5 juin 2011

Reflexions sur le nouvel ordre du pillage international



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Il se trouve donc que l’ONU, tout autant que le Conseil de Sécurité, l’OTAN, les Traités Internationaux ou le tribunal de La Haye ne sont que des alibis pour que les puissants pillent les faibles. La liberté d’expression, le Prix Nobel de la Paix, la culture ne sont que des prétextes pour tuer au nom de l’humanisme, appeler agresseur celui qui se défend et bombarder les victimes afin de les sauver. Le capitalisme vit en volant ses propres peuples avec la fraude financière et ceux de la périphérie avec le pillage armé. A part répéter mille et une fois de plus ce que tout le monde sait déjà, que faire ?

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Si tu ne peux les vaincre, joint toi à eux, dit la prière du mercenaire. Tout un catalogue d’exemples déconseille cette liaison. Marcos Pérez Jiménez, qui a servi les politiques des Etats-Unis, a fini par être extradé par ceux-ci à un cachot au Venezuela. Manuel Noriega, qui a apparemment collaboré avec la DEA en certaine occasion, a fini par occuper le cachot d’un prisonnier qui l’a accusé pour obtenir sa liberté. Alberto Fujimori, qui a noyé le Pérou dans une mer de sang, se languit dans la même cellule où il avait auparavant fait enfermer Abimael Guzmán. Les talibans, créés, équipés, financés et entrainés contre les soviétiques para la CIA, son désormais immolés dans la Guerre Sainte de cette dernière. Saddam Hussein, qui a mené l’Iraq à une guerre contre l’Iran, qui convenait seulement aux étasuniens, a fini exécuté par leur gouvernement-marionnette.
Voici comment le diable rémunère ceux qui le servent.

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Si tu ne peux te joindre à eux, obéis leur, dis le bréviaire du servile. Un autre rosaire d’expériences infortunées marque ce sentier. Enlever au peuple pour donner à l’étranger indigne ce premier et rend ingrat le second. Le Roi Idris de Libye a vendu son pays et fut vaincu par un soulèvement nationaliste. Le Shah Reza Palevo d’Iran a offert son pays et il a été démis par un autre soulèvement nationaliste. Les monarchies saoudites ont du céder leur territoire pour des bases militaires étrangères et offrir leur pétrole a des prix proches de 8 dollars le baril. Carlos Andrés Pérez a soumis la souveraineté au FMI et, après une rébellion populaire a échelle nationale, il a été jugé et démis. Moubarak, pion des intérêts des Etats-Unis, est tombé sans que ces derniers ne bougent le petit doigt pour le sauver, Ainsi fait payer le peuple à celui qui sert le diable.

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Si tu ne peux leur obéir, attire leur sympathie, suggère l’expert en relations publiques. Aucun effort n’est autant inutile que celui de sympathiser avec ton bourreau. Les Etats-Unis, sans aucune déclaration de guerre préalable, ont détruit des unités navales et des systèmes de radars libyens et ont bombardé Tripoli et Bangazi, assassinant près d’une centaine de personnes, dont une fille de Kadhafi. Au lieu de condamner les étasuniens, le Conseil de Sécurité a condamné Kadhafi, qui a du payer une indemnité de plus de 2 milliards de dollars de dommages pour sa supposée participation dans l’explosion d’un avion par des libyens, qu’il a livré aux tribunaux internationaux.
Diverses concessions lui permirent de rétablir en 1999 des relations diplomatiques avec Londres, obtenir la révocation des restrictions commerciales imposées par l’Union Européenne et en 2003 la levée des sanctions de l’ONU. Kadhafi, en plus, a rendu cinq missiles de longue portée et des centaines de missiles de moyenne portée. Depuis, Tony Blair, Schroeder, Jacques Chirac et Berlusconi, à qui il a financé la campagne électorale, lui ont rendu de chaleureuses visites, et il a été reçu triomphalement par le président le la Commission Européenne Romano Prodi, Aznar et le roi Juan Carlos, le premier ministre Rodriguez Zapatero et Sarkozy, dont il a aussi financé la candidature : tous ceux qui plus tard se se regrouperont pour le bombarder et confisquer ses comptes a l’étranger. Il remercia toutes ces célébrations avec de couteux achats d’armements et en ouvrant le pétrole libyen a des associations stratégiques avec l’anglaise BP, l’espagnole Repsol, l’italienne ENI et les étasuniennes Conoco Phillips, Exxon Mobil et Chevron Texaco. Au cas où de tels efforts ne seraient pas suffisants pour apaiser les pilleurs, il a donné l’instruction a l’Autorité Libyenne d’Investissements d’investir 70 milliards de dollars en Europe, et malgré une faible dette publique de seulement 5 milliards de dollars, moins de 0.5% de ses réserves internationales, il a accepté un « paquet » du FMI qu’il lui a fait retirer les subventions de 6 biens de consommation basique et privatiser de nombreuses entreprises publiques, créant un solde de chômeurs qui ont peu être rejoint les rangs des manifestants contre lui et qui servent de prétexte a l’invasion criminelle en cours. L’oligarchie avec laquelle tu essayes de collaborer sera celle qui te vendra. Le Fond Monétaire que tu laisses diriger ton économie sera celui qui te ruinera. Le traité supranational que tu acceptes te destituera. L’organisme international dont tu acceptes l’intervention sera celui qui interviendra contre toi. Le juge étranger auquel tu donnes la souveraineté de juridiction sera celui qui te condamnera. L’arbitre étranger auquel tu cèdes la décision sur les contrats d’intérêt public sera celui qui décidera d’un embargo contre toi. La transnationale que tu exonères d’impôts payeras les avions qui te bombarderont. La différence ethnique ou régionale que tu soutiens sera celle qui te divisera. L’entreprise mixte a laquelle tu donnes le contrôle de ton industrie pétrolière sera celle qui paralysera ton système informatique et te sabotera. Celui qui donne a l’ennemi la clef de son pacemaker garantie l’arrêt cardiaque.

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Si tu ne peux pas piller, ferme les yeux
. Avec une astuce émouvante la Russie et la Chine ont oublié de mettre leur véto, au Conseil de Sécurité de l’ONU, contre le plan des Etats-Unis de piller le pétrole du monde avec l’aide de la criminelle OTAN. La ligue arabe et l’Union Africaine, club des prochaines victimes, ont été ambigües. Comme le révèle clairement la “Stratégie de Sécurité Nationale des Etats-Unis d’Amérique », formulée par George W. Bush à Washington le 17 Novembre 2002, et les plans comme le New American Century, les étasuniens ne sont pas disposés à céder d’un pouce dans leur tentative de confisquer violemment les ressources du monde et liquider les autres pays. Leur guerre contre le Japon commença quand, afin de l’annihiler comme puissance mondiale, ils lui imposèrent un blocus énergétique. Il est illusoire de penser que le lion respectera les morceaux offerts à ceux qui n’ont pas su s’opposer. Si on confisque l’énergie c’est tout d’abord pour étouffer la Chine, la grande concurrente de l’hégémonie étasunienne. Apres la Chine suivra la Russie, dont une grande partie des réserves se retrouve dans des pays séparés de l’ancienne Union Soviétique. Enfin, l’Union Européenne et le Japon toucheront le fond de la vassalité pour quelques gouttes d’énergie fossile. Quatre guerres ont été lancées pour l’exécution de ce plan : celle d’Iraq, celle d’Afghanistan, celle de Lybie et celle de Bahreïn. Le conflit planétaire pour garantir le monopole des énergies fossiles par moins de 5% de la population globale a commencé. Les autres puissances devront s’opposer ou disparaitre. Ceux qui ont laissé les choses se faire périront sans rien pouvoir faire. Repousser la confrontation ne fera que l’aggraver.

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Si ne peux t’unir a eux, ni leur obéir, ni attirer leur sympathie, ni fermer les yeux, résiste. 5% de la population du globe dans la pire crise économique de l’Histoire ne peut condamner a mort les 95% restant, sauf s’ils comptent avec la désunion, la désorientation et l’auto-tromperie de ceux-ci. Quelles conditions sont réunies par les peuples qui jusque là ont résisté avec succès aux invasions impériales ? En premier lieu ils ont affirmé et défendu leur spécificité culturelle. En second lieu, ils ont évité que les différences ethniques ou culturelles internes les divisent. En troisième lieu ils ont assumé pleinement et sans demi-mesure un projet alternatif au capitalisme. En quatrième lieu ils ont réussi à consolider les bases populaires autour de ce projet. Cinquièmement, ils ont entrainé et armé les bases pour la défense de ce projet. Sixièmement, ils n’ont jamais céder leur souveraineté ni leurs positions pour plaire aux transnationales, medias de communication ou organismes internationaux. Septièmement, ils ont consolidé des alliances bilatérales, régionales, continentales ou mondiales avec des pays ou des blocs qui présentent des affinités idéologiques, économiques ou de situation périphérique. La menace de tous les embargos et tous les bombardements du monde ne peut rien contre un peuple idéologisé, fier de sa culture, pénétré par son propre projet social et politique, et armé. Ils n’ont rien pu contre le Vietnam ou contre Cuba. Ils s’entêtent encore en vain contre la résistance en Iraq, au Pakistan et en Afghanistan. Ils prennent pour cible la petite Lybie non pas le peuplé Iran. Ce sont des leçons dont les prochains sur la liste vont peut être profiter : tous les habitants de la planète.


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Article original en espagnol a consulter ici

5 mai 2011

Le jour où les réserves internationales ont disparu





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Quand l’atrocité devient quotidienne, plus rien n’étonne. Une coalition des plus voraces puissances impérialistes bombarde la Lybie, poursuivant l’opération de vol global de l’énergie fossile qui conduira à une Guerre Mondiale, et les prochaines victimes s’abstiennent d’y mettre leur veto. Les voleurs de pétrole pillent les réserves internationales du pays attaqué en annihilant au passage le système financier mondial, et les medias feignent que rien ne s’est passé

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Quand le pillage viole la loi, il n’y a plus d’autre loi que le pillage. Par d’insignifiants gros titres, certains médias informent que 200 milliards de dollars de réserves internationales de la Lybie ainsi que 70 milliards de dollars de l’Office Libyenne d’investissement déposés à l’étranger ont été confisqués. Cette nouvelle explosive supère, de par son pouvoir de destruction, toutes les bombes lâchées sur le pays africain pour le délit de possession de pétrole. Cela signifie qu’il n’y a pas de différence entre déposer de l’argent dans des institutions financières internationales ou le laisser au milieu de la rue. Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, cela signifie que les institutions financières internationales ne sont pas seulement inutiles, mais aussi dangereuses.

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A partir du moment où la fraude soutient les systèmes, il n’y a pas d’autre système que la fraude. En 1944 les Etats-Unis ont obligé les pays de l’orbite occidentale, en les menaçant avec leur armée de la 2eme Guerre Mondiale, à souscrire aux accords de BrettonWoods, selon lesquels toutes les monnaies doivent être rattachées au dollar, et le dollar n’est rattaché à aucune monnaie. Pour que les Etats et les personnes perdent le contrôle de ces sommes colossales, on a fait pression pour qu’ils utilisent le dollar et les déposent dans des institutions internationales. Parmi les raisons du déclenchement de la guerre contre l’Iraq se trouve le plan de ce pays de changer ses énormes réserves en d’autres monnaies. De son coté, Kadhafi avait l’idée d’utiliser les énormes réserves citées précédemment ainsi que ses 144 tonnes d’or afin de créer le « dinar-or libyen » comme une devises africaine qui servirait d’alternative au dollar et à l’euro. Le Venezuela est aussi dans la mire pour avoir diversifié ses réserves, et pour avoir proposé le Système Unifié de Compensation Régionale (Sucre) dans le même but. Il n’y a pas d’autre recette que l’extermination de tous ceux qui menacent le plus fabuleux de tous les business de l’empire : imprimer du papier non adossé et obliger les autres pays à l’accepter comme monnaie.

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Deux colonnes maintiennent ce système financier international : 1) l’argent déposé par une personne peut seulement être retiré par cette même personne ou une personne ayant un pouvoir légitime de le faire, ou un héritier 2) les biens des Etats sont insaisissables, conformément a la Convention des Nations Unies sur les immunités juridictionnelles des Etats et leurs biens, approuvée par l’Assemblée Générale le 16 Décembre 2004. Tel le nouveau Samson, la crapule qui a mis en place la saisie colossale des réserves internationales de la Lybie a démoli ces 2 colonnes, sans voir que le temple financier international va lui tomber dessus. Ou, si tu n’as toujours pas compris, tout dollar déposé dans une institution financière internationale sera transféré a ton pire ennemi pour qu’il t’assassine.

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De la même façon qu’une coalition impérialiste bombarde, incinère, pille et dépèce un pays sans comprendre que cela éveille une résistance invincible, ses mercenaires confisquent les réserves internationales et les comptes bancaires d’un pays sans se rendre compte qu’ils éliminent l’unique soutien d’un système financier : la confiance. Cela pourrait impliquer une corrida bancaire de magnitude colossale. Quelques 20 pays possèdent 60% des réserves internationales, des 3,45 billons de dollars de la Chine jusqu’aux 115 milliards du Royaume Uni. Quel Etat ou particulier laissera un centime sur des comptes qui peuvent être confisqués à faveur de ses ennemis ? Y a-t-il en ce moment un seul Etat qui ne soit pas en train de planifier la façon de retirer ses fonds et réserves du système financier ? Mis à part les amis des pouvoirs impérialistes, bien sur. Eux si peuvent se considérer a l’abri. Kadhafi, par exemple, comptait sur l’inconditionnelle amitié de Berlusconi, à qui il a payé les élections. Il avait aussi à sa faveur la loyauté de Sarkozy, à qui il a aussi payé la campagne électorale. Il avait aussi a son actif l’affection d’Aznar et la fraternité de Juan Carlos de Borbon et du premier ministre anglais et d’Obama, qui l’ont tous reçu avec les honneurs. Kadhafi se considérait avec raison comme un « important associé de l’Occident ». Cet exemple doit rassurer considérablement les importants titulaires de dépôts dans les organismes financiers internationaux. Ou, pour mieux l’expliquer : toute devise que tu ne retires pas sera investie pour creuser ta tombe.



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Le Venezuela laisse ses juges céder a des arbitres étrangers du « Centre International du Règlement des Différends relatifs aux Investissements » (CIADI pour ses sigles en espagnol), succursale de la Banque Mondiale, la décision sur des plaintes à son encontre pour un montant équivalent à celui de ses réserves internationales, en faisant confiance au principe récemment défunt selon lequel les réserves des Etats ne sont pas saisissables. Kadhafi pensait exactement la même chose. Exxon a déjà essayé de saisir nos réserves. Maintenant elle n’a plus d’obstacles pour le faire. Nous ferions mieux de retirer nos réserves internationales des organismes financiers et de démettre de leurs fonctions les juges qui ne croient pas en la souveraineté de juridiction. Soit nous apprenons de la Libye, soit nous nous trompons


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traduit par RV avec l'autorisation de l'auteur.
Article original ici

16 mars 2011

Quand la Libye brûlera



1.

En 1984, je me trouvais au milieu du désert libyen dans des paysages lunaires. J’allais alors visiter un complexe pétrolier ressemblant à un station spatiale. Chaque jour, 1,6 millions de barils de pétrole partent de là vers l’Europe. Les réserves estimées de la Libye sont d’environ 42 milliards de barils. Les puissances hégémoniques vivent du gaspillage constant d’énergie fossile qui ne leurs appartient pas. Elles exploitent les richesses de ces pays jusqu’à épuisement au lieu de se tourner vers d’autres sources d’énergie.

Un proverbe libyen dit : « prends garde à que celui que tu favorises ne profite pas de toi ». La première condition que doit remplir un pays pour pouvoir être envahi est de détenir des hydrocarbures ou d’être une zone de transit de ces ressources.

2.

En 1836, la Libye fut attaquée par les Ottomans, en 1912, envahie par les italiens et en 1943 conquise par les Anglais. En 1951, les troupes britanniques, étasuniennes et italiennes occupèrent le pays et amenènent au pouvoir leur pantin, le roi Idris, qui profite largement des revenus croissants du pétrole. En 1969, Mouammar Kadhafi, un colonel âgé de 27 ans, prend la tête d’une rébellion militaire. Il expulse les bases étrangères dans son pays, crée une année plus tard la Compagnie Nationale de Pétrole qui prend le contrôle de la moitié de la production nationale. En 1977, il proclame la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste.

« Quand le bétail meurt, on sort les couteaux » avertit le proverbe libyen. La seconde condition d’une invasion est qu’un pays soit maître de ses ressources naturelles.

3.

En 1984, j’assistais à Tripoli au 15e anniversaire de la Jamahiriya. J’ai vu des dizaines d’assemblées populaires où l’on débattait et où l’on pouvait apparemment trouver des solutions aux problèmes. Le Livre Vert se présentait comme la Troisième Théorie Universelle et affirmait la primauté des organisations de base. Il édicte que « la démocratie est le pouvoir du peuple et non le pouvoir d’un substitut du peuple », assure que « la représentation est une imposture », proclame que « le parti ne représente qu’une fraction du peuple, alors que la souveraineté populaire est indivisible », ajoute que « les congrès populaires sont l’unique structure de la démocratie populaire ».

La population se répartit au sein de congrès populaire de base, chaque congrès élit un comité de direction et c’est l’ensemble de ces comités qui forme le congrès populaire. Dans les rue, les femmes portent le voile mais dans les défilés, on peut admirer des bataillons féminins avec leurs magnifiques visages et chevelures . Il y a parmi elles des scientifiques et des jeunes filles pilotes d’avion de combat.

En 2009, le PIB de la Libye était estimé à 76.557 milliards de dollars, avec une croissance annuelle de 6,7%. Actuellement, la balance commerciale est largement excédentaire avec 63 milliards de dollars d’exportations et 11,5 milliards d’importations. Les réserves de devises sont de l’ordre de 200 milliards de dollars ce qui vient combler une dette externe d’à peine 5,5 milliards de dollars. Tout cela fait de la Libye le pays d’Afrique avec le PIB par tête le plus élevé (14 534$) et le meilleur Indice de Développement Humain. L’espérance de vie est évaluée à 74 ans, la mortalité infantile ne dépasse pas 18 pour mille et l’analphabétisme de 5,5%. Les dépenses d’éducation représentent 2,7% du PIB, alors que la budget de la défense ne dépasse pas 1,1%. Malgré tout, le taux de pauvreté persiste à un niveau élevé (30% environ).

« Qui n’aide pas sa famille n’aide personne », enseigne le proverbe libyen. Appuyer les bases populaire et redistribuer les richesses est la troisième condition d’une invasion étrangère.

4.

La Jamahiriya ne prône pas seulement la démocratie directe. Elle est nationaliste, car elle a exclu l’ingérence militaire extérieure et a repris en main ses ressources naturelles. Elle est intégrationniste parce qu’elle appuie l’Union Africaine et la coordination des pays du Monde Arabe, une communauté culturelle de plus de 300 millions d’individus, répartie sur trois continents au travers de 13,7 millions de km², dans un territoire qui rassemble la plus large part des ressources naturelles de la planète. La Libye défend ces richesses et appuie avec fermeté les décisions de l’OPEP.

Durant ses premières heures, la Jamahiriya était même internationaliste. Lors de la commémoration du 15e anniversaire du Fatah, à Tripoli, sont ainsi intervenus : un très important leader des indiens des Etats-Unis, qui a dénoncé le génocide commis contre son peuple, le révérant afro-américain Farrakah, qui a menacé les puissances occidentales de tous les tourments, le commandant Tomas Borge, du Nicaragua, qui a refusé par humanisme toute solution militaire nucléaire ainsi que des délégués du Fatah, qui nous ont entretenu en aparté des divisions internes de leur mouvement. Cette solidarité a attiré les condamnations unanimes des puissances qui luttent pour détruire ce qui reste de la planète.

Selon un aphorisme libyen, « une main n’applaudit jamais seule ». La quatrième condition d’une invasion étrangère est la défense de l’intégration du Tiers Monde.

5.

Dans une oasis, au milieu de chameliers, je dégustais un tranche d’agneau grillé. 90% des six millions de libyens sont musulmans. Comme dans les autres pays de même confession, la société est divisée à la fois en terme de classes sociales et d’idéologies, mais se superpose également à cela des clivages religieux, l’existence de sectes, de clans, d’ethnies, des divisions régionales et des différences de génération, sans oublier le demi million de migrants vivant sur le territoire.

« Trop de capitaines finissent par couler le bateau » rappelle un dicton libyen. La cinquième condition d’une invasion c’est de diviser pour mieux régner.

6.

Lors de ce 15e anniversaire de la révolution libyenne j’ai pu voir passer Kadhafi à quelques mètres de moi. Il était alors jeune homme, vêtu d’un uniforme sobre, parlant et discutant avec entrain au milieu de l’assemblée. Peu comme lui furent autant courtisés par ceux qui voulaient son pétrole, et encore moins ont été ainsi diabolisé par ces mêmes puissances, quand elles ont voulu prendre le contrôle de l’or noir. Les mêmes tribunaux internationaux, sourds, aveugles et muets devant l’impunité du terroriste Luis Posada Carriles, ont condamné la Libye pour une prétendue explosion aérienne en Angleterre. Sous la contrainte, Kadhadi accepta d’indemniser les victimes. Sans aucune déclaration préalable de guerre, en 1981, l’administration Reagan viola l’espace aérien dans le Golfe de Syrte. Cinq années plus tard, elle bombardait Tripoli, rasant la résidence de Kadhafi, assassinant sa fille adoptive et une centaine de ses compatriotes.

Les mêmes agences de presse qui célèbrèrent ce massacre déplorent aujourd’hui de supposés « bombardements » de manifestants. L’armée russe a montré via des images satellites que de tels actes n’ont pas eu lieu. (note du traducteur : ce texte a été écrit le 6 mars dernier). En revanche, des échanges de tirs nourris ont bien lieu entre les forces loyales à Kadhafi et les insurgés. Mais ces derniers ne sont certainement pas désarmés. Les mêmes agences étasuniennes, qui ont pour forces militaires une armée de mercenaires, accusent et mentent en affirmant que ceux qui défendent le pouvoir sont des « mercenaires ». Dans la liste des techniques pour instaurer la peur, elles ne cessent d’invoquer les « armes chimiques », comme elles l’avaient déjà fait en Irak.

« Celui qui tient tête au lion a mauvaise haleine », avertit le proverbe libyen. La sixième condition d’une invasion est la diabolisation par les médias internationaux.

7.

La tempête médiatique actuelle ne traduit rien d’autre qu’un manque d’information. Que se passe-t-il réellement en Libye ? Les organisations populaires continuent-elles de fonctionner ou ont-elles été évincées de la politique ? La représentation s’est-elle substituée à la participation ? Peut-on croire qu’en même temps l’Indice de Développement Humain et la mécontentement social augmentent ? Kadhafi a-t-il cédé au harcèlement de l’Empire et des multinationales ? L’inimitié entre la Libye et ceux, qui durant quarante ans lui ont acheté du pétrole et vendu des armes, est-elle crédible ? Malgré l’urgence de la situation, les médias omettent toute explication.

Alors que les dirigeants étasuniens et les monopoles médiatiques ne tarissent pas d’éloges pour les insurgés, savons-nous ce qu’ils défendent ? Ce qu’ils préparent ? Ce qu’ils proposent ? Le seul fait d’armes du Front National pour le Salut de la Libye (FNSL) a été la réalisation d’un « Congrès National » aux Etats-Unis en 2007, financé par la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED). Les médias du monde entier attendent pour dévoiler ses plans. S’ils ne le font pas, c’est soit qu’il n’en a pas, soit qu’ils sont inavouables. S’ils s’opposent à Kadhafi, privatiseront-ils les hydrocarbures ? S’ils disposent véritablement d’un soutien populaire, pourquoi est-il nécessaire que la première puissance militaire du monde intervienne de manière écrasante ? S’ils veulent le bien pour leur pays, pourquoi l’exposent-ils à une invasion meurtrière de puissances étrangères ?

« Ne cherches pas ton bonheur dans le malheur d’autrui » rappelle la maxime libyenne. La septième condition d’une invasion est d’être victime de la désinformation.

8.

Les Etats-Unis bloquent la côte libyenne avec leurs porte-avions nucléaires et des responsables confus affirment que des « conseillers » armés jusqu’aux dents ont débarqué, tandis que des alliances contre-nature se nouent entre des bandits et l’Union Européenne et qu’un hélicoptère de l’OTAN est capturé en pleine violation de la souveraineté d’un pays arabe. Walter Martinez a révélé que la London School of Economics prépare déjà la relève du pouvoir dans le pays agressé : quatre-cents étudiants libyens boursiers ont été dressés aux exigences du néolibéralisme sauvage.

Comme dans un cauchemar nous voyons se rejouer le scénario irakien. La stratégie consiste à voler le pétrole libyen et grâce à lui, développer un dumping économique pour déstabiliser les gouvernements des pays de l’OPEP. Les Etats-Unis ne sont capables que d’une seule politique : le pillage généralisé des hydrocarbures, ce qui conduit au blocage énergétique des autres puissances et à terme à une nouvelle guerre mondiale. Le Venezuela a proposé une médiation, que Kadhafi et la Ligue Arabe ont accepté. L’Alliance Bolivariennes des Peuples (ALBA) a convoqué une réunion plénière pour discuter de la situation. (ndt : l’ALBA s’est depuis prononcé en faveur de cette solution pacifique).

« Partageons la charge, elle pèsera moins qu’une plume », prie la sentence libyenne. Quand tu vois qu’un pays du Tiers Monde est sur le point de brûler sous l’agression impériale, il est l’heure pour nous de faire appel à la solidarité.

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Texte et photo: Luis Britto Garcia
Texte en version originale ici

Traduction par G.S.
L'article sur "La revolución vive" ici

19 févr. 2011

Le Venezuela et les objectifs du millénaire




Mieux vaut mesurer le bien-être des peuples avec des objectifs qu’avec des adjectifs. Lors du Sommet du Millénaire de l’an 2000, l’ONU a fixé les Objectifs de Développement du Millénaire, des objectifs concrets et quantifiables qui doivent être atteints par les gouvernements avant 2015. En 2008 le Venezuela avait déjà largement dépassé 6 d’entre eux. Vérifions-le.

1. ERRADIQUER LA PAUVRETE EXTREME ET LA FAIM


Le Produit Intérieur Brut de notre pays (PIB) en 1998 était l’équivalent de 42.066.487.000 bolivars actuels; en 2009 il a quasiment doublé en atteignant 56.022.729.000. Cela n’est pas arrivé par hasard: la lutte contre la privatisation de « Petróleos de Venezuela S.A » ainsi qu’une firme politique de défense des prix au sein de l’OPEP y ont contribué. Mais, encore plus important que le montant, voyons la façon dont il est appliqué. En 1998 seulement 8.4% du PIB était destiné aux dépenses sociales ; en 2008 ce chiffre est monté á 18.8%. Entre 2004 et 2010 PDVSA (Petróleos de Venezuela S.A) a apporté directement l’équivalent de 61 369 millions de dollars au développement social. En partie grâce a cela, la pauvreté extrême a diminué de 42,5% en 1995 à 9,4% en 2007, et la pauvreté relative de 50,5% à 33,7%. L’indice de Gini d’inégalités de revenus dans les foyers est descendu de 0,4865 en 1998 a 0,3928, ce qui fait du Venezuela le pays avec le plus bas indice d’inégalité de l’Amérique Latine capitaliste, et l’indice de Développement Humain des Nations Unies, qui en 1998 était de 0,691 est désormais de 0,878 ce qui nous situe dans le Rang des pays Hautement Développés. En 1998, chaque Vénézuélien consommait 400,56 kilos d’aliments par an ; en 2009 il en consomme 499,75, un cinquième supplémentaire. En 1998 chaque Vénézuélien disposait de 2 202 calories par jour ; en 2009 le chiffre est monté à 2 790, dépassant largement la moyenne de 2 200 calories qui sont consommées en Afrique, Asie et Amérique Latine. Le taux de chômage se situait à 11% en 1998 et il est descendu à 7,5% en 2009. Le salaire minimum en base 100 en 1998 a été quasiment multiplié par 12 pour arrivé a 1 224 en 2010, et si l’on ajoute les tickets de consommation on arrive a 2 199, soit 20 fois plus qu’en 1998. Malgré l’inflation persistante, ces améliorations sont des triomphes retentissants contre la pauvreté.

2. ATTEINDRE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE UNIVERSEL


A la fin du XXème siècle on projetait une privatisation du système éducatif qui l’aurait rendu inaccessible à la majorité des vénézuéliens. Mais les dépenses en éducation sont passé de 3% du PIB en cette époque a 5,4% en 2000 et 6,3% en 2008. Grace a la Mission Robinson, le Venezuela a alphabétisé 1 678 671 de personnes jusqu’en 2009 et a éradiqué l’analphabétisme. En 1990 seulement 39,96% des enfants allaient á l’école maternelle ; en 2008 c’est plus du double avec 84,8%. En 1998-1999 seulement 53,41% des enfants en âge d’aller á l’école recevaient une éducation initiale, en 2008 le chiffre atteint 84,8%. Non seulement l’éducation gratuite est garantie: en 2008 quelques 4 055 135 élèves du système d’Education Basique bénéficient du Programme d’Alimentation Scolaire, le doublé de 1999.
En 1988 seulement 18% des jeunes étaient inscrits dans le système éducatif, contre 42,37% en 2008. Lors de la dernière décennie le gouvernement a crée 15 nouvelles universités; le nombre d’inscrits a l’université a doublé passant de 894 418 en 2000 á 2 109 331 en 2009. Au Venezuela il y a 9 329 703 personnes qui étudient : 1 vénézuélien sur 3 ; l’immense majorité des établissements a tous les niveaux sont publics et donc gratuits ; l’accès a l’éducation est universellement garanti.

3. PROMOUVOIR L’EGALITE ENTRE LES GENRES ET L’AUTONOMIE DE LA FEMME

Entre 1990 et 1998 la moyenne d’élèves de sexe féminin dans le système éducatif était de 31.25%, en 1996-1998 il a atteint 47.56%. Il y a plus de femmes que d’hommes dans l’éducation supérieure. Parmi les 5 pouvoirs de l’Etat, 4 ont été dirigés par des femmes. A l’Assemblée Nationale la représentation féminine est passé de 10% à 16,5%. Approximativement 60% de la participation dans les Conseils Communaux et les Missions est féminine; cette tendance est progressive et impossible de stopper.



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Merci de me signaler toute amélioration de la traduction.
L'article original en espagnol se trouve ici

Traduit avec l'autorisation de l'auteur Luis Britto García

16 janv. 2011

Des cadeaux extrêmement dangereux





• Des amplificateurs acoustiques qui nous permettent de savoir ce que pensent les autres de nous et ce que nous pensons des autres
• Des traitements de botox qui paralysent les langues
• Des documents d’identité qui, au lieu d’un numéro de série, indiquent le coefficient d’intelligence
• Des GPS qui suivent á la trace les billets et les pièces et découvrent où vont exactement nos impôts
• Des programmes informatiques qui permettent aux amoureux de se voir comme ils seront dans quarante ans
• Du papier pour octroyer des nominations qui se désintègre lorsqu’on y appose le nom d’un incompétent
• Des autorisations pour ré-ouvrir des casinos fermés par un gouverneur
• Un haut-parleur offert á un imbécile
• Une autorisation pour inventer des démarches administratives offerte á un bureaucrate
• Des programmes qui calculent de combien augmentera la corruption á chaque nouvelle formalité administrative
• Des programmes qui calculent de combien diminuera le taux de vote á chaque nouvelle formalité administrative
• Des montres qui indiquent le moment exact de notre mort avec la circonstance aggravante que nous ne savons pas si elles fonctionnent réellement
• Une lampe magique qui réalise seulement les vœux que nous avons arrêté de désirer
• Une imprimante qui marque sur les politiciens leur date d’expiration
• Un détecteur de Nullités Suffisantes et de Médiocrités Consacrées
• Un pacte avec le Diable dans lequel on laisse au Diable le droit de nommer le juge qui donnera la sentence sur les désaccords du pacte
• Des pactes avec des transnationales dans lesquels on laisse aux transnationales le droit de nommer le juge qui donnera la sentence sur les désaccords des pactes
• Des juges qui décident que nos procès avec le diable seront évalués par des juges nommés par le Diable
• Des juges qui augmentent eux-mêmes leurs salaires et décident qu’ils ne paieront pas d’impôts sur l’augmentation
• Des traités dans lesquels nous donnons le privilège aux étrangers et aux transnationales de ne pas payer d’impôts dans notre pays et nous promettons de remplir nous même le trou fiscal qu’ils laissent
• Des bureaucrates qui s’occupent seulement des citoyens a travers des sites internet qui ne sont jamais ouverts
• Un vote de citoyen après avoir tenté inutilement de se communiquer a un site web qui n’ouvre jamais
• Des motocyclettes qui au lieu d’un titre de propriété, viennent avec un permis de violer toutes les lois.
• Un bureau, chargé de faire appliquer la loi aux medias de communication, qui n’applique pas la loi
• Un spot publicitaire qui dénonce les spéculateurs sans se rappeler que le gouvernement a le pouvoir de contrôler les spéculateurs.
• Un carnet qui accrédite que l’on peut être militant de plusieurs partis à la fois
• Un carnet qui accrédite que l’on peut être citoyen de plusieurs pays à la fois
• Une frontière en papier qui laisse entrer et sortir tout le monde
• Un système éducatif qui n’enseigne pas l’Histoire, ni la Géographie, ni l’Éducation Civique
• Des partis politiques qui incorporent leurs ennemis politiques
• Des programmes informatiques qui nous permettent de savoir lorsque nous commençons à ressembler a nos ennemis
• Un stylo pour signer des accords de Dette Publique
• Un détecteur qui permet de savoir si les femmes qui disent Non en réalité disent Oui
• Un détecteur qui permet de savoir si les politiciens qui disent Oui en réalité disent Non
• Des billets avec de l’encre dynamique dont la dénomination diminue au fur et á mesure qu’ils se dévaluent
• Un système monétaire qui consiste d’unités tributaires et qui augmente automatiquement les revenus des citoyens au fur et a mesure que la monnaie perd de la valeur
• Des coffres de sécurité transparents qui permettent aux citoyens de lire les dossiers des corps de répression
• Des détecteurs de fausses excuses qui rendent l’existence impossible
• Un portrait de Dorian Gray dans lequel c’est le portrait qui ne vieillit pas
• Un réactionnaire déguisé en Révolutionnaire
• Un classificateur d’instants qui nous révèle combien de temps nous avons perdu en répétant des choses sans aucun sens
• Un analyseur statistique qui vérifie combien de votes tue chaque jour un bureaucrate
• Une calculatrice qui nous indique exactement combien de pétrole il reste dans le monde et combien de temps il durera au rythme de consommation actuel
• Un rayon qui permet de voir à travers les cosmétiques pour voir comment sont réellement les femmes
• Un miroir magique qui dit uniquement la vérité
• Des cadeaux qui consistent à offrir la même chose que ce qu’on nous a offert, de façon a être tous a égalité de jour des Rois Mages


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Traduction amateure et bénévole de R.V.
Pour toute erreur ou amélioration á apporter á la traduction, contacter R.V.

Article original en espagnol : ici

8 oct. 2010

(In)sécurité




1.

La sécurité, comme le disait Montesquieu, est le premier de tous les bien, car sans elle les autres n’existent pas, et elle présente 2 aspects: elle-même, et la perception que les citoyens en ont. En exacerbant la perception d’insécurité, les mécanismes de panique et d’agression de l’esprit saurien sont déclenchés. C’est ainsi que l’on crée les fascismes. Pour se sauver il est nécessaire de désactiver cette perception

2

La presse publie des chiffres non-officiels selon lesquels le nombre d’homicides par an serait passé de 5 968 en 1999 à 13 978 en 2009. En mai 2009 wikipedia nous donnait un taux de 48 homicides pour 100 000 habitants par an ; ce qui nous plaçait en sixième position mondiale. Que veulent dire ces chiffres ? Les morts violentes dans des accidents de circulation y sont-elles inclues ? Les chiffres sont-ils pondérés par l’augmentation de la population de presque un tiers, passant de 22 millions d’habitants en 1999 à 28 835 849 en 2010 ? De toute façon, ces chiffres sont les indices d’un problème réel que nous devons analyser et auquel nous devons remédier, au lieu de le renier.

3

Les enfants nés et ayant été formés pendant le gouvernement bolivarien vont bientôt avoir 10 ans. Leurs crimes ne peuvent pas être plus importants que de voler le gouter de leurs compagnons de classe. Les statistiques des délits se basent sur des personnes nées et formées pendant la Quatrième République. Les défenseurs de la Quatrième République crachent contre le vent, puisqu’ils accusent les actes d’une génération qui a été formée pendant qu’eux même étaient au pouvoir.

4

Les difficultés de contrôler une frontière de plus de 2 000 kilomètres ont permis la pénétration de paramilitaires que nous dénonçons depuis un certain temps. Il y a 2 ans, le Président a reconnu que l’invasion était parvenue jusqu'à Caracas. Les infiltrés montent des cabales, supplantent la pègre, assassinent des dirigeants agraires et syndicaux, réduisent les communautés a la panique par d’horribles crimes et blanchissent leurs capitaux a travers des bingos, casinos, salles de jeux et maisons closes parrainés par les autorités les plus corrompues, immorales et nauséabondes. Selon le rapport 1998-2000 de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime, la Colombie avait à cette époque un taux de 61,7847 homicides pour 100 000 habitants, le plus haut taux du monde et deux fois plus élevé que celui du Venezuela qui était de 31,6138 pour 100 000 habitants. Un ordinateur magique a par la suite réduit le taux de la Colombie a 37 et élevé le notre a 48. Ce sont des chiffres qui font réfléchir, vérifier, rectifier et agir.

5

Mais il ne s’agit pas d’un problème purement quantitatif. La présence d’organisations délictueuses avec une formation, une discipline et un financement militaire facilite une criminalité qualitativement différente. Les données que nous apportons au Seniat (Service National des Impôts au Venezuela) sur notre situation économique sont vendues le jour suivant par des colporteurs garce à ce qui n’est finalement qu’une base de données pour la sélection de victimes. Des délinquants avec de fausses cartes de l’administration tributaire inspectent les comptes d’un entrepreneur dont les enfants ont été enlevés ; des criminels en uniformes de policiers interceptent la voiture des malheureux. La téléphonie mobile et les distributeurs automatiques sont les instruments de nouvelles fraudes et de stratégies comme l’enlèvement express. Le vol de véhicules est entretenu par des réseaux de ferrailleries connus de tout le monde où la marchandise est recyclée et vendue en pièces détachées, et par des mafias de fonctionnaires qui falsifient leurs titres de propriété. Le Venezuela ne produit pas de drogue, mais des organisations supranationales tentent d’utiliser notre territoire comme voie de trafic. Les journaux colombiens obtiennent les confessions du trafiquant Hernando Gómez Bustamante (connu sous le pseudo de Rasguño, l’égratignure), détenu à Cuba et envoyé en Colombie, et dont l’ordinateur « pourrait contenir des preuves qui lient certains anciens chefs de l’AUC (Autodéfenses Unies de Colombie) détenus dans la prison d’Itagüí, à des activités de trafic de drogues postérieures au cessez-le-feu (El Colombiano, 23-3-2007, 8ª). «Rasguño» affirme dans ce journal que “Le Venezuela est le temple du trafic de drogue. Il y a une association de vénézuéliens, colombiens, brésiliens. Il est très facile de faire du trafic parce que la bas ils n’attrapent a personne. » Il s’agit d’une guerre formelle, contre un ennemi militaire ou militarisé. Avant de commencer cette guerre, il faut faire le ménage dans la maison.

6

Pendant ce temps, selon l’Organisation Panaméricaine de la Santé, à Cuba le taux d’homicides est de 0,0057 pour 1 000 habitants (641 personnes par an). Cela explique tout. On a recours à la violence pour obtenir ou conserver un bien quand les autres procédés ont échoué. Dans des sociétés ou une infime minorité accaparent les biens indispensables, la majorité dépossédée opte pour la violence ou l’inanition. Si le système de communication les convainc 24 heures par jour que seul celui qui possède vaut, la violence se convertira en valeur.

7

Face a la violence, dans des sociétés pleines d’inégalités, il faut faire attention aux remèdes qui sont pire que la maladie.
Il faut éviter les opérations qui impliquent la détention massive de tout un quartier pour le seul délit d’être pauvre. Il faut recommander l’abandon des armes, mais que les neofascistes et les paramilitaires donnent l’exemple. Il faut accélérer l’intégration de la Police Nationale, qui convertit en un seul organisme coordonné la myriade de milices féodales aux ordres exclusifs des caudillos locaux. Le remède contre la délinquance est simple, mais amère pour tous ceux qui s’en plaignent. C’est exactement ce que l’opposition déteste : réparer l’extrême inégalité sociale.


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Traduit avec l'autorisation de l'auteur.

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Article original en espagnol ici

12 sept. 2010

Comment résister aux aggressions impériales




Les gangsters et les empires n’ont qu’un seul argument: la force brute. Il existe des méthodes pour la vaincre.

Les Etats-Unis envoient au Mexique des colons protestants qui emmènent avec eux leurs esclaves ; et comme le gouvernement mexicain ne permet pas l’esclavage, les étasuniens leur arrachent plus de la moitié de leur territoire. Ouvrir ses portes au cheval de Troie mène à la perdition.

Les Etats-Unis envahissent Cuba sous prétexte de le libérer, établit un protectorat et laisse une base militaire qui perdure jusqu’a aujourd’hui. Laisser le diable s’installer mène à la perdition.

La Colombie envahit le Venezuela en 1901 avec 5000 paramilitaires déguisés en vénézuéliens; souffre une écrasante déroute, et alors qu’elle perd son temps à menacer notre pays, les Etats-Unis lui quittent le Panama. Reconnaitre le véritable ennemi mène au salut.

L’Angleterre, l’Allemagne et l’Italie avec leurs cuirassés bloquent, bombardent et envahissent le Venezuela, mais ils se retirent devant l’attitude inflexible de Cipriano Castro et l’invocation étasunienne de la doctrine Monroe. Ne pas céder d’un pouce mène au salut.

Les Etats-Unis agressent militairement de façon répétée les petits et fragmentés pays que sont Puerto Rico, Cuba, Haïti, la République Dominicaine, le Nicaragua, le Guatemala, la Colombie et le Panama, mais ils ne dépassent pas le stade d’influencer par dessous la table dans la politique du gigantesque Brésil. Rester unis mène au salut.

Les Etats-Unis avec tout leurs Marines échouent face à l’irréductible Cesar Augusto Sandino, et ils l’assassinent donc lors du banquet pour célébrer la paix. Savoir que pour l’ennemi paix signifie trahison mène au salut.

Quand les Etats-Unis entrent en conflit, ils réduisent au silence les medias favorables à leur adversaire et contrôlent férocement la dissidence qui l’appuie. Se battre contre l’ennemi extérieur sans oublier l’ennemi à l’intérieur mène au salut.

L’ambassadeur étasunien Braden dirige la campagne électorale contre Juan Domingo Perón, et ce dernier gagne les élections. Couper court à toute ingérence dans les affaires internes mène au salut.

Le Guatemala met en place une reforme agraire et exproprie des terres de United Fruit, en l’indemnisant a la valeur des terres que la transnationale a signalé dans ses déclarations d’impôts; les Etats-Unis organisent une invasion de mercenaires qui renversent avec les balles le gouvernement démocratique. Tenter des reformes sans avoir construit au préalable un pouvoir populaire mène à la perdition.

Les Etats-Unis envahissent Cuba avec des mercenaires par la baie des cochons, Fidel les fait échouer et déclare la révolution communiste. Répondre aux agressions avec des mesures tranchantes mène au salut.

Les Etats-Unis accusent Cuba devant l’OEA (Organisation des Etats Américains), et tous ses membres sauf le Mexique votent pour les expulser du système interaméricain. Se soumettre à des organisations fondées et maintenues par l’empire mène à la perdition.

Face a la colossale menace étasunienne, Cuba établit un réseau d’alliances dans le monde socialiste et avec les Non-alignés, ce qui lui permet d’équilibrer les forces et de survivre jusqu’a aujourd’hui. Mener une diplomatie multipolaire mène au salut.

Apres avoir servi inconditionnellement les Etats-Unis durant son interminable dictature, Rafael Leonidas Trujillo est assassiné avec le consentement de la CIA, qui ne fait rien pour l’empêcher. Servir le diable c’est se condamner.

Confiants en leur omnipotence, les Etats-Unis envahissent successivement la Corée du Nord, le Vietnam, l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak et la Somalie et souffrent d’importants échecs de toutes parts. Maintenir la spécificité culturelle et le sentiment national de façon irréductible mène au salut.

Juan Bosch est élu président de République Dominicaine, il met en place une série de reformes démocratiques et, comme le coup d’Etat lancé contre lui par le pro-yanqui Wessin Wessin échoue, les Etats-Unis envahissent Santo Domingo sous prétexte de défendre leurs intérêts. Héberger des intérêts étasuniens mène à la perdition.

Salvador Allende met en route la voie pacifique et démocratique vers le socialisme, et les Etats-Unis favorisent un coup d’Etat fasciste de la droite qui l’assassine. Etre pacifique face à un ennemi armé mène à la perdition.

Le département d’Etat promeut près d’un millier d’attentas pour assassiner Fidel Castro, tous avortés par les services d’intelligence cubaine. Connaitre la malignité de l’ennemi mène au salut.

Les gouvernements latino-américains acceptent avec illusion des prêts a des taux d’intérêts de 3%, sans faire attention que les contrats permettent aux usuriers d’augmenter unilatéralement les taux d’intérêts qui sont multipliées par 5 jusqu’a 15%, ce qui entraine la Dette Extérieure de nos pays. Signer des contrats sans les lire mène à la perdition.

Le gouvernement militaire d’Argentine envahit les Iles Malouines en pensant qu’il comptera avec le soutien des Etats-Unis, qui sont obligés de le faire en vertu du Traité Interaméricain d’Assistance Réciproque, mais la puissance nord-américaine l’abandonne a son triste sort pendant que les anglais les exterminent. Croire que l’empire respecte les traités mène à la perdition.

Le Président Omar Torrijos exige la dévolution du canal du Panama, et il meurt dans un mystérieux accident d’avion. Prendre l’avion seulement en cas d’extrême nécessité et d’extrême sécurité mène au salut.

Pour payer la Dette, les gouvernements latino-américains imposent a leurs peuples des paquets du Fond Monétaire International qui leur interdit de protéger leurs économies, et les mouvements sociaux entrainent des rebellions sociales qui interdisent aux gouvernements de se rendre au Fond Monétaire. Obéir à des usuriers mène à la perdition.

Apres avoir échoué dans sa tentative de faire tomber le gouvernement sandiniste, les Etats-Unis obligent les opposants à s’unir et les financent a travers de l’USAID et de la NED, ce qui permet á l’opposition de gagner les élections de 1990. Accepter que les Etats-Unis financent les oppositions locales mène á la perdition.

Le Président élu Hugo Chavez réalise 49 lois de réforme, et la confédération de patrons lance un lock-out et un coup d’Etat, le renverse, le séquestre, monte un sabotage pétrolier et un blocus de la distribution d’aliments et un téléthon dans lequel tout les medias s’expriment a faveur du renversement du gouvernement légitime, jusqu'à ce que le peuple le rétablisse. Attendre l’autorisation des patrons pour faire la révolution mène à la perdition ; laisser la peuple agir mène au salut.

Les Etats-Unis prétendent imposer l’Aire de Libre Commerce pour les Amériques (ALCA) afin de se réserver l’Amérique Latine et les Caraïbes comme un immense marché non régulé, mais ils échouent piteusement. Protéger l’économie propre mène au salut.

L’ALCA ayant échoué, les Etats-Unis l’imposent secrètement, a travers des traites bilatéraux de Libre Echange, Promotion et Protection des Investissements, et a travers des Traites contre la Double Imposition qui exonèrent le paiement d’impôts pour leurs transnationales dans les pays ou elles obtiennent des bénéfices. Laisser perdre la bataille que l’on a gagnée mène à la perdition.

La transnationale Exxon tente un embargo sur les biens et les réserves internationales du Venezuela en brandissant l’inconstitutionnelle doctrine selon laquelle les pays latino-américains doivent soumettre les controverses sur les contrats d’intérêt publique à des tribunaux ou des arbitres étrangers. Livrer la souveraineté juridictionnelle a des jurés qui se prononcent constamment contre nos intérêts mène a la perdition.

Le petit Equateur se retire du CIADI (Centre international de règlement des différends) et récupère son droit de décider les controverses sur ses contrats d’intérêt public avec ses propres lois et tribunaux. Reconquérir la souveraineté mène au salut.

Les Etats-Unis maintiennent la base de Guantanamo en territoire cubain, mais jamais les marines n’osent en sortir. Armer et entrainer le peuple mène au salut.

Le petit Equateur accepte que les Etats-Unis installent la base de Manta, ce qui leur permet de contrôler la zone stratégique du Putumayo, et depuis cette base diriger et soutenir l’agression de la Colombie contre l’Equateur. Héberger l’ennemi mène a la perdition.

Le petit Equateur ordonne au gigantesque Etats-Unis de déloger la base de Manta, et le colosse abandonne cette tanière. Ne pas permettre que la botte de l’insolent étranger piétine la souveraineté mène au salut.

En prenant pour excuse que, soi disant, des colombiens armés seraient entrés dans un pays limitrophe, le gouvernement colombien permet que des étasuniens armés occupent totalement leur territoire. Regarder la paille dans l’œil du voisin et ne pas voir la poutre dans le notre mène a la perdition.

Si à ce moment précis, vous ne savez pas quel est le chemin de la salvation et quel est celui de la perdition, vous êtes perdu.

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Article original en espagnol ici

Traduit avec l'autorisation de l'auteur.

Aidez moi a améliorer la traduction en me contactant. Merci a T34 ainsi qu'a Pujo Jluc pour leurs corrections.

R.V.