d’argent furent extraits de notre sol pour enrichir l’Europe. En Equateur, la minoritaire CONAIE (Confédération des Nations Indigènes de l’Equateur) a exigé que Correa leur donne le pouvoir de prendre les décisions sur les concessions des ressources naturelles du pays, avec « CONSENTEMENT PREALABLE, LIBRE ET INFORMÉ, avec droit de véto et de caractère inaliénable ». Correa le leur refusa, la CONAIE s’est présenté aux élections et n’a obtenu qu’un seul député. La décision sur les ressources naturelles appartient toujours en Equateur à la majorité démocratique. Au Venezuela ils nous ont aussi demandé de donner le contrôle des ressources naturelles et du sous-sol aux minorités. Et bien Non. 60% de l’eau douce et 80% de la biodiversité de la planète, la jungle qui produit l’oxygène et la plus grande part des hydrocarbures, ainsi que le droit à les exploiter de manière souveraine, nous appartiennent de façon indivisible, intransférable et démocratique à nous, latino-américains et caribéens, qui l’avons gagné ensemble avec notre souveraineté. Que Dieu nous protège des conquistadors et des exploiteurs, je me charge des sauveurs. Au moment de défendre notre unité et notre souveraineté et le droit à disposer de nos ressources, nous sommes identiques, Equateur, Venezuela, Amérique Latine et Caraïbes.


>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Traduit par R.V. avec l'autorisation de Luis Britto Garcia (me contacter pour d'éventuelles améliorations de la traduction)

Article d'origine en espagnol ici

28 août 2009

L'ennemi est à la porte


Les Etats-Unis ne peuvent pas occuper militairement toute l'Amérique Latine et les Caraibes. Son armée compte 2 millions d'effectifs, les nôtres à peine 1 million et demi. Pour occuper nos territoires il devrait mobiliser un nombre d'hommes équivalent, en négligeant des lieux d'opérations vitaux ou en recrutant, ce qui n'est pas viable logistiquement et économiquement. Cela poserait aussi des problèmes difficilement gérables de contrôle social et de contre-insurgence. L'empire maintient son hégémonie à travers la pression sur les gouvernements complices, la pénétration culturelle et les bases qui facilitent l'intervention militaire. Comme l'a dit Bush en 2002 en présentant la nouvelle stratégie de sécurité nationale : " Les Etats Unis vont avoir besoin de bases et de postes a l'intérieur et au delà de l'Europe Occidentale et du Nord-est de l'Asie, ainsi que d’arrangements temporaires pour le déploiement de nos forces à grande distance" (Bush, 2002).

L'occupation militaire du monde

Les Etats-Unis occupent, comme propriétaire ou en location, 6 000 bases militaires sur son territoire et 872 hors de son territoire. Ces bases accueillent 253 288 soldats avec leurs familles et le personnel de soutien et 44 446 étrangers engagés contractuellement et elles se composent de 44 870 casernes, hôpitaux, dépôts et autres structures propres, et 4 844 en location. Des décisions souveraines ont fait fermer certaines bases: l'Empire a désoccupé la base Howard en 1999 suite aux accords sur la canal de Panama; le Brésil refusa le projet d'implantation de la base de Alcántara dans le Maranhão et Rafael Correa ordonna de déloger les bases de Manta, en Equateur. Mais il reste les bases de Guantánamo à Cuba, Vieques à Puerto Rico, Soto Cano au Honduras, Comalapa au Salvador, et celles de Iquitos, au Pérou, qui surplombent l'Amazonie, ainsi que celles de Santa Lucía Huallaga, Santa Lucía et Palmapampa. Une autre base des Etats-Unis fonctionne au Paraguay: les soldats qui l'occupent jouissent de l'impunité pour violer les lois paraguayennes. Le « Commando Sur » possède aussi 17 bases terrestres de radars: 4 en Colombie, 3 au Pérou, et plusieurs bases mobiles ou secrètes dans les Andes et les Caraïbes.

Des bases contre l'Amérique Latine

Au début du troisième millénaire, les Etats-Unis installent les bases aériennes de Reina Beatriz à Aruba et de Hato Rey à Curazao, comme réponse au refus de Chavez d'installer des bases et de survoler le territoire vénézuélien. En Colombie, où une intervention militaire massive est en cours, la base aérienne de Tres Esquinas et de Larandia fonctionnaient déjà: des aéronefs opèrent dans les aéroports de Aplay, Melgar, Cali, El Dorado, Palanquero, Medellín, Barranquilla et Cartagena. Depuis l'une de ces bases, avec l'appui de la technologie et du personnel des Etats-Unis, la Colombie a lancé son attaque contre l'Equateur au début de 2008. Les Etats-Unis ont le contrôle total sur ces enclaves. Ainsi, l'agence EFE de Bogota informe que "Le 22 avril l'ambassadeur des Etats-Unis en Colombie, William Brownfield, s'est réuni avec le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, pour lui communiquer que le Département d'Etat a décidé de "lever le veto appliqué depuis janvier 2003 à la base aérienne de Palanquero, au centre du pays, qui était sanctionnée depuis 1999 lorsque des avions qui avaient décollé de cette base bombardèrent par erreur un village et tuèrent 18 agriculteurs." Les Etats-Unis sanctionnent, imposent ou lèvent des vetos sur les bases militaires en territoire colombien, et ses soldats sont exempts des lois colombiennes. Il faut désormais ajouter à cette collection d'enclaves les bases de Malambo, Palanquero, Apiay, Tumaco, Bahía Málaga, Tolemaida et Fuerte Larandia.

La résurrection de Manta

Le "Commando Sur" a obtenu du régime du Président équatorien Noboa la base Aérienne de Manta sur la cote du Nord-est, qui dominait la région du Putumayo et étendait la surveillance aérienne sur toute la région andine et fournissait des données d'Intelligence à l'armée colombienne et aux escadrons de la mort entrainés et dirigés par les USA. Selon Pace, Manta "est la clef pour réajuster notre zone de responsabilité, notre architecture (l'appareil militaire) et pour étendre la portée de notre couverture aérienne de DM et T (Détection, Contrôle et Suivi) dans les Zones Sources (de production de drogues)" (Zibechi, 2005). Le président Correa donna l'ordre catégorique de désoccuper Manta. À sa place, les Etats-Unis projettent d'installer 2 bases supplémentaires de capacités égales en Colombie, dont une à Cartagena pour les opérations de la IVème flotte de l'Atlantique.

Un demi-million d'effectifs

La Colombie en 2007 possède 459 687 fonctionnaires occupés à la Défense et Sécurité et dépense chaque année 6,5% de son PIB dans la guerre, quelques 22 milliards de dollars, selon Juan Camilo Restrepo et Pedro Medellín (Semanario VOZ, edition 2427, cit. par Álvaro Angarita: “Crece el gasto militar. Guerra devora el presupuesto”; 27-2-2008 www.geocities.com/vozxcol/voz.pdf). En 2009 le Département d'Etat a dépensé 520 millions de dollars dans le Plan Colombie. Quelqu'un croit-il vraiment que ce formidable déploiement de la première puissance militaire du monde, en association avec le pays le plus militarisé d'Amérique Latine, a pour objectif de dérouter 10 000 insurgés et quelques trafiquants? Il a pour cible les réserves d'hydrocarbures, d'eau et de biodiversité du Venezuela, de l'Equateur et du Brésil.

Des bases inutiles

L'objectif est inutile. Ni la Colombie ni les Etats-Unis ne peuvent dominer avec succès le démesuré Brésil et ses alliés. Les bases sont bonnes pour l'espionnage, les attentats et les interventions mais elles ont des limites. Cela fait plus d'un siècle que les Etats-Unis maintiennent l'enclave de Guantanamo à Cuba. Ses marines n'en sortent pas car ils savent qu'ils trouveront la résistance compacte d'un peuple irréductible. Il est difficile de suivre la voie pacifique quand l'adversaire choisit la violence. Avant de s'occuper des bases extérieures occupons nous à organiser la résistance et déshabiliter les enclaves de l'Empire dans notre pays. Le peuple armé ne sera jamais humilié.




6 août 2009

Guerre contre le Venezuela


. Hugo Chávez Frías évoque la possibilité qu'une guerre se déclenche contre le Venezuela.

. Cette possible guerre commence sans déclaration.

. Des pelotons paramilitaires traversent la frontière sans obstacles et occupent des positions dans tout le pays sans avoir à combattre.

. Les prêts à usure, le narcotrafic, les sicaires, les achat de fonds et d’entreprises stratégiques, la traite de personnes, les bingos et casinos forment la cinquième colonne qui corrompt puis domine les autorités

. Les médias internationaux inventent de fausses vidéos de Macanao où l'on voit des fondamentalistes islamiques pointer des armes de destruction massive vers Washington.

. Encouragés par l’impunité avec laquelle ils violent la Constitution et les Lois, les médias nationaux diffusent les bobards pour justifier une agression « préventive ».

. En se basant sur la sentence du TSJ (Tribunal Suprême de Justice) qui soumet les contrats d'intérêt publique aux arbitres étrangers, une conspiration de transnationales crible le Venezuela de demandes en justice téméraires afin de soumettre à un embargo ses biens à l'extérieur et ses réserves internationales.

. En se basant sur la doctrine selon laquelle les Traités sur les Droits de l'Homme l'emportent sur la Constitution, un juge étranger destitue le président du Venezuela pour une supposée violation des Droits de l'Homme.

. La Lloyd's de Londres déclare que les ports et aéroports vénézuéliens sont dangereux, afin que les bateaux et avions ne fassent plus d'escale au Venezuela sous peine de voir leurs assurances invalidées.

. Encouragés par l’impunité qui suivit le sabotage de 2002, les monopoles nationaux de distribution d’aliments se joignent au blocus en lançant un nouveau lock-out.

. Un pays voisin mobilise vers nos frontières les 459.687 hommes armés qui figurent dans le Budget de sa Défense, accompagnés par des centaines de milliers d'autres qui ne figurent pas dans le Budget.

. Des bandes d'étrangers en situation irrégulière, entrainés, armés et organisés militairement, imposent leur autorité de fait dans des zones où, comme l'a reconnu le président, l'autorité de l'Etat est très faible.

. Suite à l’appel au recrutement de l’armée, les vénézuéliens qui possèdent aussi la nationalité d’un autre pays, grâce au régime de double nationalité, refusent de s’enrôler en prétextant qu’ils ont des devoirs militaires envers leur autre patrie. Ils se présentent aux consulats de leur autre pays afin de recevoir des instructions sur comment utiliser leurs compétences et leurs postes au sein des pouvoir Législatif, Exécutif, Judiciaire, Moral et Electoral du Venezuela contre celui-ci.

. Les juges, gouverneurs, maires, députés, ministres, diplomatiques et officiels s’entassent dans les files d’attente.

· Suivant les instructions des ONG étasuniennes Indian Resource Law Center et International Indian Treaty Council, plusieurs ethnies proclament leur autonomie, se déclarent à part du peuple vénézuélien et propriétaires exclusifs du sol et du sous-sol des zones stratégiques, et renient au Venezuela le droit de disposer de ces zones et d'y exercer son autorité.

. De la même façon qu'ils l'ont fait contre la Révolution Sandiniste, les ONG étasuniennes Indian Resource Law Center et International Indian Treaty Council obtiennent une sanction contre le Venezuela auprès de la Cour Interaméricaine des Droits Humains de l'OEA, et mettent en place leurs lobbys pour faire condamner notre pays par l'ONU et l'OIT (Organisation Internationale du Travail)

. Les gouverneurs des régions frontalières qui se mettaient d’accord avec le consul d’une République voisine afin de prendre des décisions « à niveau de gouvernement », rétablissent la communication afin d’adopter des mesures « à niveau de gouvernement d’occupation ».

· Haliburton et les transnationales qui se sont partagé le pétrole Irakien se mettent d'accord pour se répartir l'industrie des hydrocarbures et les réserves du Venezuela.

. Les agences d’intelligence étasuniennes maintiennent un espionnage constant des communications vénézuéliennes grâce à leurs softwares commerciaux, et au retard dans l’adoption de softwares libres, et larguent un virus au moment choisi.

· Un commando dirigé par Posada Carriles depuis Miami, et entrainé par les services secrets d'une puissance militaire du Moyen-Orient échoue dans sa tentative d'attentat numéro cinquante contre le Président du Venezuela.

. Encouragés par leur impunité lors des violations de la Constitution et de la "Loi Resorte", les medias privés informent que l'attentat a réussi et qu'une junte présidée par Carmona Estanga a été assermentée.

. Encouragés par l’impunité dans la pratique illégale d’interférer dans les programmes avec des insertions publicitaires, les émetteurs de chaines de télévision interférent et défigurent tout les démentis des autorités légitimes.

· Les Etats-Unis mobilisent leur 4ème Flotte vers la base navale Reina Cristina à Curaçao et vers la nouvelle base navale qu'un pays voisin leur a autorisé a installer sur sa cote caribéenne.

. Une cinquantaine de commandos et une dizaine d'attentats précis, contre les voies et points stratégiques de transport de biens et d'énergie mal surveillés, isolent le Venezuela

· Des excédents d'aéroplanes et de missiles utilisés lors de l'agression contre l'Equateur en 2008, dirigés depuis les bases étasuniennes du pays voisin, sont lancés sur des cibles stratégiques préalablement sélectionnées par des avions et satellites espions.

. Une multitude d’opposants se réunit joyeusement et déploie des drapeaux pour recevoir les envahisseurs, et se retrouve foudroyée par le premier missile intelligent.

. Tout les plans d’agression échouent en essayant de désarticuler un pays, dont la seule planification consiste en « tout ca c’est du passé, compatriote ».

· Quatre millions de déplacés de guerre et vingt milles insurgés prennent le pouvoir dans une République voisine, pendant que ses effectifs de 500,000 soldats tuent des moustiques à la frontière.

. Une insurrection sociale d’étasuniens désespérés face à la perspective d’une nouvelle guerre fait rentrer aux ports la quatrième Flotte.

. Toutes les phases de cette guerre, sauf les sept dernières, peuvent être évitées dès aujourd’hui, avec des mesures précises. Si elles sont conjurées, les sept dernières phases ne se réaliseront pas non plus.
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
La version originale se trouve ici