24 févr. 2010

L'Amérique latine et le mouvement des non-alignés




Tout comme la conquête de l'Amérique, à partir de 1492, fut la plus grande opération de colonisation jamais entreprise, son Indépendance fut une des plus importantes gestes de décolonisation. C'est la soumission puis la libération de tout un continent et un hémisphère terrestre par rapport à quatre puissances européennes. L'apport économique de cette opération de pillage a été décisif pour le destin de l'Europe et du monde. Les flots de métaux précieux, ainsi que les produits végétaux qui les ont accompagné, décidèrent de l'hégémonie de l'Espagne durant deux siècles, la déroute des musulmans en Europe, la mise en place du capitalisme comme mode de production dominant et les hégémonies successives des empires qui, à travers le commerce et l'expansion globale et violente, prirent la relève de l'Espagne.

L’IMPÉRATIF DE L’UNITÉ

Après les indépendances américaines, les pays libérés comprirent, comme le feront par la suite les pays non alignés, la nécessité de l'unité pour maintenir leur autonomie et cimenter la coopération mutuelle. Les colonies anglaises établirent la puissante union que l'on connait comme Etats-Unis. Les libérateurs latino-américains ont toujours pensé l'indépendance comme une entreprise continentale. Des troupes venues des plaines du Venezuela et de la pampa argentine gagnèrent à Ayacucho. Bolivar a libéré ce qui forme aujourd'hui 6 pays. Avec 3 de ces pays il constitua l'énorme bloc de la Grande Colombie, et déjà en 1826 il tenta de consolider une union entre les peuples latino-américains lors du Congrès de Panama. Cette union devait servir de muraille contre les tentatives de reconquête comme ceux planifiés par la Sainte Alliance, créer un espace pour la collaboration économique et constituer un centre géopolitique de première importance grâce au canal de Panama, que Bolivar pensait déjà à construire. Les 2 grands projets de consolidation rencontrèrent des destins opposés. Les Etats-Unis préservèrent leur union, se répandant aux dépens de leurs voisins et en prenant le chemin qui les mènera à être la première puissance mondiale. L'Amérique Latine se divisa, fragmentant ce qui avait été 5 royautés jusqu'à les convertir en 25 pays, dont la faiblesse a permis qu'ils furent de nouveau dominés.

L’ÉMANCIPATION POLITIQUE ET LA DÉPENDANCE ECONOMIQUE

En Amérique Latine est apparut la seconde conviction que partagent les pays non alignés: qu'après avoir lutté pour l'émancipation politique, il faut lutter pour l'émancipation économique, stratégique et culturelle. Nos pays ont payé leurs Indépendances avec des dettes extérieures destructrices qui ont hypothéqué notre futur. Haïti a du indemniser les anciens propriétaires d'esclaves avec l'équivalent de 20000 millions de dollars actuels. La Grande Colombie a commencé sa vie indépendante avec une dette de 10 millions de livres sterling, qui fut divisée quand la grande union se fragmenta en 3 pays. Les Etats-Unis ont choisi le protectionnisme comme chemin invariable vers le développement économique. L'Amérique Latine, au contraire, a souscris des traités de libre commerce avec des pays plus développés, ce qui l'empêcha de protéger ses industries et ses exportations mais ne mis pas de frein au protectionnisme dissimulé des grandes puissances. Pour la naissante Amérique Latine, l'Indépendance politique équivalait, comme ce fut le cas par la suite avec de nombreux pays non alignés, à une rotation de métropoles.

LES ETATS-UNIS, DE COLONISÉS À COLONISATEURS

L'Amérique Latine fut le prélude de la troisième situation possible pour les pays non alignés: certaines colonies libérées peuvent à leur tour se convertir en pays dominateurs face à d'autres Etats libérés de la colonisation. L'Amérique Latine et les Caraïbes furent sujets durant une grande partie du 19ème siècle aux hégémonies et même aux invasions de la France, la Hollande et l'Angleterre. Mais depuis la fin de ce siècle les Etats-Unis, à travers la doctrine Monroe, tente de se réserver l'hémisphère comme une sorte d'empire soumis à sa tutelle économique, politique et stratégique. Cette hégémonie a été imposée par une cinquantaine d'interventions armées, et régie par des organisations comme l'Union Panaméricaine depuis 1899, ou l'Organisation des Etats Américains depuis 1945. C'est aussi depuis cette date que nos pays se sont obligés, à travers le Traité Interaméricain d'Assistance Réciproque, à s'envahir militairement en cas de supposée agression "extracontinentale", qui serait prouvée par l'inclination du pays victime vers une politique socialiste. On peut vérifier cette situation par le fait qu’à la conférence de Bandung en 1955, aucun pays latino-américain n’était présent. L’Amérique Latine et les Caraïbes paraissaient être « L’arrière Cour » des Etats-Unis.

L’AMÉRIQUE LATINE ET LES CARAÏBES DÉFIENT L’HÉGÉMONIE

Dans ce panorama, 2 ans à peine après la conférence de Bandung, un autre point fondamental de l'agenda des Non alignés apparait: des petits pays non alignés et non développés économiquement peuvent défier l'hégémonie avec succès, y compris celle de la plus grande puissance économique et militaire de la terre. Depuis 1959, Cuba nous enseigne comment donner de la cohésion à un peuple pour résister aux interventions militaires directes et à un embargo indéfini, en s'appuyant sur le jeu bipolaire mais sans céder à aucune souveraineté. Après de nombreuses tentatives, qui dans de nombreux pays sont étouffées par l'intervention ouverte ou dissimulée des Etats Unis, une révolution socialiste triomphe aussi au Nicaragua, une insurrection invincible persiste en Colombie, et au détour du siècle les victoires électorales portent au pouvoir des mouvements proclamés socialistes au Venezuela, en Bolivie et en Equateur, et à des candidats progressistes au Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine et Honduras. Des pays comme le Venezuela, la Bolivie et l'Equateur récupèrent le contrôle total sur les industries qui exploitent leurs ressources naturelles, et mettent en place des politiques de dépenses publiques, alphabétisation et éducation et santé gratuites. Le projet étasunien de Zone de Libre Commerce des Amériques (ALCA) est complètement vaincu, alors que le Mercosur se fortifie. L'Union des Nations Sud-Américaines est crée, ainsi que des institutions comme le conseil sud-américain de Défense, la Banque du Sud, pour remplacer la Banque Mondiale et le FMI, et le Sucre, le Système Unifié de Compensations de Réserves. L'aliénation préalable est brisée; à tel point que le Sommet 2006 du Mouvement des Non Alignés a lieu à La Havane, et actuellement les pays suivants, latino-américains et caribéens, sont membres du mouvement: Antigua y Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Bolivie, Chili, Colombie, Cuba, République Dominicaine, Equateur, Grenade, Guatemala, Guyane, Haïti, Honduras, Jamaïque, Nicaragua, Panama, Pérou, Saint Vincent et les Grenadines, San Cristobal , Sainte Lucie, Suriname, Trinité et Tobago, Uruguay et Venezuela.

Le Venezuela, à travers l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour l’Amérique) propose une nouvelle alliance basée sur la collaboration mutuelle et l’intégration régionale et non pas sur l’intérêt économique, et ouvre le pas à une nouvelle politique multipolaire orientée vers la collaboration du Sud avec le Sud, vers le G-77, vers les marchés africains et asiatiques et les intégrants du MNOAL.

L’UNIPOLARITÉ CONTRE-ATTAQUE

Les Etats-Unis répondent avec une politique agressive de Coup de Gourdin : ils mobilisent la IVème flotte dans les Caraïbes, ils établissent 2 bases militaires à Curaçao et Aruba, 7 bases en Colombie et 2 supplémentaires au Panama, ils favorisent et légitiment un coup d’Etat au Honduras, financent l’opposition des gouvernements progressistes et occupent militairement Haïti. Une fois de plus, ils tentent de résoudre militairement des problèmes économiques, sociaux, politiques et culturels qu’ils ne savent pas gérer.

LES NON ALIGNÉS RÉPONDENT

Les considérations antérieures ratifient la validité de l’idée qui anime le Mouvement des Non Alignés. La chute du monde bipolaire nous montre que la diversité de cultures et d’Etats est toujours en vigueur. La situation précaire de beaucoup des pays décolonisés face aux grandes puissances, qui prétendent toujours exercer leur pleine hégémonie et ne se résignent pas au concept de monde multipolaire, requiert une union qui permette d’échanger des points de vue, de concevoir des stratégies et d’affirmer le droit à la survie, à l’indépendance et à la souveraineté de l’immense majorité des pays et des habitants de la planète.



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L'article original en espagnol est ici

Traduit avec l'autorisation de l'auteur

15 févr. 2010

Manuel pour détruire un pays




1. Quand, alors que tu navigues sans savoir où tu vas, tu trouves une terre, affirme que tu l’as découverte et extermine tout ses habitants.

2. Si, une fois les habitants exterminés, tu ne trouves personne qui travaille gratis pour toi, enlève des centaines de milliers d’africains et convertis les en esclaves, jusqu’à avoir une proportion de 8 esclaves pour un colon.

3. Pour les dompter, donne leur du fouet dans le dos et de la religion dans le crane pour les forcer à adorer leurs exploiteurs

4. Viole les esclaves et confie aux mulâtres qui naissent les pires taches de répression envers leurs frères.

5. Afin de mettre en évidence la supériorité morale des maîtres, remets le pays aux mains des flibustiers de l’île de la Tortue commandés par le pirate Du Casse, en 1697

6. Augmente l’exploitation jusqu’à ce que Haïti, en 1791, produise 89 000 tonnes de sucre, plus que la Barbade, la Jamaïque et Cuba réunis, tout en t’assurant que pour les producteurs, la vie soit la plus amère du monde.

7. Proclame la Liberté, la Fraternité et l’Egalité dans la métropole française en 1789, mais quand les esclaves se soulèvent pour réclamer la même chose en 1791, envoie une expédition de 40 000 hommes (en 1801) pour empêcher que les haïtiens soient traités en tant qu’hommes et citoyens

8. Accepte en 1816 l’aide généreuse de Haïti pour obtenir l’Indépendance de l’Amérique Latine, mais oublie de l’inviter au Congrès de Panama en 1826.

9. Après que les esclaves se soient soulevés et aient vaincu les 40 000 envahisseurs en 1804, attends jusqu’en 1826 pour reconnaitre leur Indépendance, en échange d’une indemnisation de 150 millions de franc-or qui doivent être payés, non pas aux esclaves, mais à leurs anciens maitres.

10. Attends que cette dette détruise ce qui n’a pas été dévasté par la guerre de libération, et favorise en 1915 une invasion des Etats-Unis, qui occupent le pays jusqu’en 1934.

11. Pendant cette occupation militaire, augmente les privatisation: privatisation de la Nature (en 1925 60% des forêts étaient détruites, aujourd’hui 98%), privatisation de la société (80% de pauvreté), privatisation de l’éducation (52% d’analphabètes), privatisation de la santé (mortalité infantile de 110 pour mille), privatisation de la terre (70% des agriculteurs ne possèdent pas de terre), privatisation de la sécurité sociale (les pensions de vieillesse et le droit de grève sont abolis), privatisation des salaires (1,50 dollar par jour), privatisation des bénéfices (les investisseurs obtiennent des retours sur investissements de 500%), privatisation du commerce (70% des exportations sont pour les Etats-Unis), privatisation des iles (les îles Tortue et Cayemites furent données), privatisation des droits de l’Homme (30 000 opposants disparus en 15 ans), privatisation du sang (qui est acheté 3 dollars le litre et revendu 25 dollars le litre.)

12. Au moment de retirer les troupes, laisse le pays occupé par des dynasties de dictateurs brutaux qui assassinent tous ceux qui luttent pour améliorer le niveau de vie, pour les réformes sociales ou pour la démocratie.

13. Si un candidat gagne des élections démocratiques, appuie un coup d’Etat qui le renverse, l’enlève et l’exile.

14. Après le Coup d’Etat, privatise la « Minoterie d’Haïti » et « Ciment d’Haïti », les entreprises de blé et de ciment, et vends les à une entreprise de Kissinger, pour qu’en cas d’urgence les haïtiens n’aient ni pain ni ciment pour reconstruire leur pays.

15. Si le dictateur qui a envoyé le démocrate en exil est démis par le peuple, envahis de nouveau Haïti avec 18 bateaux de guerre, 2 porte-avions nucléaires, des dizaines d’hélicoptères Blackhawk, des véhicules blindés et 6000 soldats criant : « Nous ne sommes pas en guerre ; nous venons restaurer la démocratie et apporter de l’aide humanitaire. »

16. Une fois le dictateur restauré, laisse de nouveau le pays occupé par les forces militaires de l’ONU.

17. Si, malgré tout cela, le président élu démocratiquement et démis revient de l’exil et gagne de nouveau les élections en 2001, empêche l’arrivée de toute aide extérieure, impose un blocus, appuie un nouveau Coup d’Etat, enlève le démocrate et envoie-le en exil en Afrique du Sud.

18. Occulte les dénonciations comme celle de Marguerite Laurent, du Réseau Haïtien de juristes, et défenseuse de Jean Bertrand-Aristide, qui soutient que « il a été prouvé que les Etats-Unis ont découvert du pétrole à Haïti il y a des décennies et que, du fait des circonstances géopolitiques de cette époque, ils ont décidé de garder le pétrole haïtien en réserves pour quand celui du Proche Orient sera épuisé. » Ceci est détaillé par le Dr. Georges Michel dans un article daté du 27 mars 2004, dans lequel il résume l’histoire des explorations et des réserves pétrolifères d’Haïti, et dans les recherches du Dr. Ginette et de Daniel Mathurin. Il y a aussi des preuves que ces mêmes grandes compagnies pétrolières étasuniennes et leurs monopoles d’ingénierie et de sous-traitants dans la Défense ont fait des plans, il y a des décennies, pour les eaux des mouillages de Haïti, ou bien pour des raffineries de pétrole ou bien pour développer des endroits de stockage pour le pétrole brut, qui serait ensuite transbordé a des petits bateaux pétroliers pour approvisionner les Etats-Unis et les ports des Caraïbes. Tout ceci est détaillé dans un document sur la Dunn Plantation de Fort Liberté à Haïti (Cintia McKinney: Global Research).

19. Utilise contre le pays, sans déclaration de guerre, tout le répertoire des armes psychologiques, chimiques, bactériologiques, virales, climatiques et tectoniques que peuvent produire les laboratoires du mal.

20. Quand le désastre naturel s’abat sur un peuple qui a supporté tant de catastrophes politiques et sociales, occupe ses aéroports et ses points stratégiques avec des unités de la IVème flotte, de la 82ème division aéroportée, 20 000 marines armés et 3500 soldats supplémentaires de l’ONU, pour empêcher l’arrivée de secours, terminer avec les balles ceux que le séisme n’a pas exterminé et convertir le pays en base militaire.

Une fois le pays de retour à l’esclavage, n’oublie pas que ce manuel est à format unique et s’applique à tous les pays du monde, chacun son tour.


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Article en espagnol ici

Traduit par R.V. avec l'autorisation de l'auteur

9 févr. 2010

L'Equateur dans l'ALBA*




*Alliance Bolivarienne pour l'Amérique

1

L’historien Plutarque a écrit sur les Vies parallèles pour démontrer qu’il y a des coïncidences entres des personnages historiques distincts. Il faudrait un autre Plutarque pour narrer les ressemblances entre les pays de Notre Amérique : des histoires parallèles qui, contredisant la géométrie, ne font que se rencontrer.

2

L’Equateur, comme le Venezuela, fut libéré par les troupes de la Grande-Colombie. Après la libération, l’Equateur, comme le Venezuela, souffre le harcèlement des nouveaux conquistadors. Les Etats-Unis imposèrent la base navale de Manta, qui orienta surement l’agression de la Colombie. En faisant usage de sa souveraineté, L’Equateur exigea et obtint la désoccupation de Manta. Les Etats-Unis encerclent le Venezuela avec 9 bases militaires en Colombie et Curaçao et en installent 2 supplémentaires au Panama. Face aux bases à l’intérieur des frontières, la souveraineté ; face aux bases aux frontières, la cohésion souveraine.

3

L’Equateur et le Venezuela souffrent du poids écrasant de leurs dettes extérieures. Les 2 se ressemblent comme des gouttes d’eau : contractées sans respecter les conditions légales et constitutionnelles indispensables ; dilapidées en commissions, rapports techniques et intermédiations ; pactées de forme illégale entre préteurs et emprunteurs sans autre but que de s’enrichir ; avec des clauses immorales qui permettent au prêteur de changer les intérêts et les conditions du contrat selon ses caprices. Elles présentent toutes deux toutes les caractéristiques de la « dette infâme », en vertu de laquelle les Etats-Unis annulèrent la dette de Cuba envers l’Espagne en 1899. En 1984 je fis partie d’une Commission d’Étude et de Réforme Fiscale qui détermina que près de la moitié de la dette extérieure vénézuélienne fut contactée irrégulièrement. Par manque absolu de ressources pour payer, l’Equateur fut mis en demeure en 1999 et dut « dollariser » sa monnaie. En 2007 Correa a crée une Commission d’Audit intégral du Crédit Public, selon laquelle la dette fut contractée au détriment du droit national vu

« a. l’usurpation des affaires internes du pays qui résultèrent être un affront à la souveraineté

b. la remise de l’immunité souveraine du pays, de l’immunité de juridiction et du droit à la défense et à la réclamation

c. la violation des droits fondamentaux du peuple et des communautés et irrespect des traités sur les droits de l’homme

d. les clauses abusives qui violent les droits d’un pays souverain

e. la violation des régulations du FMI, de la Banque Mondiale et de l’IDB, ainsi que des lois des pays prêteurs et emprunteurs.

f. les relations asymétriques entre les parties

g. l’usure et les intérêts composés

L’Equateur appliqua la stratégie de rachat des titres à la baisse, pour un total de 10 124 millions de dollars, 19,8% du PIB, pour seulement 7 015 millions de dollars : 13,7% du PIB, avec une baisse proche du tiers du montant d’origine. Pour éviter que des tribunaux étrangers prennent les décisions sur les contrats d’intérêt public, l’Equateur se retira du centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Le Venezuela appuya cette décision, sans la mettre en œuvre. Le résultat est que des fonctionnaires et des juges, qui de national n’ont que le surnom, continuent à soumettre notre souveraineté à des juges, des arbitres et des systèmes normatifs étrangers. Cette attitude contre notre pays de la part de fonctionnaires qui devraient le défendre a couté au Venezuela un blocus et un bombardement par 3 empires en 1902, et la tentative d’embargo de ses réserves internationales par Exxon l’an passé. De la même façon que l’Equateur, en révisant notre Dette et en nous retirant de l’infâme CIRDI, nous devons implémenter des politiques patriotes, immédiates, contendantes.

4

En Equateur, comme au Venezuela, le dévouement des partis traditionnels au néolibéralisme a ouvert la voie aux mouvements sociaux. En 10 ans, 7 présidents ont été répudiés par les masses. Au Venezuela comme en Equateur les mouvements sociaux ont ouvert le chemin vers le socialisme. Ici nous l’appelons le socialisme Bolivarien, en Equateur le Révolution Citoyenne, ou Sumak Kawsay, le bien vivre ou vivre en plénitude. Les 2 impliquent la démocratie, l’emphase sur les dépenses publiques, la socialisation progressive des moyens de production. J’assiste à une réunion de mouvements sociaux à Quito, où l’on discute longtemps, passionnément et avec tension sur la participation des bases. Après un long parcours à travers les Andes j’arrive à Ambato, où Rafael Correa rend les comptes de la troisième année de la Révolution Citoyenne, au milieu de gigantesques images de Bolívar, Montalvo et Alfaro, devant une concentration colossale pour cette petite ville. Ici il annonce la révocation de 4000 concessions sur des ressources naturelles données allègrement. Il affirme que 80% du prix de chaque baril de pétrole reste pour l’Equateur. Il affirme qu’il ne souscrira pas les accords de Yasuni sur l’abstention d’usage des ressources naturelles, dans lequel les européens ont inséré des clauses déprimantes et qui vont contre la souveraineté de l’Equateur. Ils exigeaient d’étendre l’accord sur plus du double du territoire originalement accordé, faire et défaire selon leur volonté. Les ressources de l’Equateur appartiennent à l’Equateur, de la même façon que celles du Venezuela appartiennent au Venezuela, de tout les vénézuéliens sans exception, et non de groupes minoritaires de l’extérieur ou de l’intérieur.

5

L’Equateur, comme le Venezuela, est un pays côtier, andin et amazonien. Le Venezuela, comme l’Equateur, conserve des ressources convoitables d’hydrocarbures, de biodiversité et d’eau douce.

L’Equateur, le Venezuela et l’Amérique Latine souffrons de généreux sauveurs européens ou étasuniens qui prennent le contrôle de nos ressources, en nous divisant et en nous faisant nous affronter entre américains. C’est à ce nom que 60 millions de personnes moururent et 190 millions de kilos d’argent furent extraits de notre sol pour enrichir l’Europe. En Equateur, la minoritaire CONAIE (Confédération des Nations Indigènes de l’Equateur) a exigé que Correa leur donne le pouvoir de prendre les décisions sur les concessions des ressources naturelles du pays, avec « CONSENTEMENT PREALABLE, LIBRE ET INFORMÉ, avec droit de véto et de caractère inaliénable ». Correa le leur refusa, la CONAIE s’est présenté aux élections et n’a obtenu qu’un seul député. La décision sur les ressources naturelles appartient toujours en Equateur à la majorité démocratique. Au Venezuela ils nous ont aussi demandé de donner le contrôle des ressources naturelles et du sous-sol aux minorités. Et bien Non. 60% de l’eau douce et 80% de la biodiversité de la planète, la jungle qui produit l’oxygène et la plus grande part des hydrocarbures, ainsi que le droit à les exploiter de manière souveraine, nous appartiennent de façon indivisible, intransférable et démocratique à nous, latino-américains et caribéens, qui l’avons gagné ensemble avec notre souveraineté. Que Dieu nous protège des conquistadors et des exploiteurs, je me charge des sauveurs. Au moment de défendre notre unité et notre souveraineté et le droit à disposer de nos ressources, nous sommes identiques, Equateur, Venezuela, Amérique Latine et Caraïbes.


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Traduit par R.V. avec l'autorisation de Luis Britto Garcia (me contacter pour d'éventuelles améliorations de la traduction)

Article d'origine en espagnol ici

20 janv. 2010

Nouvelle année, Nouveau peuple




C’est parti! Le coup de feu retentit et démarrent tous ceux qui croient que la nouvelle année est un nouveau calendrier et non pas une reformulation de la vie.

Le monde entre dans la dernière moitié de siècle de réserves d’hydrocarbures et les empires se ruent vers l’énergie fossile comme des rapaces.

La planète entre dans son dernier siècle de biodiversité et les transnationales s’élancent pour l’anéantir.

Le globe entre dans ses dernières décades d’eau potable et les monopoles chargent pour s’en accaparer

Le capitalisme dégringole vers sa tombe et sort les griffes pour emporter avec lui toute l’humanité

L’empire se fait de plus en plus agressif alors qu’il faiblit et sème le monde de bases de la mort avec l’espoir de survivre en nous tuant tous.

Tout pays possédant des hydrocarbures, de la biodiversité ou de l’eau potable aura un conflit asymétrique dans son futur.

Le Venezuela commence la décennie assiégé par neuf bases de la première puissance impérialiste du monde et avec des blindés et des porte-avions de la IVème flotte rodant dans ses eaux.

Nous fermons la première décennie sans avoir terminé l’inventaire intégral de notre territoire, de ses ressources et de ses zones en danger écologique, alors que chaque centimètre de celui-ci est surveillé et fouillé par les pouvoirs étrangers à travers de satellites artificiels, radars de grande portée, écoutes électroniques et avions espions.

Notre pays inaugure la décennie de la menace sans avoir établi une présence efficace et continue de l’Etat dans de grandes parties du territoire, spécialement aux frontières soumises à des flux migratoires non contrôlés, pacifiques ou armés.

Le Venezuela entre dans la décennie de la confrontation cruciale sans avoir établi l’autonomie alimentaire, ni le degré de production industrielle endogène de biens essentiels pour la consommation du peuple, nécessaire pour se défendre.

Le Venezuela et l’Amérique Latine entrent dans une décennie décisive alors que les questions ethniques sont sous la tutelle des ONGs des Etats-Unis, qui imposent la doctrine selon laquelle chaque partialité culturelle doit avoir son propre gouvernement, ainsi qu’un territoire propre avec des droits exclusifs sur les ressources et le sous-sol et un droit à expulser les autorités de l’Etat National.

Le Venezuela se réveille avec un pays voisin dont l’oligarchie élève une armée de 500 000 hommes et laisse des bases étasuniennes occuper son territoire.

La patrie de Bolivar se réveille de bon matin avec une occupation de milliers de paramilitaires qui installent des barrages et Font payer des vaccins, supplantent la pègre vernaculaire dans le narcotrafic, la traite de personnes, les tueurs à gage, le prêt à taux d’usure et le jeu illicite, et acquièrent stratégiquement des entreprises de transport et de communications.

A l’intérieur de ses frontières le Venezuela accueille 4 300 000 ressortissants du pays qui le menace ; beaucoup de fugitifs de l’oligarchie; d’autres inconditionnellement fidèles à celle-ci.

Alors que tous les pouvoirs financiers affilent leurs couteaux pour égorger le Venezuela avec des actions en justice téméraires et des embargos de biens et de réserves internationales, des juges vénézuéliens soutiennent que la souveraineté du Venezuela n’existe pas et qu’elle peut être condamnée et exécutée avec des lois étrangères par des juges ou arbitres étrangers.

Dans une période de crise mondiale, quand chaque pays dépend de ses revenus et de ses réserves, le Venezuela exempte criminellement, à travers les Traités contre la Double Imposition, les transnationales de payer 18 750 millions de dollars annuels d’impôts sur les bénéfices qu’elles font dans le pays.

Alors que le fascisme de l’Empire et de ses pays limitrophes affine sa stratégie d’agression et de génocide, notre principale organisation politique n’a pas finit de définir clairement ses orientations idéologiques et de les imposer à ses militants.

Le Venezuela entre dans l’ombre de la menace de mort, et pendant ce temps il est informé, diverti et éduqué par un appareil de communication en grande partie ennemi du Venezuela, exempté de l’accomplissement des lois par les autorités chargées de les faire appliquer.

Le Venezuela entre dans la pénombre et il n’y a, pour l’illuminer, aucun institut compétent académiquement et scientifiquement afin d’analyser ses problèmes cruciaux, formuler ses objectifs, designer ses stratégies et les transformer en plans.

Nous allons vers les ténèbres sans avoir créer les institutions de haut niveau pour l’analyse et l’évaluation des forces, des faiblesses et des conjonctures de nos opposants et le développement de politiques pour les affronter.

Nous nous enfonçons dans le cône d’ombre de l’éclipse annoncée sans avoir adopté les mesures légales, administratives et judiciaires pour conjurer tous ces vides, toutes ces faiblesses.

Nous n’avons toujours pas capté ce qui est clair pour l’adversaire: l’Amérique Latine dépend du Venezuela, et le monde dépend de l’Amérique Latine.

Nous inaugurons la nouvelle décennie avec l’idée que le conflit est imminent, mais avec peu de certitudes sur ses conséquences les plus probables, comme l’annihilation de la superstructure Etatale dans les premiers jours d’affrontement.

Les Etats-Unis auraient pu balayer la petite armée de Cuba mille fois; s’ils n’ont pas essayé de nouveau c’est parce qu’ils auraient du affronter un peuple compact comme une muraille.

L’Empire tenta en vain de détruire l’armée Vietcong: il n’y arriva pas car cette armée était tout le peuple, et ce peuple était toute une armée

Toute pensée sur le futur du Venezuela, de l’Amérique Latine, du monde, est purement rhétorique s’il ne s’articule pas sur l’idée d’une fusion indestructible de l’appareil du parti, de l’Etat et militaire avec les bases sociales.

L’interrogation est de savoir si nous pourrons articuler cette fusion à temps pour dissuader le conflit, ou si nous devrons le faire par la voie de la force une fois que nous aurons reçu le coup destructeur simultané de la narcoligarchie et de l’empire


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Traduit par R.V. avec l'autorisation de l'auteur.
Me contacter pour toute amélioration de la traduction
article original en espagnol ici

30 déc. 2009

Émigrant Américain




. Il y a 500 ans les européens émigrèrent, fuyant leurs famines et leurs guerres internes, ils mirent le monde à feu et à sang, emportèrent le butin en Europe et, aujourd'hui, ils ne veulent pas que l'on émigre la bas pour le partager.

. Au début du Troisième Millénaire, 54 millions de personnes migrent d'un pays vers un autre en Asie; 31,5 millions vont en Europe, 30 millions vers les Etats-Unis, 19 millions vers l'Afrique, 9 millions en Océanie et 9 millions en Amérique Latine et aux Caraïbes (Salker 2000).

. Aux Etats-Unis la statue de la liberté invite les sans-terre à entrer; à la frontière avec le Mexique le Mur de la Honte ferme le passage aux "Hispanos" dont les 40 millions d'émigrés constituent la minorité démographiquement la plus importante, punis par des cotisations, des exclusions et des discriminations qui rendent sa main d'œuvre bon marché

. Les Etats-Unis eux mêmes sont la cause de cet exode. Le comité de Santa Fe confesse que: "Le Traité de Libre Commerce a arraché les paysans et les indigènes de leurs parcelles et de leurs terres communales, en raison de la baisse des impôts sur l'importation de produits alimentaires provenant de l'industrie agricole nord-américaine et canadienne. Pour s'éloigner de leurs possessions ancestrales, ces gens prennent la direction du nord. Mais les industries frontalières - maquiladoras - ont un surplus de personnel et préfèrent employer des femmes, de sorte que les refugiés économiques continuent d'avancer vers les états frontaliers de Californie (37% de latinos), Arizona (22% en 1999, majorité en 2006), Texas (30%) et encore plus au Nord, dans le Middle-west, spécialement en Iowa et Minnesota (Santa Fe IV 2000).

. Les mexicains traversent la frontière avec les Etats-Unis pour trouver du travail dans le secteur agricole et manufacturier. Depuis les années 80 du siècle passé déjà, dans le document Santa Fe I, les assesseurs de la politique extérieure étasunienne montrait leur préoccupation d'un tel flux migratoire et affirmait que "les Etats-Unis et le Mexique doivent chercher une solution au flux de travailleurs sans papiers vers les Etats-Unis. L'objectif est d'offrir un emploi temporel pour un certain nombre de citoyens mexicains. La stricte application des quotas sera la responsabilité aussi bien des autorités mexicaines que nord-américaines." (Santa Fe I, 1980)

. Peu après, le comité Santa Fe insistait sur le fait que: "Les maquiladoras tout au long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique ont donné du travail à des centaines de milliers de mexicains. Cependant, il n'est pas sur qu'un tel bénéfice existe pour les travailleurs nord-américains. De plus, les millions de mexicains qui sont attirés vers le Nord, et dont les aspirations ne sont pas satisfaites, ont tendance à traverser la frontière vers les Etats-Unis; ce qui accélère encore l'immigration illégale." C'est pourquoi le Comité Sante Fe demanda une solution inhumainement exemplaire: "Les industries nord-américaines devraient considérer la possibilité de transférer ses maquiladoras beaucoup plus à l'intérieur du Mexique" (Santa Fe II 1988). Les Etats-Unis s'attribuèrent les compétences pour choisir la localisation des industries au Mexique, exactement en fonction de leurs propres problèmes migratoires.

. A la suite du Traité de Libre Commerce, près d'un million de travailleurs agricoles mexicains ont abandonné chaque année leur campagne, pour migrer vers les usines des villes frontalières ou aux Etats-Unis (Martínez Enríquez: “La globalización neoliberal y la libertad de movimiento” 2006, 143).

. Pour les récompenser d'avoir maintenu à flot l'économie étasunienne avec leurs salaires extrêmement bas, le projet de Loi sur l'Immigration de mars 2006 prévoit la déportation de millions d'immigrés, le refus de la nationalité étasunienne pour leurs enfants nés aux Etats-Unis, le doublement des effectifs des patrouilles à la frontière, la création d'un "mur virtuel" avec des caméras et ses senseurs ajoutés au "Mur de la Honte". Des mobilisations de millions de personnes ont obligé le Comité Judiciaire à approuver une modification qui permettra aux immigrants illégaux qui sont arrivés avant 2004 de continuer à travailler aux Etats-Unis (EFE: Últimas Noticias 29-3-2006, 63).

. Parallèlement à cela en Europe, dont les flux migratoires furent toujours généreusement accueillis en Amérique, on approuve une Loi du Retour pour l'expulsion compulsive des immigrés.

. Après les interventions des Etats-Unis à Puerto Rico et u Panama et à Haïti et en République Dominicaine et à Cuba et au Guatemala et au Nicaragua, des marées de citoyens de ces pays migrent vers l'agresseur. Les Etats-Unis soutiennent les dictatures d'Amérique du Sud, ce qui provoque la fugue d'un million et demi de personnes.

. Ces dernières années, près de 18 millions de personnes ont émigré du Mexique; 3 millions du Pérou, 1 million et demi du Salvador, un million du Nicaragua, 800 000 d'Equateur (Escudier, Juan: “¡Que se vayan todos!”, Question, julio 2005,14). Quelques 5 millions ont émigré de Bolivie et 4 millions de Colombie. Chaque fois que les Etats-Unis déstabilisent économiquement ou politiquement un pays ou une région, il doit faire face à une avalanche de réfugiés qui fuient le désastre.

. Pendant les 5 premières années du 21ème siècle, quelques 25 millions de personnes ont abandonné leur pays en Amérique Latine et aux Caraïbes, beaucoup de manière illégale. L'Argentine, le Brésil, Le Costa Rica et le Venezuela sont les pôles d'attraction pour l'immigration intra-régionale; le Mexique, la Colombie, l'Equateur et les pays des caraïbes sont ceux qui envoient le plus d'émigrés vers les Etats-Unis et l'Europe, surtout en Espagne. La 2ème source de revenu extérieur de l'Equateur provient de l'argent que ses émigrés envoient à leurs familles, et cela alors qu'il s'agit d'un pays exportateur de pétrole.

. En 1996, le Mexique est à la deuxième place parmi les 20 principaux pays en développement et en transition en ce qui concerne l'argent reçu par les émigrés, avec 4,22 milliards de dollars; le Brésil est à la 11ème place avec 1,21 milliards de dollars; le Salvador est à la 14ème position avec 1,08 milliards de dollars et la République Dominicaine est en position 17 avec 0,84 milliards de dollars. Ces 20 pays reçoivent 88% des remesas internationales (remesa = l'argent envoyé par les émigrés à leurs familles restées au pays)(PNUD 1999, 27).

. Dans certains pays de tels envois d'argent signifient un poids significatif de l'économie: à Haïti ils apportent 24% du Produit Intérieur Brut, 11% au Nicaragua, 10% au Honduras, 14% au Salvador et 10% en République Dominicaine (CEPAL 2005, 13).

. Selon la CEPAL, l'Amérique latine et les Caraïbes sont une des régions qui reçoit le plus de remesas. Durant l'année 2004 elles représentaient autour de 45 milliards de dollars, chiffre similaire au montant de l'Investissement Etranger Direct (IED) et largement supérieur à l'aide officielle pour le développement reçue dans la région. C'est en fait l'Amérique Latine et les caraïbes qui aident d'autres régions en leur apportant de la main d'œuvre déjà formée et productive à laquelle on ne reconnait aucun droit du travail ou humain.

. De cette façon, l'Amérique latine exporte son futur, des bras pour les récoltes jusqu'aux cerveaux pour la technologie de pointe. Ainsi, Carlos Lage, vice-président du Conseil d'Etat Cubain affirme: "Un million de scientifiques et de professionnels formés en Amérique Latine, pour un coût de quelques 30 milliards de dollars, vivent aujourd'hui dans des pays développés, et nous devons payer pour utiliser leurs innovations et leurs apports, ou nous en passer." Il n'est pas juste qu'il existe un libre flux de marchandises alors que les obstacles au libre mouvement de la force de travail sont croissants et que des nouvelles barrières, non-douanières, apparaissent dans les pays riches."(Lage 1999, cit. por Martínez Enríquez, 2006, 145).

. Les Etats-Unis et l'Union Européen ont désespérément besoin des bras bon marché de nos émigrés pour se battre dans leurs guerres impériales, faire marcher leurs industries et maintenir leur populations vieillissantes. Les lois discriminantes existent pour les maintenir en dehors des salaires justes, des Droits de l'Homme, de l'Humanité.


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Traduit par R.V. avec l'autorisation de Luis Britto Garcia. (me contacter pour une amélioration)
Article original en espagnol disponible ICI

15 déc. 2009

NARCOTRAFIC





Toute substance que nous incorporons altère notre corps et notre esprit
C'EST POUQUOI
Ingérer c'est choisir une perception et un état d'esprit
C'EST POURQUOI
Celui qui contrôle ce que nous ingérons nous contrôle
C'EST POURQUOI
Les substances hallucinogènes sont confisquées par la caste qui accapare tout ce qui est sacré
C'EST POURQUOI
Les substances qui excitent sont dosées par la caste qui parasite les efforts et le courage des autres
C'EST POURQUOI
Les substances qui réduisent en esclavage sont administrées para la caste esclavagiste
C'EST POURQUOI
L'obéissance devient une habitude
C'EST POURQUOI
L'habitude est obéissance
C'EST POURQUOI
Le contrôle des substances donne le Pouvoir
C'EST POURQUOI
Le Pouvoir contrôle les substances
C'EST POURQUOI
La succession des pouvoirs consiste en la modification des classes qui possèdent le contrôle des drogues
C'EST POURQUOI
Le capital réduit la drogue à une marchandise
C'EST POURQUOI
La drogue érige le capital comme souverain
C'EST POURQUOI
Les empires se forment en dévastant le monde pour obtenir les substances qui modifient les connaissances et les sentiments
C'EST POURQUOI
Les portugais ravagent l'Afrique et l'Asie au XVème siècle pour le thé et les épices, les espagnols dévastent l'Amérique au XVIème siècle pour le cacao, le tabac et le café
C'EST POURQUOI
5 Millions d'indigènes et d'africains, stimulés para la feuille de coca, meurent dans le Potosi, en excavant les 16 millions de kilos d'argent qui feront démarrer le capitalisme en Europe.
C'EST POURQUOI
Les anglais attaquent l'Inde en 1756 pour détruire ses cultures d'aliments et les remplacer par des cultures de cannabis et de pavot.
C'EST POURQUOI
Comme le racontait Thomas de Quincey, pour les anglais mourant de faim il revenait à moins cher de calmer leur faim en mangeant de l'opium que de la nourriture
C'EST POURQUOI
Si la religion est l'opium du peuple, l'opium est la religion des empires
C'EST POURQUOI
Les drogues qui rendent esclaves par addiction, comme l'opium, ou qui augmentent la résistance pour le travail, comme la cocaïne, soutiennent des empires mondiaux alors que les drogues qui ouvrent les portes de la perception, comme la mescaline ou la psilobicina sont des raretés poursuivies.
C'EST POURQUOI
La flotte anglaise impose à coups de canons la libre contrebande puis le libre commerce et attaque la Chine entre 1839 et 1860 pour l'obliger à acheter de l'opium
C'EST POURQUOI
L'armement qui impose le commerce de la drogue et la drogue qui finance l'armement deviennent 2 des plus grandes industries du monde.
C'EST POURQUOI
Après avoir quasiment épuisé le charbon du monde pour la fonte des armes et les chaudières des bateaux de la flotte impériale qui impose le libre trafic de drogue, les empires incluent parmi les 3 grandes industries du monde l'exploitation des hydrocarbures qui leur permet de fabriquer des armes et de propulser leurs bateaux.
C'EST POURQUOI
Selon le rapport mondial sur les drogues de 2005 de l'Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime (UNODC), le marché global de la drogue atteint en 2004 322 milliards de dollars, ce qui représente 8% du total du commerce mondial (United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC): World Drug Report 2005; Vienne, Autriche: UNODC, Juin 2005, p. 127), alors que les autorités confisquent seulement entre 10% et 15% de l'héroïne et 30% de la cocaïne en circulation (Associated Press: "U.N. Estimates Drug Business Equal to 8 Percent of World Trade," 26 juin 1997)
C'EST POURQUOI
Selon le rapport de l'UNODC en 2003, 185 millions de personnes consommaient des drogues illégales, ce qui représente 3% de la population mondiale et 4.7% de la population entre 15 et 64 ans. 150 millions consommaient de la marijuana, 38 millions consommaient des amphétamines ou dérivés, 15 millions pour l'opium, 13 millions pour la cocaïne, 8 millions pour l'ecstasy, et l'Organisation Mondiale de la Santé estime que 250000 personnes meurent pour avoir consommé de la drogue en excès, soit 0.4% des morts.
C'EST POURQUOI
Le Gouvernement des Etats-Unis constate que ses citoyens dépensent 65 milliards de dollars chaque année en drogue, soit quelques 20 milliards de plus que dans l'alcool (Associated Press: "U.N. Estimates Drug Business Equal to 8 Percent of World Trade," 26 juin 1997)
C'EST POURQUOI
Selon Franck Pick, éditeur du Currency Yearbook, "les transferts du produit des ventes de drogues en dehors des Etats-Unis est possible grâce à une technique et à une connaissance spéciale ainsi que de connexions au sein du gouvernement et des agences de douanes. Un Tiers de l'argent circulant aujourd'hui appartient à l'économie clandestine" (Executive Intelligence Review: Narcotráfico S.A.; The New Benjamín Franklyn House, Nueva York,1985, p.262).
C'EST POURQUOI
La circulation de telles quantités d'argent, et l'entrée de volumes de substances illicites de plus en plus importants, dans un pays où les satellites surveillent chaque centimètre de la surface de la planète, où les radars suivent le trajet de chaque vol et où les systèmes d'espionnage peuvent entrer dans n'importe quel courrier électronique, prouve qu'il y a une complicité entre les trafiquants et les plus hautes instances du pouvoir
C'EST POURQUOI
Pendant la guerre du Vietnam les autorités étasuniennes ont maintenu d'énormes opérations parallèles de culture de pavot au Cambodge, et en 1984 des assistants directs du Président des Etats Unis trafiquaient de la drogue pour financer la contre-insurrection au Nicaragua et la déstabilisation du gouvernement en Iran
C'EST POURQUOI
Le complexe militaire industriel signalé par le président Eisenhower devient un complexe narco militaire industriel
C'EST POURQUOI
Pour faciliter la production et le trafic de drogue, une narco-économie, une narco-politique, une narco-stratégie, une narco-milice, une narco-culture, une narco-finance se développent dans les pays impérialistes et dans les pays soumis à une intervention impérialiste.
C'EST POURQUOI
Les pays vitaux pour le commerce transnational de la drogue sont victimes d'occupations impérialistes pour s'assurer de l'approvisionnement
C'EST POURQUOI
Le prétexte de combattre la drogue sert d'alibi pour renverser les gouvernements qui sont des obstacles pour la production ou le trafic de drogue.
C'EST POURQUOI
Les Etats-Unis envahissent le Panama en 1989 et place Guillermo Endara, dirigeant des principales banques laveuses de capitaux, comme président
C'EST POURQUOI
Les Etats-Unis, appuyés par leurs alliés européens, envahissent l'Afghanistan en 2001, légalisent la culture du pavot, et selon le rapport 2002 sur les drogues de l'UNODC, ce pays produit les trois quart de l'opium mondial et augmente sa production de 5%.
C'EST POURQUOI
Les Etats-Unis interviennent en Colombie avec plus de 7 000 milliards de dollars, tout type d'armements et PLUS d'un millier de combattants étasuniens, en mettant en marche les plans Colombia, Patriota et Victoria; et ce pays totalise en 2005 640 des 910 tonnes cubiques de production, 180 autres provenant du Pérou et 90 de Bolivie (United Nations Office on Drugs and Crime, "World Drug Report 2006, Volume 1:Analysis" ; United Nations: Vienne, Autriche, 2006, p. 82).
C'EST POURQUOI
Selon José Miguel Vivanco, directeur de Human Rights Watch en Amérique Latine, "le problème fondamental de la Colombie est que le gouvernement du président Uribe a mis en place une politique dite de `démobilisation de paramilitaires´. Ce processus est dirigé par les chefs paramilitaires, principaux capos du narcotrafic, qui ont obtenu des concessions à répétition de la part du président Uribe, qui leur permettent de laver leur fortune illicite (“La región vive una profunda crisis de seguridad pública”; Américaeconomía 10-3-2008, p.63).
C'EST POURQUOI
En 2004 92% de la cocaïne entre aux Etats-Unis en partant de la Colombie, via le Mexique, et le reste en provenance des Caraïbes, selon l'officiel de la DEA Antonio Plácido
C'EST POURQUOI
Jeffrey Davidov, ancien ambassadeur des Etats-Unis au Mexique, a confessé qu'une enquête réalisée en 1979 indique que 25 millions d'étasuniens, c'est à dire 14.1% de la population de plus de 12 ans, avait consommé des drogues au moins une fois dans le mois précédent l'enquête (http://www.usembassy-mexico.gov)
C'EST POURQUOI
Pour maintenir le flux de cocaïne des cartels mexicains de Juarez et du Golfe et les ports de vedettes rapides du Guatemala, on fortifie le couloir stratégique du Plan Puebla-Panama, qui connecte les Etats-Unis avec le Mexique et qui, avec l'appui des sicaires du Chiapas, des paramilitaires du Guatemala et des armées honduriennes et du Panama, relie l'enclave militaire du Plan Colombie.
C'EST POURQUOI
Toutes les forces du bloc de pouvoir des pays interventionnistes et des pays occupés se concentrent sur l'objectif de soumettre les autres pays au trafic, comme marchés pour la consommation, blanchisseurs de capitaux.
C'EST POURQUOI
Le Venezuela, pays sans production de drogue, devient, a son insu, route des trafiquants, proie des blanchisseurs de capitaux qui s'approprient des industries légales, comme le transport, ou illégales comme le narcotrafic et les casinos, objets d'une progressive invasion de paramilitaires qui exercent le crime contre les défenseurs sociaux, remplacent la pègre vernaculaire et établissent des enclaves dans les zones populaires, et objectif des plans de sécession et d'intervention dans le but de lui arracher les réserves d'hydrocarbures les plus riches de l'hémisphère.
C'EST POURQUOI
Ou nous nous défendons ou nous périssons


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Publication originale en espagnol sur le site http://luisbrittogarcia.blogspot.com

Traduit avec l'autorisation de l'auteur

14 déc. 2009

Concentration de Capital

Voici les histoires que l'on raconte la nuit devant les ruines des grands temples que l'on appelait usines.

Dans les usines, jour et nuit, nous travaillions pour créer les produits sacrés. Pour ce travail, nous recevions le talisman-argent que nous pouvions échanger contre les produits que nous mêmes fabriquions. Nous fabriquions toujours plus de produits que nous recevions de talismans. Par la suite, ils nous ont ordonné de fabriquer des produits automatiques qui fabriquent des produits. A la fin, tous les produits étaient fabriqués par des produits automatiques, eux même fabriqués par des produits automatiques. C'est ainsi que nous fûmes bannis des Usines Promises. Nous fûmes tous jetés de toutes les usines parce que toutes les usines se concentrèrent en un seul Capital Véritable. Le Capital Véritable privatisa toute l'eau, les mots, les êtres vivants. Une fois exclus de toutes les usines personne n'avait plus de talisman-argent pour acheter les produits sacrés. Comme personne ne pouvait les acheter, les produits sacrés s'accumulèrent derrière les murailles impénétrables des dépôts. A l'extérieur des murailles impénétrables des dépôts nous commencions à mourir et à nous dévorer. A l'intérieur des impénétrables murailles des dépôts, les produits finirent par pourrir ou par rouiller. Les produits automatiques qui fabriquaient des produits automatiques qui fabriquaient des produits se paralysèrent. Nous, travailleurs sans travail, commençâmes à nous consommer les uns les autres comme des produits. Il n'y avait aucun endroit pour chasser ou récolter comme en d'autres âges. Tous les terrains étaient de l'autre coté des murailles impénétrables des dépôts. Devant le temple fermé de l'unique Capital Véritable nous avons assisté au Sacrement. Ainsi, nous fûmes tous dévorés par Lui, les uns après les autres jusqu'au dernier nous nous sommes dévorés. Prenez et buvez, que ceci est mon sang. Prenez et mangez, que ceci est ma chair.



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Pour lire le texte original de Luis Britto Garcia c'est ici