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8 août 2010

La Colombie envahit le Venezuela




1.

Le réactionnaire président de la Colombie ne peut contenir sa rage. Sa politique répressive ne fait qu’entretenir la guerre civile. L’un de ses opposants, le Docteur Uribe Uribe, qui se trouve en asile au Venezuela, écrit : « notre drapeau a grandi a travers les échauffourées. Au début il n’était que la revendication d’un parti dans les querelles internes de notre pays ; aujourd’hui c’est le drapeau de la Grande-Colombie ». Le président Vénézuélien entretient d’insupportables liens d’amitié avec ses collègues d’Equateur et du Nicaragua. En Equateur est aux commandes un robuste conducteur de peuples, qui mobilise des masses de mulâtres et d’indigènes. Au Nicaragua le soulèvement populaire porte à son sommet un dirigeant qui s’abat sur les oligarchies qui possèdent les terres. Face à ces leaders de masse, le président de la Colombie compte sur le soutien des Etats-Unis. Il faut leur donner une leçon ! Trente neuf bataillons colombiens déguisés en vénézuéliens suffiront à les réduire en miettes.

2.

Les opposants venezueliens, disposés à envahir leur propre pays avec des étrangers pour une miette de pouvoir, ne manquent pas non plus en Colombie. Le président Colombien fait appel au général vénézuélien en exil Rangel Garbiras, acclamé dans les hautes sphères pour être un agile danseur de valse et un frénétique ennemi de l’idée d’unifier la Grande-Colombie, et lui confie le contrôle d’une force de cinq mille soldats colombiens pour qu’il envahisse le Venezuela, avec un drapeau vénézuélien. Opportuniste, l’évêque de Merida monseigneur Silva lance une pastorale où il fulmine envers les partisans du gouvernement venezuelien pour leur dévotion à la « Mano Poderosa ». Le journal de Caracas El Tiempo, de la famille Pumar, se joint aux critiques destructrices. Le 26 Juillet 1901, les envahisseurs violent la frontière avec le Táchira par le chemin de Cúcuta , et acclament le président Colombien José Manuel Mallorquín.

3.

Féroces lorsqu’il s’agit de réprimer leurs compatriotes désarmés, les militaires ou paramilitaires colombiens ne sont pas un modèle de discipline. Comme le conte Nemecio Parada dans ses mémoires : « Les troupes de ligne que j’ai vu n’avaient de ligne que le nom. Tous, des chefs jusqu’aux soldats, avaient une tenue déplorable. (Les généraux colombiens) Cote et Conde en premier lieu, bien que sur de belles montures, ils discréditaient leur prestance guerrière, portant une couverture, une calotte avec un large insigne bleu, de bruyants éperons et d’énormes coiffes de traves. On reconnaissait le soldat parce qu’il portait le fusil ainsi que le rosaire, les scapulaires et autres reliques qui pendaient a son cou. C’étaient les choses de l’époque et du moment où ils vivaient (Ramón J.Velásquez: La caída del Liberalismo Amarillo, Contraloría General de la República, Caracas, 1972, 275). « A peine traversent-ils la frontière, au cri de « A bas les rouges ! », qu’ils perdent leur temps dans d’indisciplinés saccages de fermes et de hameaux qui les firent perdre du temps à atteindre leur objectif : le parc de San Cristobal.

4.

Le retard du aux pillages donne le temps a Celestino, frère du président Cipriano Castro, d’organiser la défense de la place. Le 28 juillet dans l’après-midi éclate la Bataille de San Cristobal. Les vénézuéliens combattent furieusement et perdent 300 hommes. Au coucher de soleil le jour suivant les colombiens fuient, en laissant sur le champ de bataille 800 morts et des milliers de fusils. Rangel Garbiras souffre une autre déroute encore pire lorsqu’il tente d’envahir San Faustino.

5.

Alors que l’invasion échoue a Tachira, Don Cipriano concentre des forces de réserve pour la défense de Maracaibo et Zulia, et ordonne par la suite au général Jose Antonio Davila de pénétrer avec elles dans la République Sœur en soutien aux libéraux rebelles de San Marta et Riohacha. L’incursion est repoussée à Carazua par l’armée Colombienne soutenue par les indigènes de la Guajira et par des venezueliens opposants de Castro, qui n’hésitent pas à prendre parti pour la Colombie. L’armée colombienne réunit 15 000 soldats dans la région de Santander et en cantonne 10 000 supplémentaires a Santa Marta, ce qui crée un déséquilibre stratégique avec le Venezuela, qui ne possède pas plus de 7 000 hommes armés (Eleazar López Contreras: El presidente Cipriano Castro: Imprenta Nacional, Caracas1986, 184).

6.

Ces faits devraient avoir servi de leçon pour tout le monde. Les tentatives d’envahir le Venezuela en faisant confiance a des paramilitaires, ou plutôt des pillards, est le pire fiasco militaire de l’histoire de la Colombie. Le Venezuela confirme qu’il n’a rien à gagner dans un conflit avec sa République Sœur, et depuis règle ses différents avec des Traites pacifiques et généreux. Occupée à essayer de contrôler au Venezuela les dissidents qu’elle ne peut contrôler dans son propre pays, l’Oligarchie Colombienne écrase son propre peuple avec de lourdes dépenses militaires qui provoquent mille rebellions, mais ne prête pas attention a son véritable adversaire, les Etats-Unis, qui lui vole le Panama. Je ne me fatigue pas de citer la phrase de Jeronimo Perez Rescaniere, qui dit que la Colombie était le pays le plus riche d’Amérique Latine parce qu’elle avait le Panama, et depuis qu’ils se séparèrent, ni le Panama ni la Colombie ne sont riches. La stupide obsession de l’oligarchie colombienne contre le Venezuela lui a couté tout d’abord le contrôle de la voie stratégique la plus importante et la plus productive de la planète, et ensuite la perte de sa propre souveraineté due aux insolents envahisseurs étasuniens immunises et impunis devant les lois. C’est ainsi qu’ils ont perdu le Panama puis toute la Colombie sans rien pouvoir faire contre le Venezuela.

7.

Pendant ce temps Cipriano Castro continue dans sa tentative de rétablir la Grande-Colombie, et pour cela il signe un traité avec le président du Nicaragua Jose Santos Zelaya et avec celui de l’Equateur, Eloy Alfaro. L’oligarchie en possession des terres va comploter avec les créanciers de la Dette Extérieure et avec 6 puissances impérialistes afin de l’empêcher d’arriver à son but, en utilisant pour cela soulèvements, blocus et bombardements avec des cuirassés étrangers. Mais seule la trahison interne d’un coup d’Etat mettra de nouveau le Venezuela sous le joug de l’Empire. Ce sont de passionnants événements qui datent d’il y a plus d’un siècle, mais qui sont toujours d’actualité. Nous verrons tout cela dans un film sur Cipriano Castro dirige par le maestro Roman Chalbaud, si Dieu le veut et si les moyens offerts se matérialisent avant que nous soyons de nouveau envahis.


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Pour améliorer la traduction me contacter en laissant un commentaire.
Version originale de l'article: ici

15 févr. 2010

Manuel pour détruire un pays




1. Quand, alors que tu navigues sans savoir où tu vas, tu trouves une terre, affirme que tu l’as découverte et extermine tout ses habitants.

2. Si, une fois les habitants exterminés, tu ne trouves personne qui travaille gratis pour toi, enlève des centaines de milliers d’africains et convertis les en esclaves, jusqu’à avoir une proportion de 8 esclaves pour un colon.

3. Pour les dompter, donne leur du fouet dans le dos et de la religion dans le crane pour les forcer à adorer leurs exploiteurs

4. Viole les esclaves et confie aux mulâtres qui naissent les pires taches de répression envers leurs frères.

5. Afin de mettre en évidence la supériorité morale des maîtres, remets le pays aux mains des flibustiers de l’île de la Tortue commandés par le pirate Du Casse, en 1697

6. Augmente l’exploitation jusqu’à ce que Haïti, en 1791, produise 89 000 tonnes de sucre, plus que la Barbade, la Jamaïque et Cuba réunis, tout en t’assurant que pour les producteurs, la vie soit la plus amère du monde.

7. Proclame la Liberté, la Fraternité et l’Egalité dans la métropole française en 1789, mais quand les esclaves se soulèvent pour réclamer la même chose en 1791, envoie une expédition de 40 000 hommes (en 1801) pour empêcher que les haïtiens soient traités en tant qu’hommes et citoyens

8. Accepte en 1816 l’aide généreuse de Haïti pour obtenir l’Indépendance de l’Amérique Latine, mais oublie de l’inviter au Congrès de Panama en 1826.

9. Après que les esclaves se soient soulevés et aient vaincu les 40 000 envahisseurs en 1804, attends jusqu’en 1826 pour reconnaitre leur Indépendance, en échange d’une indemnisation de 150 millions de franc-or qui doivent être payés, non pas aux esclaves, mais à leurs anciens maitres.

10. Attends que cette dette détruise ce qui n’a pas été dévasté par la guerre de libération, et favorise en 1915 une invasion des Etats-Unis, qui occupent le pays jusqu’en 1934.

11. Pendant cette occupation militaire, augmente les privatisation: privatisation de la Nature (en 1925 60% des forêts étaient détruites, aujourd’hui 98%), privatisation de la société (80% de pauvreté), privatisation de l’éducation (52% d’analphabètes), privatisation de la santé (mortalité infantile de 110 pour mille), privatisation de la terre (70% des agriculteurs ne possèdent pas de terre), privatisation de la sécurité sociale (les pensions de vieillesse et le droit de grève sont abolis), privatisation des salaires (1,50 dollar par jour), privatisation des bénéfices (les investisseurs obtiennent des retours sur investissements de 500%), privatisation du commerce (70% des exportations sont pour les Etats-Unis), privatisation des iles (les îles Tortue et Cayemites furent données), privatisation des droits de l’Homme (30 000 opposants disparus en 15 ans), privatisation du sang (qui est acheté 3 dollars le litre et revendu 25 dollars le litre.)

12. Au moment de retirer les troupes, laisse le pays occupé par des dynasties de dictateurs brutaux qui assassinent tous ceux qui luttent pour améliorer le niveau de vie, pour les réformes sociales ou pour la démocratie.

13. Si un candidat gagne des élections démocratiques, appuie un coup d’Etat qui le renverse, l’enlève et l’exile.

14. Après le Coup d’Etat, privatise la « Minoterie d’Haïti » et « Ciment d’Haïti », les entreprises de blé et de ciment, et vends les à une entreprise de Kissinger, pour qu’en cas d’urgence les haïtiens n’aient ni pain ni ciment pour reconstruire leur pays.

15. Si le dictateur qui a envoyé le démocrate en exil est démis par le peuple, envahis de nouveau Haïti avec 18 bateaux de guerre, 2 porte-avions nucléaires, des dizaines d’hélicoptères Blackhawk, des véhicules blindés et 6000 soldats criant : « Nous ne sommes pas en guerre ; nous venons restaurer la démocratie et apporter de l’aide humanitaire. »

16. Une fois le dictateur restauré, laisse de nouveau le pays occupé par les forces militaires de l’ONU.

17. Si, malgré tout cela, le président élu démocratiquement et démis revient de l’exil et gagne de nouveau les élections en 2001, empêche l’arrivée de toute aide extérieure, impose un blocus, appuie un nouveau Coup d’Etat, enlève le démocrate et envoie-le en exil en Afrique du Sud.

18. Occulte les dénonciations comme celle de Marguerite Laurent, du Réseau Haïtien de juristes, et défenseuse de Jean Bertrand-Aristide, qui soutient que « il a été prouvé que les Etats-Unis ont découvert du pétrole à Haïti il y a des décennies et que, du fait des circonstances géopolitiques de cette époque, ils ont décidé de garder le pétrole haïtien en réserves pour quand celui du Proche Orient sera épuisé. » Ceci est détaillé par le Dr. Georges Michel dans un article daté du 27 mars 2004, dans lequel il résume l’histoire des explorations et des réserves pétrolifères d’Haïti, et dans les recherches du Dr. Ginette et de Daniel Mathurin. Il y a aussi des preuves que ces mêmes grandes compagnies pétrolières étasuniennes et leurs monopoles d’ingénierie et de sous-traitants dans la Défense ont fait des plans, il y a des décennies, pour les eaux des mouillages de Haïti, ou bien pour des raffineries de pétrole ou bien pour développer des endroits de stockage pour le pétrole brut, qui serait ensuite transbordé a des petits bateaux pétroliers pour approvisionner les Etats-Unis et les ports des Caraïbes. Tout ceci est détaillé dans un document sur la Dunn Plantation de Fort Liberté à Haïti (Cintia McKinney: Global Research).

19. Utilise contre le pays, sans déclaration de guerre, tout le répertoire des armes psychologiques, chimiques, bactériologiques, virales, climatiques et tectoniques que peuvent produire les laboratoires du mal.

20. Quand le désastre naturel s’abat sur un peuple qui a supporté tant de catastrophes politiques et sociales, occupe ses aéroports et ses points stratégiques avec des unités de la IVème flotte, de la 82ème division aéroportée, 20 000 marines armés et 3500 soldats supplémentaires de l’ONU, pour empêcher l’arrivée de secours, terminer avec les balles ceux que le séisme n’a pas exterminé et convertir le pays en base militaire.

Une fois le pays de retour à l’esclavage, n’oublie pas que ce manuel est à format unique et s’applique à tous les pays du monde, chacun son tour.


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Article en espagnol ici

Traduit par R.V. avec l'autorisation de l'auteur

17 juil. 2009

Tegucigolpes


Tout coup d'Etat résulte d'une accumulation d'impacts qui n'ont pas été conjurés à temps:

Coup d'Etat économique

Le Honduras exporte chaque année des biens pour une valeur de 6 236 millions de dollars; 67,2% vers les Etats-Unis; 4,9% vers le Salvador, 3,9% vers le Guatemala. Le Honduras importe des biens pour 10 200 millions de dollars, 52,4% provenant des Etats-Unis, 7,1% du Guatemala, 5,2% du Salvador. Les remesas (argent envoyé par les émigrés honduriens vivant dans d'autres pays) des émigrés rapportent quasiment 30% des revenus en devises; le taux de chômage est de 27%. La majorité des terres et des industries et fabriques appartiennent à un petit nombre de familles et de transnationales. Cette économie a une balance commerciale négative pour quasiment 4 milliards de dollars chaque année et une dette publique représentant 21% de son Produit Intérieur Brut. Les bénéficiaires de cette structure s'opposent à tout changement à travers la force et la tromperie. La dépendance économique entraine la dépendance politique.

Coup d'Etat médiatique

Au Honduras la quasi-totalité des medias est privatisée; la majorité soutient le coup d'Etat, occulte ce qui se passe, cache les gigantesques mobilisations populaires en faveur de Zelaya, magnifie l'infime appui aux usurpateurs, appelle à la reconnaissance et à l'obéissance envers les putschistes, divulgue des mensonges et cache des vérités en accord avec les transnationales de l'information. La dictature médiatique conduit la politique.

Coup d'Etat Stratégique

Le plan Puebla-Panama projette de convertir l'Amérique Centrale en un couloir stratégique entre les Etats-Unis, son allié commercial le Mexique et la Colombie, tête de pont de l'intervention étasunienne en Amérique du Sud. Ses proies sont les réserves d'hydrocarbures vénézuéliennes et les eaux et la biodiversité de l'Amazonie. Les victoires électorales progressistes au Nicaragua, Salvador et Honduras ont coupé cette autoroute de l'interventionnisme. L'hégémonie des Etats-Unis en Amérique dépend de la subjugation de l'Amérique Centrale; notre survie de son indépendance. La géopolitique détermine la politique.

Coup d'Etat de bases

A 97km de Tegucigalpa opère la base militaire étasunienne de Soto Cano ou Palmarola, avec un millier d'effectif et les équipements d'espionnage et d'intervention les plus avancés. Son commandant, le colonel Richard A. Juergen, exerça en tant que Directeur des Opérations Spéciales pendant l’enlèvement de Jean Bertrand Aristide à Haïti, antécédent évident du rapt de Zelata, qui s'apprêtait à exiger le retrait des étasuniens de Soto Cano afin de la convertir en aéroport international. Tolérer l'occupation par des enclaves militaires ou paramilitaires c'est tolérer un coup d'Etat en attente qui se matérialise à la moindre désobéissance. Accepter l'occupation militaire c'est permettre la dictature militaire.

Coup d'Etat interventionniste

Alors qu'il était l'ambassadeur des Etats-Unis au Honduras, John Negroponte coordinat avec les fonds du narcotrafic de l' « IRANGATE », l'agression paramilitaire depuis le Costa Rica et le Salvador vers le Nicaragua. Il installa aussi des agences étasuniennes comme la NED, la USAID y el Instituto Republicano Internacional (IRI), organe interventionniste du Parti Républicain qui a préparé le Coup d'Etat d'Avril 2002 au Venezuela et la déposition de Jean Bertrand Aristide à Haïti. Ces agences opèrent librement, et ont intensifié le financement et l'organisation des opposants pendants les mois précédents l’enlèvement de Zelaya. Ainsi, Negroponte consolida les liens entre l'armée du Honduras et l'Académie de répression subversive connue sous le nom d'École des Amériques. Cette de cette école que sortent le Commandant des forces armées, le général Romeo Vásques, et le commandant de l'aviation, le Général Luis Javier Prince Suazo. L'actuel ambassadeur des Etats-Unis, Hugo Llorens, a publié le 4 Juin dans le journal de droite "La prensa" un article qui appelait à s'opposer à toute réforme constitutionnelle, affirmant que :"On ne peut pas violer la Constitution pour créer une nouvelle Constitution, car si il n'y a pas de Constitution c'est la loi de la jungle". Après avoir donné ces instructions, il se réunit au moins 3 fois avec les secteurs civils et militaires qui préparaient l'usurpation. Selon José Vicente Rangel, tôt le matin du dimanche 28 juin les fonctionnaires du Département d'Etat James Steimberg et Tom Shannon ont contacté la base militaire de Palmarola et l'ambassadeur Llorens pour les avertir du Coup d'Etat, et ceux ci n'ont pas averti Zelaya et sont toujours au Honduras, preuve que les Etats-Unis maintiennent une aide économique et militaire aux putchistes. Tolérer l'ingérence d'étrangers c'est accepter un Coup d'Etat militaire.

Coup d'Etat contre l'OEA (Organisation des Etats Américains)

Revitalisée par la levée des sanctions contre Cuba, l'OEA fait face, avec le putsch du Honduras, à une opportunité et un défi. La rapide réunion de l'Assemblée Générale, la condamnation unanime du Coup d'Etat donnent un second souffle à l'organisation épuisée. Cependant, on peut avoir des doutes quand à l'efficacité des moyens mis en place pour rétablir la démocratie. Si le Coup d’Etat se consolide, l'OEA ajoutera à ses multiples défauts l'évidence de son inutilité. Qu'une insignifiante bande de crapules se retire de l'OEA, manque de respect au Président de son Assemblé Générale, ferme l'aéroport aux Chefs d’Etats latino-américains élus et dresse un mandat d'arrêt contre le président légitime Zelaya est un coup mortel contre une organisation bonne à avaliser des infamies dans le passé et incapable de les restituer dans le présent. Son inefficacité légitimisme la création d'un organisme latino-américain et caribéen sans la présence des Etats-Unis et le renforcement du Conseil de Défense de l'UNASUR.

Coup d'Etat contre l'ALBA (Alternative Bolivarienne Pour les Amériques)

Le coup d'Etat contre le Honduras est un coup d'Etat contre l'ALBA. Les putschistes et leurs alliés veulent montrer aux pays de l'Alliance Bolivarienne qu'ils sont vulnérables, qu’appartenir à cette organisation ne les met pas à l'abri contre les interventions et, au contraire, les met dans une situation de cibles privilégiées. Les putschistes et leurs médias font plus de déclarations contre Chavez que contre Zelaya. Quand le Honduras brule, défend ton pays.

Coup d'Etat contre la voie pacifique

Le Coup d'Etat confirme la validité d'une règle invariable : la minorité privilégiée accepte la majorité démocratique seulement quand cela la favorise ou lui facilite les choses. Au fond, son seul argument est la force brute. Face à cela se pose la question de la réévaluation de la voie pacifique du socialisme. Le mouvement populaire peut-il continuer à employer des moyens pacifiques quand la réponse est la force brute? Les mouvements populaires doivent-ils déposer les armes pendant que leurs ennemis les brandissent? Ceux qui ne résistent pas à la violence illégitime la renforcent.
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Texte de Luis Britto Garcia
version en espagnol ici
Traduction par R.V.

5 juil. 2009

Coups d'Etats possibles




SCENARIOS IMAGINATIFS POUR PAYS IMAGINAIRES

. Le Tribunal Suprême décide que les controverses sur des contrats d'intérêt public de la République peuvent être résolues selon des lois étrangères et par des tribunaux ou arbitres étrangers; la mafia des transnationales demande devant les arbitres étrangers l'embargo de tous les biens de la République, et la République se retrouve sans biens.

. Le Tribunal Suprême décide que les traités internationaux sur les Droits de l'Homme ont un caractère supranational et que les controverses les concernant peuvent être résolues par des tribunaux étrangers, et un juge étranger destitue le Président pour n'avoir pas pu éviter qu'un passant donne un coup imaginaire à un journaliste de l'opposition.

. Le Tribunal Suprême décide que les Traités contre la Double Imposition, selon lesquels les entreprises et citoyens étrangers ne payent pas d’impôts dans le pays, sont valides, et le peu de citoyens et d’entreprises qui sont toujours nationaux acquièrent la nationalité étrangère pour ne pas payer d’impôts et la République est annihilée, victime de la première évasion fiscale totale.

.Les mafias qui construisent des bingos et des casinos veulent décider, comme dans une République Sœur, qui peut être candidat et qui ne peut pas l’être, et finit par décider, comme aux Etats-Unis, qui devient Président.

. Les mafias qui construisent des bingos et des casinos installent des machines dans les magasins jusqu’à ce que les enfants dépensent en elles tout l’argent des courses, apprennent à jouer avant de lire, à parier avant de compter, à jouer à la roulette avant de voter.

. Les mafias qui installent des casinos dans les bâtiments de l’Armée utilisent les mêmes influences pour en installer dans les hôpitaux, les jardins d’enfants, les écoles, les universités, les églises, les édifices du Pouvoir Public.

. Les paramilitaires continuent à traverser les frontières sans que les autorités ne bougent le petit doigt jusqu’au moment où les autorités ne peuvent plus bouger le petit doigt sans la permission des paramilitaires.

. Les paramilitaires remplacent la pègre et la pègre remplace les gens décents.

. Les mêmes députés qui ont approuvé une loi qui voulait privatiser les rivières et les lacs, approuvent une autre loi qui privatise le vote et les ressources naturelles.

. Grâce à la double nationalité, toute l’Armée, excepté le Ministre de la Défense, finit par être composée de personnes qui ont une autre nationalité et qui remettent la République à son autre pays.


. A cause de la double nationalité, tout le corps diplomatique, à l’exception du Chancelier, finit par être composé par des personnes qui ont une autre nationalité, lesquelles cèdent la République à leur autre pays.

. En vertu de la double nationalité, la majorité de la population des régions frontalières finit par avoir la nationalité d’un autre pays et finit par rendre les régions frontalières à son autre pays.

. En raison de la double nationalité la majorité du Pouvoir Législatif finit par avoir la nationalité d’un autre pays et légifère pour dissoudre le pays et remettre ses reste à son autre pays.

. En conséquence de la double nationalité, chaque fois qu’un citoyen est accusé d’avoir porté atteinte à la souveraineté, il prétend être citoyen de l’autre pays où cela ne constitue pas un délit.

. Une partie de la population prétend être un peuple distinct, avec des pouvoirs autonomes et un territoire propre où il exerce le pouvoir exclusif sur les ressources naturelles. Les autorités l’acceptent et se retrouvent sans peuple, sans territoire, sans pouvoir et sans ressources.

. Par inertie des autorités éducatives, des matières comme l’Histoire et la Géographie, qui permettent de connaitre le passé, sont exclues des programmes, en conséquence de quoi on ne connait pas le présent et l’on finit par ignorer le futur.

. Pour conjurer un coup d’Etat on appelle la Force Internationale qui occupe le pays, jusqu’à ce que le pays comprenne que le vrai coup d’Etat est réalisé par la Force Internationale qui le tient occupé.

. Les moyens de communications proclament qu’il y a eu un changement de gouvernement et, comme le gouvernement n’applique pas les lois qui obligent les medias à dire la vérité, personne ne se rend compte qu’il n’y a pas eu de changement de gouvernement.

. Du fait que les autorités n’appliquent pas les lois sur les télécommunications, les médias criblent les écrans d’interruptions publicitaires, de publicité par insertion, de logos, d’ encadrés et d’effets visuels, jusqu'à ce que ces interférences remplacent le contenu et que l’audience comprenne que les véritables autorités ne sont pas celles qui n’appliquent pas les lois, mais celles qui les violent impunément.

. La transnationale qui a duré 5 jours pour obtenir l’autorisation de diffuser de la publicité pour alcool à la télévision, obtient en 5 minutes la licence pour diffuser à la télévision de la publicité pour des drogues psychotropes et des stupéfiants, grâce à quoi la moitié de la population meurt de cirrhose et l’autre moitié d’addiction.

. L’absence de réforme de l’Etat entraine que, au lieu d’un Coup d’Etat, l’Etat arrete de fonctionner d’un coup.

. Les fonctionnaires réussissent à ce que tous les citoyens soient dans des files d’attentes pour réaliser des formalités qui n’en finissent jamais, et personne n’est là pour défendre le pays contre le Coup d’Etat.

. Le même fonctionnaire qui décida que les actes de naissance, les cartes d’identité, les actes de propriété, les permis de conduire et tous les documents expirent au bout d’un certain temps et qu’il faut les renouveler sur une page web qui n’ouvre jamais, invente que la nomination du Président expire chaque mois, et envoie une notification seulement après péremption.

. Les contre-révolutionnaires se déguisent en révolutionnaires et crient des consignes, et parlent en tapant, et s’infiltrent sans avoir besoin de Coup d’Etat, jusqu’à ce qu’ils dominent d’un coup tout l’appareil d’Etat.

. La corruption augmente jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une minorité honnête qui est envoyée en prison afin de ne pas perturber le commerce.

. La CIA convainc les hauts fonctionnaires que, avant de résoudre les problèmes, il est préférable de les occulter.

. La médiocrité est élevée au rang de mérite et tout est terminé.


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texte de Luis Britto Garcia
Traduit par R.V.
pour voir l'article original cliquez ici